2 oct. 2012

Test - Resident Evil 6 - 360/PS3



Éditeur : Capcom
Développeur : Capcom
Date de sortie : 2 octobre 2012

1996. Racoon City. Le manoir, les zombies, la ville rayée de la carte, tout ceci n'était donc que le début. Pour la première fois dans un Resident Evil, vous allez véritablement plonger dans un film de zombies, où action et scènes chocs s'enchaînent à une vitesse folle. Déjà amorcé avec Resident Evil 4 et surtout 5, le virage est encore plus prononcé avec cette édition tant attendue. A défaut de pneus qui crissent, ce sont carrément les dents des fans de la première heure qui vont se mettre à tomber, et pas pour la bonne raison. Resident Evil n'est plus du tout ce qu'il était. Capcom a décidé de livrer un blockbuster avec des pointes de "fanboyisme" par dizaines. Les clins d'oeil sont hyper nombreux, les séquences sont d'une intensité phénoménale et on en prend véritablement plein les mirettes. En revanche, pour ce qui est de la peur, il faudra repasser. Avec le casqué vissé sur les oreilles et un noir complet, je n'ai pas sursauté une seule fois. Pour faire court, et avant de présenter en détails cette production qui risque de faire un carton (le contraire serait étonnant), on peut dire qu'il s'agit d'un jeu d'action fantastique, bien que blindé de défauts, mais d'un très mauvais Resident Evil. Lumière sur une plongée dans les abysses dont on ne ressort pas indemne. Loin de là...

Resident Evil 6 est construit sur le modèle d'un scénario avec plusieurs personnages jouables. Chacune des trois campagnes (plus une cachée) se parcourt avec deux protagonistes. Les amateurs de la série seront ravis de revoir des têtes connues comme Leon Kennedy, Chris Redfield ou encore Sherry Birkin, tout en faisant connaissance avec Helena Harper, Pier Nivans ou le très charismatique Jake Muller qui n'est autre que... non, même si l'identité de ce dernier a été révélé sur le net, il est préférable de vous laisser la découvrir par vous-mêmes. Plutôt que de s'encombrer d'un quelconque choix, il est assez intéressant de suivre l'ordre indiqué ci-dessus, donnant une vision plus compréhensible du scénario. Car oui, vous pouvez jouer avec tous les personnages (selon les séquences, il peut y avoir quelques différences sympathiques dans la même campagne). Petit à petit, le puzzle se construit et on prend la mesure de la catastrophe qui s'annonce. Oui, Racoon City n'était que le début d'une menace qui va vous transporter aux quatre coins du monde. Avec un tel casting, le voyage ne s'arrête jamais. Si la Chine ou l'Europe de l'Est sont mises en avant, c'est surtout la variété des environnements qui interpelle, poussant à garder la manette en mains. Après les rues chinoises où immeubles et voitures en flammes sont légion (Resident Evil 2 inside), vous arpentez tour à tour une bâtisse rappelant le manoir de Racoon, un campus, une ligne de métro, un immeuble désaffecté, un cimetière, une cathédrale, un laboratoire secret, une cavité souterraine... et bien d'autres. Et encore, là, je ne parle que de la campagne de Leon et Helena. Chaque duo a son lot de décors inédits, même si il est regrettable de devoir se retaper, de temps à autre, la même séquence deux fois de suite. C'est notamment le cas lors de la rencontre des personnages des différentes campagnes. Par exemple, en Chine, il faudra vaincre deux fois le même boss dans le scénar' de Leon/Helena ou encore Sherry/Jake. Un peu dommage tout ça... On aurait également souhaité un ratio plus équilibré des environnements sombres et colorés. Parfois, on se demande si ce n'est pas une astuce pour atténuer certaines textures cradingues. Mais dans l'absolu, rien de méchant, l'intensité est telle qu'on en redemande.

Le poids de l'âge


C'est donc à un véritable film que l'on assiste durant près de 25/30 heures (sans se presser, il est inutile de rusher). La durée de vie, pour un jeu d'action, est remarquable. Même si certains copier-collers sont agaçants, c'est oublier tout le travail de modélisation qu'il y a eu derrière. On en prend véritablement plein la face ! Pourtant, toutes celles et ceux qui ont parcouru la démo l'ont noté : le gameplay n'est clairement pas à la hauteur des ténors actuels. Pas de miracle pour le produit final, Resident Evil 6 est totalement à la rue comparé à un Gears of War pour ne citer que lui. Le système de couverture est abominable, la caméra est souvent trop proche du héros empêchant toute anticipation et certaines commandes sont à se mettre une balle dans le crâne. J'en veux pour preuve les séquences "d'escalade" où on doit appuyer sur RT et LT (sur 360) avec un timing totalement incohérent. Et que dire de la phase sous-marine avec Leon/Helena qui fera arracher les cheveux à plus d'un joueur (surtout après avoir fait le Revelations de la 3DS). En clair, Resident Evil 6 est un tank aussi lourdingue à manœuvrer que Chris Redfield, véritable semi-remorque ambulant. Néanmoins, les mouvements sont plus "amples" avec des protagonistes comme Helena, Sherry ou encore Ada Wong, la revenante, qui est l'héroïne du dernier chapitre. La seule d'ailleurs à opérer en solo, bloquant par la même occasion la possibilité d'arpenter sa campagne avec un pote. Sachant que l'IA du binôme est moyenne (elle réagit plus ou moins bien selon les situations), c'est toujours pratique de se faire épauler par un être humain. 

Resident More Badass

Si Resident Evil Revelations était un RE pure souche, ce n'est plus le cas ici. Il est possible d'effectuer des finish moves (bien spectaculaires), les QTE sont assez fréquents mais bien fichus, le nombre de boss à occire est véritable impressionnant (il faut dire que certaines créatures sont des plus tenaces) et un système d'upgrade des armes est disponible. On retrouve bien évidemment les herbes rouges et vertes, pouvant être combinées. Désormais, il s'agit de cachets (sous forme de tablettes) à avaler en appuyant sur la touche RB. Ces derniers ne seront pas de trop, même si la difficulté du jeu n'atteint pas des sommets. Sans trop se forcer, il est possible de terminer celui-ci sans aucun problème. Toutefois, il ne faut pas hésiter à fouiller les environs (notamment les caisses) car il arrive fréquemment qu'on soit à court de munitions. Les énigmes, à part pour certaines, sont toujours aussi cul-cul la praline, avec des objets à débusquer pour ouvrir des portes, ou ce genre d'éléments ultra classiques. On aurait aimé que Capcom, vu l'immensité de son bébé, aborde les quatre campagnes de manière plus disparate. Dans ces conditions, celle de Chris/Pier apparaît clairement comme la plus bourrine. Celle de Leon/Helena offre un bon compromis entre action et "épouvante" tandis que l'aventure de Sherry/Jake est celle qui se démarque le plus, par la différence de caractères entre les deux protagoniste mais aussi par des séquences totalement assumées (le combat au dessus de la lave en fusion contre l'Ustanak est un grand moment). 

De la dynamite !

Niveau réalisation, le cinquième volet avait placé la barre très haut et son successeur peut se targuer de suivre cette tendance, même si le tout est vraiment trop inégal. Si certains décors sont absolument superbes (la Chine avec ses effets de lumière, un régal !), on regrette un manque d'originalité dans les zones fermées. C'est bien beau de vouloir astiquer un entrepôt ou un immeuble en ruines, mais on s'ennuie vite. Sorti de là, dans l'ensemble, c'est très correct avec des effets spéciaux vraiment réussis. Ainsi, les flammes léchant les carcasses des voitures ou la beauté des explosions devraient vous surprendre. Resident Evil 6 détonne à plusieurs reprises et il est impossible de ne pas apprécier les scènes cinématiques phénoménales ou la modélisation des différents héros. Les Japonais n'oublient pas le petit soupçon d'érotisme, comme c'est le cas avec Ada Wong ou encore Sherry Birkin, lors celle-ci est chichement vêtue. Les créateur sont d'ailleurs tenté d'apporter du réalisme dans le mouvement du petit haut qu'elle porte et de ses seins, mais ce n'est pas encore ça. L'anatomie féminine est l'un des plus grands mystères du média jeu vidéo. 

Émancipation pour grand public

D'une richesse folle, Resident Evil 6 tente de satisfaire tout le monde, quitte à annihiler à tout jamais son statut de survival horror. Les défauts sont nombreux, avec une maniabilité lourde, un rythme haché, des incohérences scénaristiques, un level design navrant ou plus généralement un retard dans quasiment tous les domaines. En revanche, c'est un jeu d'action incroyable, à la fois pour la portée de ses séquences (variées et spectaculaires), ses cinématiques menées tambour battant et ses paysages et environnements qui se renouvellent sans cesse. Alors oui, c'est un très mauvais Resident Evil. A part les personnages, le bio-terrorisme et les clins d'oeil à la saga, la progression ne ressemble en rien à un Resident Evil. On se situe plus dans un mix entre Gears of War, Resistance ou encore Uncharted. Le jeu s'inspire d'un peu de tout et n'importe quoi et perd son identité. Alors oui, les monstres et autres zombies ont fait état d'un soin extraordinaire (ils sont vraiment immondes) et il y a des passages plus calmes, mais c'est à peu près tout. Les fans des Resident Evil à l'ancienne ne pourront se contenter d'une telle production, qui est tout simplement sauvée par son nom, sa réalisation générale (la bande son est géniale et les doublages sont très réussis) et ses bonnes idées. Ces derniers doivent plus se tourner vers un Resident Evil Revelations sur 3DS, fabuleux de bout en bout. Tous les autres, fans d'action, de TPS et FPS, peuvent s'essayer à Resident Evil 6. Il y a peu de chance qu'ils soient déçus, même si la maniabilité est vraiment énervante par moment. Personnellement, j'ai adoré l'aventure (qui est complétée par les modes Mercenaires ou encore Chasse à l'Homme) mais je ne suis pas un amoureux de la série. J'aime beaucoup mais ce n'est pas ma saga préférée. Après, il serait dommage de rater une telle expérience, ne serait-ce que la campagne de Leon/Helena, dantesque. Capcom a accomplit une entreprise complètement dingue (on parle d'un staff de 650 têtes) et jouissive, mais aussi incroyablement déséquilibrée et bancale. Mais se la jouer acrobate, parfois, ça a du bon... et pas qu'un peu.

2 commentaires:

  1. Le jeux retrouve un peu de son identité, mais le co-op enlève un peu de sa crédibilité et du charme des anciens RE

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  2. Lourdeur de Gameplay? Vraiment?
    C'est con je trouvais le test sympa.

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