2 nov. 2012

Test - Halo 4 - Xbox 360


Éditeur : Microsoft
Développeur : 343 Industries
Date de sortie : 6 novembre 2012


Après moult années à servir les intérêts du Master Chief, Bungie a décidé de passer à autre chose. En l'état, c'est donc les Américains de 343 industries qui ont récupéré la franchise phare. Le pari, forcément gigantesque, a rendu les fans très dubitatifs. Il faut dire que le jeu vidéo nous a, pour l'heure, peu habitués à ces tours de passe-passe. Notre expérience de joueur nous rappelle que ces bouleversements ne sont que rarement synonymes de réussite. On peut notamment citer l'après Crash Bandicoot chez Naughty Dog ou le massacre de la série Worldwide Soccer lors de son passage de la Saturn à la Dreamcast. Pourtant, Microsoft n'a pas agit de manière déraisonnée et ce n'est pas pour rien que ce premier opus signé 343 Industries est le titre le plus cher de toute l'histoire de la firme de Redmond. Halo 4 est un hommage appuyé à l'original, tout en suivant les traces établies par ses aînés. Une œuvre poignante, marquante, immersive, qui démontre que la Xbox 360 en a sérieusement sous le capot. Cette fin d'année est, on peut d'ores et déjà le dire, complètement dingue. Effectuer une sélection ne va pas être simple.

4 années. Voilà 4 ans que ce bon vieux Master Chief n'a pas dérouillé ses armes. 4 ans à dériver dans l'espace, sans aucune perturbation, transformant peu à peu le héros en relique d'une époque révolue. Soudainement, Cortana, l'intelligence artificielle qui accompagne le Major depuis ses débuts sur Xbox, le réveille. Le Forward Unto Dawn (le vaisseau qui abrite le guerrier métallique) est en proie à d'étranges failles de sécurité. Il est temps de repartir au combat. Pour tout fan de Halo qui se respecte, il ne faut que quelques minutes pour se retrouver en terrain connu. Les couloirs du colosse spatial sont le point d'amarrage d'une aventure menée tambour battant. Durant nos pérégrinations, Cortana nous accompagne de sa délicieuse voix. Malgré l'atmosphère suffocante, on évolue de point de contrôle en point de contrôle, en prenant garde aux ennemis qui nous tombent sur la face. Le son, absolument démentiel en 5.1, incite à la prudence, chaque détour de couloir pouvant être synonyme de fondement troué. Malgré l'aspect balisé de la progression, ce premier niveau en met plein la vue, avec des séquences spectaculaires et des effets spéciaux plus que réussis. L'occasion de retrouver nos chers amis Covenants afin de se remémorer de glorieux souvenirs, entre deux ou trois headshots bien sentis. Comme à l'accoutumée, on peut récupérer toutes les armes de nos opposants, certaines étant plus intéressantes que d'autres.

De l'homme à la machine

Puis, une porte nous transporte à l'extérieur, nous scotchant à notre canapé. Détails par centaine, champ de profondeur gigantesque, vagues incessantes d'ennemis... Halo 4 nous laisse abasourdis par la fin de ce premier acte. Tenter d'échapper à l'impossible, c'est ce que parvient à nous faire imaginer 343 industries. Levée de rideau, nouvelle ambiance... acte 2, première foulée sur une planète inconnue. Nom du chapitre : Requiem. Le ton est donné. On avance entre les débris et les incendies jusqu'à traverser une cavité qui nous amène devant un paysage coloré, bluffant, le tout sur un fond de musique symphonique du plus bel effet. A partir de cet instant, Halo 4 n'arrête pas d'empiler les moments héroïques, plongeant le joueur dans l'ambiance unique des Halo. Pourtant, oui pourtant, malgré certaines phases spectaculaires, cet épisode se veut plus intimiste, prenant le temps de développer le lien qui unit Master Chief et la belle Cortana. Celle-ci est en proie à un fléau qui déstabilise ses capacités, ce pour quoi elle a été conçue. Ainsi, tout au long du solo, on assiste à des passages empreints de tristesse, entre une Cortana qui lutte contre la "Frénésie" (à vous de découvrir de quoi il s'agit) et un Major qui fait tout pour sauver son I.A préférée. 

Galère interstellaire

Pour mener à bien sa mission, le Major peut compter sur de nombreux véhicules. Ces passages sont plutôt intéressants, même si leur utilisation s'avère finalement limitée. C'est peut-être là l'une des grandes différences avec les anciens titres de Bungie. Par ailleurs, il est toujours possible de profiter des tourelles ennemies, tout en usant du bon vieux coup de poing dans la tronche. Autant être clair, ce Halo 4 ne manque pas de challenge. Si, au départ, on est confronté aux Covenants, on se retrouve vite face à face des ennemis inédits, terriblement efficaces : les Prométhéens, des gardiens protecteurs de la civilisation Forerunner. Pour commencer, les Watchers sont des entités volantes qui protégent leurs congénères. Outre la possibilité de tirer, elles offrent un bouclier de protection à leurs camarades obligeant le joueur à les éliminer, avant de s'intéresser au reste du groupe. Les Knights (ou Chevaliers Prométhéens) sont des créatures humanoïdes, capables de se téléporter et de se déplacer rapidement. Pour terminer, les Crawlers sont des organismes reptiliens, extrêmement rapides et dangereux. Déjà incroyablement résistants, ils le deviennent encore plus au fur et à mesure de la progression. Redoutable ! Par ces ajouts, Halo 4 offre une difficulté bel et bien présente, même en mode Facile. De plus, il n'est pas rare de tomber en rade de munitions, nous obligeant à adopter de nouvelles approches tactiques. C'est sans doute l'une des grandes réussites de cet épisode signé 343 industries. 

Sauvetage du monde entre potes

Entre deux niveaux, le jeu n'hésite pas à jouir d'une mise en scène travaillée. Cortana est véritablement troublante de réalisme. Le Major est égal à lui-même, mais on sent que ses sentiments envers Cortana sont plus forts que tout le reste. L'écriture a fait l'objet d'un grand soin et pousse à vouloir en savoir toujours plus. Sur le terrain, les armes sont souvent impressionnantes, qu'il s'agisse de celles des Covenants ou des Prométhéens. Ces dernières, redoutables d'efficacité, sont sublimes. La campagne solo est un régal et le ton plus mâture finira par vous faire fondre. Le souffle épique de l'aventure ne retombe que rarement et ces respirations sont l'occasion de développer les relations entre les protagonistes. Et elles n'ont rien de mièvres comme on peut le lire sur un certain site pro. Outre sa campagne (assez courte, dommage), Halo 4 peut se targuer de posséder l'un des multi les plus efficaces de sa génération. Tout d'abord, la campagne solo est jouable jusqu'à 4 en coopération. Une vraie tuerie. Vient ensuite le mode inédit "Spartan Ops" qui représente ni plus ni moins qu'une nouvelle campagne scénarisée mais focalisée sur le multijoueur. Les premières missions sont disponibles et d'autres vont suivre en DLC. A l'inverse de la campagne solo, ce mode s'intéresse à l'escouade de l'UNSC Infinity. Ajoutez à cela une myriade d'autres modes (capture de drapeau, défense et fortification de votre base, team deathmatch, etc.) et vous obtenez une vraie bombe en la matière, appuyée par une personnalisation poussée de votre Spartan. 

Défonce rétinienne

Pour terminer, impossible de ne pas parler de la réalisation. 343 Industries est parvenue à apporter sa touche personnelle, en utilisant un moteur graphique très impressionnant. Le niveau de qualité des textures force le respect, tout comme les innombrables effets spéciaux qui parsèment l'aventure. Lumières, ombres, explosions, fumées, poussières, particules qui virevoltent dans le vent... on en prend plein les mirettes. Signalons aussi la variété des environnements traversés, du centre de la planète Requiem à ses contrées plus exotiques, sans parler des niveaux plus "électroniques". Tout le reste est du même acabit : modélisation des ennemis et des héros principaux, animations ou encore intelligence artificielle générale (malgré quelques couacs). Et que dire de la bande son, magnifique (certains thèmes donnent des frissons), saupoudrée de bruitages ultra réalistes. Le pari était risqué mais il est négocié d'une main de maître par 343 Industries. 

Malgré une histoire pas toujours simple à suivre (dans ces conditions, il est préférable de lire un résumé des précédents opus), Halo 4 est une des bombes de cette fin d'année. Les protégés de 343 Industries sont parvenus à apporter leur touche personnelle, tout en jouissant de l'univers immersif de la série imaginée par Bungie. Une vraie réussite. Seul véritable regret : son solo assez court.


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