27 mars 2014

Test - Metal Gear Solid V : Ground Zeroes - PS4 / Xbox One

Ce test est également disponible sur www.total-manga.com

Éditeur : Konami
Développeur : Kojima Productions
Date de sortie : 20 mars 2014



Quel pataquès ! Metal Gear Solid V : Ground Zeroes a fait couler beaucoup d'encre pour une seule et même raison : sa durée de vie. Ce qui est un peu réducteur, il faut l'avouer. Certes, 30 euros peuvent paraître un peu excessifs (sur next-gen) pour une mission principale et 4 missions secondaires, mais c'est oublier toute l'expérience qui en découle. Plus que jamais, Hideo Kojima reste un perfectionniste de la mise en scène et le gameplay, s'il n'est pas bouleversé, gagne tout de même en souplesse. La notion de monde ouvert est d'une importance capitale pour le créateur japonais et ce prologue est justement proposé aux joueurs pour les habituer à cette liberté nouvelle dans la série. Une chose est sûre, il y a un sacré paquet d'inepties qui ont été balancées sur le net et si on veut profiter à fond du retour de Big Boss, la durée de vie va bien au-delà des deux heures de jeu.

C'est un fait. Pour profiter pleinement de Metal Gear Solid V : Ground Zeroes, il est préférable d'être fan de la saga de Hideo Kojima, dans le sens où la totalité du prologue se déroule au cœur du clan Omega. Comme toujours avec le réalisateur nippon, cette place est un haut lieu de l'Histoire puisqu'elle est directement inspirée de la célèbre prison de Guantanamo. C'est donc au sud-est de Cuba, en pleine zone côtière, que l'on débarque en début de mission. La séquence d'introduction, de toute beauté, donne le ton. Le Fox Engine, le moteur 3D développé par l'équipe de Kojima, fait de véritables merveilles. Bien sûr, ce n'est pas tant dans les détails que le tout impressionne, mais plus dans l'utilisation des lumières, des ombres, des effets spéciaux. L'effet de la pluie qui ruisselle sur les vêtements est saisissant, et on a vraiment l'impression de se retrouver en pleine tempête. Les plans séquences, utilisés pour la mise en scène, sont incroyablement immersifs. Bref, on en prend plein les yeux dès le départ (l'antagoniste est ultra charismatique) et ça serait mentir que de dire que la cinématique d'intro laisse de marbre. On y croit et on en veut encore plus

 

Bienvenue en terre inconnue

 

Alors que les hélicoptères s'éloignent à l'horizon, Snake (a.k.a Big Boss) gravit la falaise et accède à l'entrée du camp. Votre premier objectif consiste à détecter les troupes ennemis, en analysant les différents mouvements des soldats (tout en écoutant leurs communications). Les jumelles permettent ainsi de marquer les individus de cette zone de non-droit. Le camp est assez vaste (sans être gigantesque) et les options pour y pénétrer sont très nombreuses. Snake dispose d'une large palette de mouvements et c'est vous de choisir la voie qui vous semble la plus efficace. Libre à vous de foncer dans le tas (ce qui n'est pas recommandé vu le nombre de renforts qui débarquent) ou, au contraire, prôner la bonne vieille furtivité. Soyons clairs, l'ADN même de la saga MGS est ici et c'est avec un grand plaisir que l'on découvre toute l'expérience du héros. Le flingue à tranquillisants va encore faire des ravages. Vous pouvez aussi vous faufiler derrière un garde pour lui asséner une bonne vieille manchette ou carrément le pousser dans l'eau s'il se trouve près de la côte. Toutes ces possibilités ne sont pas de trop pour arpenter les trois sections du camp Omega : l'une, très "industrielle" avec de multiples bâtiments, une autre composée de tentes parmi lesquelles il est facile de se faufiler et enfin une dernière, plus proche de la mer, où sont installées les cages des prisonniers. Pas de doute, il y a de quoi faire...

 

Un serpent dans leurs bottes

 

La mission principale offre deux objectifs précis et vous allez devoir fouiller les moindres recoins du camp. Outre les gardes qui font leur ronde, et réagissent très vite s'ils aperçoivent quelque chose de louche, vous devez faire attention aux multiples caméras mais aussi aux individus postés dans les miradors. L'infiltration, au cœur de la saga Metal Gear, atteint ici son paroxysme, tout en offrant la possibilité d'accéder à une action soutenue. Mine de rien, ce prologue distille quelques idées géniales, comme l'utilisation de l'hélicoptère. Le joueur peut l'appeler à tout moment et lui indiquer de se rendre à différents points. Une manière comme une autre d'obtenir un soutien aérien tout en faisant diversion. L'engin volant sert aussi, bien sûr, à l'évacuation des prisonniers et de deux VIP indispensables (Paz et Chico mais nous n'en dirons pas plus) à la bonne tenue de la mission. Au cours de sa progression, Snake peut aussi monter à bord de différents véhicules, tels que des jeeps, des camions ou même un tank ! Le monde ouvert est décidément ce qui manquait à la série !

 

Deux heures, vraiment ? 

 

La première mission peut être bouclée très vite, mais ça n'aura strictement aucun intérêt à part celui de dézinguer tous les soldats en courant comme un dératé et en se planquant lorsque vous êtes touchés. En agissant de la sorte, vous ne saisirez jamais la fibre de ce prologue et vous ne profiterez pas de l'optimisation très nette de l'intelligence artificielle (les rondes ne sont pas les mêmes, les soldats sont toujours à l'affût, ils n'hésitent pas à vous traquer, à appeler des renforts, à balancer des grenades pour vous faire sortir de votre trou, etc.). Lors les deux VIP sont en sécurité et que vous êtes parvenus à fuir, vous assistez à une somptueuse séquence faisant office d'épilogue (on aurait préféré la jouer cette fameuse scène d'ailleurs). Une fois cette quête terminée, le jeu vous offre la possibilité de la refaire en mode difficile (et là, il faut s'accrocher) et surtout d'accomplir quatre missions secondaires. Les objectifs de ces dernières sont assez simples : zigouiller deux soldats ayant commis des crimes irréparables, saboter des canons-anti-aériens, sauver un allié (là, il y a une petite surprise pour les fans) ou encore récupérer une cassette. Rien de très exaltant mais ces séquences ont le mérite d'être plaisantes et permettent de profiter du camp Omega de jour. Sur PS4, les joueurs auront également le plaisir, à condition de retrouver les neufs patchs XOF, de participer à la mission Déjà Vu qui est un formidable clin d'œil au premier Metal Gear Solid sur PlayStation. Les possesseurs de Xbox One auront, quant à eux, le droit à une mission en compagnie de Raiden. Sympa !

 

Amuse-bouche visuel

 

Avec Metal Gear Solid, il ne faut pas s'attendre à une débauche de polygones. Le Fox Engine a été conçu pour développer une atmosphère assez unique, dans le sens où la "claque" passe par la finesse et la cohérence des effets spéciaux. C'est indéniablement très beau et la réflexion des lumières, ainsi que certains détails (la modélisation de Snake notamment) forcent le respect. Lorsqu'on y regarde de plus près, l'environnement n'a rien d'exceptionnel mais le tout est très propre. Mais on sent très clairement que l'équipe de Kojima en garde sous le pied pour The Phantom Pain. Côté ambiance sonore, c'est un sans faute ! Harry Gregson-Williams est de la partie et l'acteur Kiefer Sutherland nous fait presque oublier David Hayter. L'occasion de lui rendre hommage d'ailleurs, tant son excellence nous manquera. Pour terminer, sachez que le jeu reste franchement super plaisant sur 360 et PlayStation 3. C'est moins fin, moins net, mais sorti de là... ces moutures n'ont pas grand chose à se reprocher.



Sans fioriture, Metal Gear Solid V : Ground Zeroes parvient à flatter la rétine grâce à de superbes effets spéciaux. Le moteur Fox Engine semble en avoir sous le capot. Vivement The Phantom Pain !




Animation fluide en 60 images par seconde, que demandez de plus ? La palette de mouvements de Snake a été étoffée et les ennemis ont des attitudes de plus en plus crédibles.






Pour l'instant, c'est une mise en bouche mais il faut reconnaître que les compositions de Harry Gregson Williams sont superbes. Tout comme les doublages (en anglais, sous-titrés en français).





Tout simplement génial ! Si le camp Omega n'est pas gigantesque, il en est tout autre des possibilités offertes au joueur. N'hésitez pas à tester un maximum d'approches, afin de profiter au mieux de l'expérience Ground Zeroes.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire