14 mai 2017

Persona 5 : le meilleur J-RPG pour longtemps

Bien moins connue que des séries comme Final Fantasy ou Dragon Quest, la saga Shin Megami Tensei a su, au fil des années, s’entourer d’une communauté grandissante. Mais c’est véritablement son spin-off, Persona, qui est adulé par une frange de joueurs. Née en 1996, cette licence prône une approche différente des Shin Megami et suit le quotidien d’étudiants embarqués dans des mondes parallèles, où se côtoient songes, combats contre des créatures étranges et problématiques liées à l’adolescence. À la fois mature, décalé et doté d’un rythme incroyable, le titre d’Atlus est tout simplement le meilleur J-RPG du moment.



On ne change pas une formule qui gagne. Vous campez un lycéen qui vient d’être transféré dans un lycée de Tokyo. Au sein de cette nouvelle académie, il va se faire des amis qui, comme lui, sont un peu en marge de la société. En dehors des heures de cours, le gaillard crèche chez un ami de sa famille, un tenancier de bar, ou se farcit, avec sa bande de potes, des donjons appelés « palaces, dans le but de ramener à la raison des adultes dont le cœur a été corrompu. Ils se surnomment les « Fantômes Voleurs de Cœurs » (Phantom Thieves).


Dans les mains de la justice

Persona 5 débute de façon on ne peut plus rythmée. Tout commence par un cambriolage d’un casino qui tourne mal. Alors que vous êtes en train de vous faire la malle, la Police vous rattrape et vous fait passer un interrogatoire… musclé. Désormais face à votre avocate, vous n’avez pas d’autre choix que de relater les faits… faits, vous l’aurez compris, qui vont dessiner petit à petit votre folle aventure, le jeu se déroulant sous la forme d’un flashback. C’est ainsi que vous débarquez à Tokyo dans votre nouveau lycée. Malgré le désespoir de votre prof, qui aurait aimé qu’un individu comme vous soit transféré dans une autre classe, vous allez vivre le quotidien d’un étudiant japonais. Et c’est là que tout va s’accélérer…


Reclu et sauveur

Au sein de votre établissement, votre réputation est mise à mal. Alors que les autorités n’attendent qu’un faux pas de votre part, vous faites connaissance du cancre du lycée. Les bases de cette amitié vont mener à la création d’un groupe qui agit dans l’ombre. Persona 5, comme ses prédécesseurs, mêle le quotidien d’étudiants et de voleur de cœurs. L’intérêt du jeu réside justement dans cette double vie. En tant que lycéen, vous pouvez, avec vos amis, participer à une foule d’activités : aller au cinéma, gagner de l’argent en bossant, vous faire un resto, jouer aux jeux vidéo, aller aux bains publics, réviser vos cours… et ainsi développer vos relations au fil du temps. De cette manière, les liens que vous nouez se matérialisent par une amélioration de vos performances durant les combats.



Du côté des affrontements, il s’agit de donjons que vous arpentez pour voler le cœur d’adultes corrompus. Pour ce faire, vous devez atteindre la salle du trésor de chaque lieu (château, pyramide, musée…). À l’inverse du quatrième volet, les environnements ne sont plus générés aléatoirement mais demeurent toujours aussi labyrinthiques et faits de couloirs. Pas de doute, sur ce poin, c’est du bon gros J-RPG avec tout ce qu’il faut d’enchaînements stylés, de rixes au tour par tour et de Persona diverses et variées. L’ensemble est très efficace et il est même possible de dialoguer avec les créatures mal en point pour les enrôler.


À chaque joueur son expérience

Malgré l’absence de traduction française, Persona 5 a la bonne idée de proposer quatre mode de difficulté, dont le « Safe » qui permet de profiter de l’histoire sans se heurter à l’exigence des autres modes. Même en Normal, le titre d’Atlus se montre particulièrement coton. Pour optimiser ses chances de réussite, l’embuscade est indispensable. Concrètement, celle-ci permet de surprendre un ennemi en se faufilant jusqu’à lui ou en se cachant via un simili-système d’infiltration (ultra basique, on n’est pas dans Metal Gear Solid ou Splinter Cell). Il faut aussi veiller, lors de ses passages dans la Velvet Room, à fusionner ses Persona. Tout est une question de paramétrages et il sera également indispensable de passer par la case crafting pour créer, par exemple, des crochets pour ouvrir les coffres.



On pourrait penser que les dialogues incessants et les journées qui se répètent ont raison de notre patience mais Persona 5 impose un tel rythme qu’on a bien du mal à décrocher. C’est d’autant plus vrai que le jeu profite d’une patte artistique dingue ! Si la technique dépassée lui permet de tourner sur PS3, tout le reste est à applaudir. Le style graphique, absolument génial, est mis en valeur par des environnements réussis et des personnages ultra charismatiques. Les logos, l’interface, les looks des protagonistes… tout a fait l’objet d’un soin absolu et l’ensemble respire la classe. Et si les animations sont un peu en retrait, on ne peut que saluer l’excellence de la bande son, teintée d’acid-jazz et rock symphonique. Les séquences animées, quant à elles, sont sublimes et apportent un impact supplémentaire à une aventure qui nous en met plein la tronche.


Conclusion du rédacteur : FANTASTIQUE


Il était attendu au tournant et il ne déçoit pas. Persona 5 est une véritable baffe sur le plan narratif et artistique. Plaisant à prendre en main, il impose un rythme soutenu et dépeint des thèmes matures et fédérateurs (viol, harcèlement, suicide, corruption…). Ce n’est pas souvent que l’on est confronté à une telle maîtrise et le jeu démontre, à qui veut l’entendre, que les développeurs japonais ont encore du talent à revendre. Bien qu’il soit une critique à peine voilée de la société nippone, Persona 5 a également un écho en occident. C’est sans doute pour cela (son gameplay hybride, sa propension à nous grimer en justicier masqué…) qu’il est si passionnant. À faire absolument.



Points positifs :


Gameplay hybride

Complètement fou artistiquement

Les héros, géniaux

La bande son qui tabasse

Les thèmes, matures et contemporains


Points négatifs :

Une quantité faramineuse de blabla (que l’on peut passer)

Pas de traduction française

Rien d’autre, ne cherchez pas…




Éditeur : Atlus – Développeur : Atlus – Genre : RPG – Sortie : 4 avril 2017 – Plateformes : PS4, PS3

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