20 févr. 2014

Test - Donkey Kong Country : Tropical Freeze - Wii U


Éditeur : Nintendo
Développeur : Retro Studios
Date de sortie : 21 février 2014

Pressenti dans un premier temps pour débarquer en fin d’année dernière, Donkey Kong Country : Tropical Freeze s’offre finalement une virée hivernale. Une manière pour la Wii U et Nintendo de proposer un gros hit en ce début d’ère 2014, à l’heure où la console et le constructeur, en dépit de ventes conséquentes côté 3DS, sont montrés du doigt. Avec un Retro Studios qui secoue le cocotier (à défaut de secouer la Wiimote comme nous le verrons plus loin), des vikings venus du froid polaire et un « King Kong » (qui n’est pas le dirigeant de la Corée du Nord comme on peut le lire parfois dans les perles du BAC) plus affuté que jamais, cette nouvelle aventure s’annonce sous les meilleurs auspices. L’art du gameplay se travaille au corps, à la moelle et surtout… au poil ! La famille Kong est de retour et ça va faire mal !

Malgré son année d’avance, la Wii U n’est pas parvenue à conquérir le cœur des gamers, la faute à une communication trop superficielle de la part de Nintendo. La maison-mère se doit désormais de rectifier le tir, surtout que la concurrence, Xbox One et PlayStation 4 en tête, est plus que jamais active. Si l’intérêt de la console de Big-N est ailleurs, il n’est pas facile de se faire une place quand tous les regards sont tournés sur la nouvelle génération de machines. Quand on y repense, l’E3 2013 pourrait être comparé de la sorte : Sony et Microsoft sentaient bon le sable chaud des plages hawaïennes tandis que Nintendo avait ce goût d’un Paris Plage balayé par les vents et une bonne drache (pluie), comme aiment le dire nos amis ch’tis (et je sais de quoi je parle, ma future femme est une ch’ti). Malgré cela, certaines annonces ont vraiment fait leur effet, à commencer par ce Donkey Kong Country : Tropical Freeze. Avec la puissance de la Wii U, l’utilisation de la HD et le talent incommensurable des texans de Retro Studios, on ne pouvait s’attendre qu’à une merveille. Ça n’a pas raté. A condition, toutefois, d’aimer le challenge, le vrai !


Walker Texans Rangers

Basé à Austin, le studio américain n’a plus rien à prouver en matière de réussite. Sur Wii, on leur doit notamment le fantastique Donkey Kong Country Returns (qui est d’ailleurs ressorti il y a peu sur 3DS). Pendant longtemps, ils ont été les pères d’une série mythique : Metroid Prime. Débutée sur Gamecube et poursuivie sur Wii, elle reste l’une des préférées des fans de Nintendo. Ils ont aussi participé à l’élaboration d’un circuit dans Mario Kart 7 et on pouvait donc s’attendre à ce qu’ils lancent une nouvelle licence ou reviennent à leurs premières amours, à savoir la belle Samus Aran. Finalement, ils ont surpris leur monde avec le retour des « Gorilles dans la Brume ». Le suspense ne durera pas plus longtemps : le jeu donne une véritable leçon en matière d’action/plateforme, tout en profitant des capacités de la console. La Wii U souffre peut être en ce moment, mais soyez-en sûr, elle ne rendra pas les armes si facilement, surtout avec Mario Kart 8, Super Smash Bros. sans oublier la future bombe de Monolith.


La rencontre de l’occident et du Soleil Levant

On le sait, Nintendo aime Retro Studios (même si leur talent fait parfois poindre de la vraie jalousie au sein des studios nippons) et semble être à même de lui léguer de plus en plus de licences dans un avenir proche. Un peu comme si l’alliance ancestrale avec RARE s’était reformée, mais avec un autre studio de développement. Donkey Kong Country : Tropical Freeze ne déboise pas la forêt amazonienne par son originalité mais donne la banane comme jamais. L’histoire débute alors que Donkey Kong s’apprête à fêter son anniversaire avec toute la clique (Diddy, Dixie et le vieux Cranky). Soudainement, une ombre se profile à l’horizon. Des Vikings (les Givrés, en voilà un nom évocateur !) lancent une vague de froid et paralysent l’île, en éjectant toute la bande hors de leur terre natale. Désormais, il va falloir traverser de multiples niveaux pour évincer l’envahisseur et reprendre ce qui vous appartient. Dès les premiers instants, le retour de David Wise, génial compositeur des opus 16 bits, se fait sentir. Mais nous y reviendrons… l’aventure nous appelle !


Tartes aux manchots

Avec son gameplay chirurgical et sa propension au « Die and Retry », Donkey Kong Country : Tropical Freeze est l’un des rares titres à proposer un challenge aussi corsé de nos jours. C’est sans doute ce qui va poser problème, même si c’est une manière habile d’obtenir une réelle satisfaction en cas de réussite. Ici, pas question de passer les niveaux mécaniquement en comptant sur sa bonne étoile. Il faut parfois prendre son temps et attraper le bon timing pour se farcir les innombrables pièges qui composent l’épopée de nos singes. En revanche, si l’escapade peut rapidement se transformer en parcours du combattant, le jeu propose des vies infinies et une boutique permettant d’obtenir différents objets aidant à la progression. Pour aller au bout, il va falloir s’accrocher mais le jeu en vaut la chandelle ! Pour mener à bien votre longue mission, vous pourrez compter sur vos trois compagnons qui vous attendent gentiment dans les tonneaux. L’occasion d’augmenter votre barre de vie et de profiter de capacités inédites. Dixie, grâce à sa longue chevelure, peut tournoyer dans les airs. Diddy possède toujours son jet-pack pour planer un court instant, tandis que Cranky Kong, vieux loup sans peur, utilise sa canne pour rebondir sur les pics et autres ronces. Toutes ces facultés s’avèrent particulièrement salvatrices dans certains passages ou les combats contre les boss (qui peuvent être terriblement longs). Comme d’habitude, les différents stages sont accessibles via une map avec laquelle il est possible d’interagir. Vous pouvez ainsi vous déplacer dans les niveaux de votre choix (une fois ceux-ci effectués) et surtout débusquer des caches inédites. 


Démo technique

Pas de doute là-dessus, Donkey Kong Country : Tropical Freeze est l’un des plus beaux titres de la console. Superbe de bout en bout, on sent que les développeurs, frustrés par les capacités limitées de la Wii, se sont fait plaisir avec la Wii U. Souvenez-vous, lorsque vous étiez petiots et que vous imitiez Tarzan (ou Georges de la Jungle si vous êtes maladroits), vous aviez ce sentiment de liberté. Avec le hit de Retro Studios, vous allez retrouver cette sensation grâce à un gameplay juste chirurgical (malgré une inertie qui peut réclamer un peu d’entraînement) et des graphismes absolument splendides. Le rendu est somptueux, avec des arrière-plans fantastiques (et très vivants) et une variété juste incroyable. La haute définition est un apport de taille et on a beau connaître le style à la Nintendo depuis ouatmille ans, l’effet est toujours aussi efficace ! Avec sa débauche de couleurs et sa patte artistique fabuleuse, Tropical Freeze va vous en mettre plein les mirettes. Et que dire des musiques ? Signées par le génial David Wise, ces dernières rappellent à merveille les épisodes Super Nintendo, qui ont valu à votre serviteur d’enregistrer pour la première fois des musiques 16 bits via un magnétoscope. C’était pour la musique du niveau aquatique (et je m’en suis difficilement remis), et c’est d’ailleurs un vrai plaisir de retrouver des niveaux aquatiques, avec une musique qui s’adapte à un ton plus calme, comme si les instruments étaient plongés sous l’eau, avec une approche différente de la mélodie. Les musiques, extraordinaires de bout en bout et s’adaptant à votre progression au fil du niveau, ne laissent entrevoir qu’une seule et même question : à quand l’OST ? 


Le poil à gratter

Digne héritier des épisodes Super Nintendo, Tropical Freeze pose néanmoins un dilemme. L’absence totale d’indication sur le GamePad (soit vous jouez sur le téléviseur, soit sur le GamePad, mais celui-ci reste noir si vous choisissez la première solution) laisse à penser que Retro Studios a souhaité profiter de capacités supplémentaires pour la réalisation de son jeu. L’autre point dommageable dépendra avant tout des joueurs. Certains préfèreront s’éclater à deux avec le mode coopératif tandis que les plus aguerris risquent de vouloir effectuer l’aventure en solo. Surtout au vu de la difficulté. Et si vous voulez tout débloquer à 100%, avec les pièces de puzzle, les lettres K.O.N.G et les innombrables zones bonus, une traversée solitaire peut être plus adaptée. On regrette par ailleurs que Rambi soit la seule monture du jeu. N’espérez pas le retour de l’autruche ou de la grenouille. Un peu dommage, même si ces petites tares ne sont rien face au plaisir énorme qui découle de chaque partie. 


Here comes a new challenger

Sans « Super Guide » (la fameuse option qui permet de passer un niveau en regardant l'IA faire le travail), il va falloir s’accrocher. Donkey Kong Country : Tropical Freeze propose un vrai challenge à l’ancienne qui demande beaucoup de dextérité. Génial de bout en bout et vraiment magnifique, il s’agit sans conteste d’un des meilleurs jeux de la Wii U. Un indispensable à faire en solo ou à deux, avec des niveaux bourrés d’ingéniosité (le travail sur les ombres et les contre-jours vont vous faire halluciner) et de talent. Un jeu à posséder coûte que coûte si vous possédez une Wii U. Nous irons même plus loin en disant qu’il va probablement faire vendre un bon paquet de consoles supplémentaires. Retro Studios a affuté les angles du premier épisode Wii et nous offre une version tout simplement dantesque.


Techniquement, le jeu est une vraie merveille. Retro Studios maîtrise les entrailles de la Wii U avec le même talent que Nintendo. Les décors sont variés et vraiment inspirés, tout en proposant des arrière-plans animés de toute beauté.




Fluide de bout en bout, l'aventure a le mérite de proposer des animations plus vraies que nature, qui donnent un look unique à la bande de singes. Les ennemis ne sont pas en reste et l'humour ne manque pas !




Une leçon d'action/plateformes. Malgré le challenge qui vous attend, le gameplay de Donkey Kong Country : Tropical Freeze est paramétré aux millimètres. Les idées fusent dans tous les sens et seuls les combats contre les boss auraient mérité d'être un peu moins longs.



Avec un David Wise plus inspiré que jamais, on pouvait s'attendre à un OST qui défonce. C'est bel et bien le cas, avec des thèmes qui devraient être aussi marquants que ceux du premier opus. Un vrai régal pour les oreilles, d'autant plus que le compositeur a fait jouer la fibre nostalgique. Fantastique !





2 commentaires:

  1. Je suis sur-saturé des licences Nintendo, mais là, il a l'air franchement terrible !

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  2. Vraiment, il défonce ! Je le préfère à Super Mario 3D World et le retour de David Wise à la musique, c'est juste la méga super classe ^^

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