7 nov. 2019

Concrete Genie : Picasso d'un jour

Qu’elle est loin la joie dans les rues de la ville portuaire de Denska. Cela fait bien longtemps que les rires des enfants ont cessé et que les lumières des enseignes commerçantes se sont éteintes. Plongé dans son carnet de dessins, le jeune Ash s’extirpe de son quotidien en croquant toutes sortes de personnages. Mais parfois, la réalité le rattrape et il se fait enquiquiner par une bande de vauriens qui sème la pagaille dans les quartiers de la cité….




Alors qu’il est en train de dessiner, les caïds de la rue débarquent. Après s’être fait arracher les pages de son carnet, Ash est enfermé dans le téléphérique qui mène au phare et n’a d’autre choix que d’attendre d’être arrivé à destination. Sur place, il s’approche du bâtiment et découvre, stupéfait, que l’une des pages de son carnet l’a suivi ! En longeant le chemin que lui indique celle-ci, le gamin se retrouve nez-à-nez face à l’un de ses personnages : Luna ! Désormais « armé » d’un pinceau magique, le garçon au bonnet va devoir tout faire pour redonner des couleurs à la ville et éradiquer la matière violacée qui se dépose sur les artères et les bâtiments.



Le roi du pinceau

Développé par les auteurs d’Entwined, Concrete Genie repose sur une idée plutôt ingénieuse qui consiste à peindre les murs pour interagir avec les créatures issues de l’esprit du héros. Ces génies indiquent au joueur ce qu’ils désirent (des tulipes, des arbres, le soleil, des pommes…) et il suffit de choisir le dessin adéquat dans le menu pour qu’ils exécutent différentes tâches, comme par exemple, soulever une bâche d’un chariot ou allumer un générateur. À cela vient se greffer des séquences de plate-formes dans un univers en 3D temps réel avec une vue à la troisième personne. Le protagoniste peut ainsi faire de la grimpette pour atteindre les toits, s’aider de tyrolienne, etc. Et bien évidemment, toutes ces actions s’inscrivent dans un objectif.



Et la lumière fût

Pour redonner du baume à la ville et supprimer les tâches de pollution, Ash doit allumer toutes les lumières postées sur les bâtiments grâce à la Superpeinture. Et pour en obtenir, il doit bien sûr passer des obstacles et résoudre différentes énigmes – grâce aux génies des murs – mais aussi échapper à la bande de vauriens qui a toujours le chic pour être au mauvais endroit, au mauvais moment. Heureusement, sa course et ses aptitudes d’escaladeur sont bien suffisantes pour se dépêtrer des garnements en culotte courte. Concrete Genie est donc plein de ressources mais aussi d’idées. Chaque génie dispose ainsi de sa spécialité : le rouge va enflammer les objets, le jaune va les électrifier, le bleu joue avec le vent, etc. Il est aussi fort appréciable que l’ambiance et les voix soient très réussies. On s’amuse à se planquer derrière une poubelle (notre destination si on se fait attraper) pour espionner la bande. La réalisation est de qualité et on sent que les développeurs ont fait en sorte de donner une vraie identité à leur jeu, que ce soit dans les animations, la direction artistique, le character design, les effets… Malheureusement, il y a quelque chose qui cloche…



Trop dirigiste

Sur les cinq/six heures que compte l’aventure, on ne retient que peu de moments marquants. L’action, si elle est originale, peine à se renouveler et le titre, dans sa globalité, ne va pas au bout de ses intentions. On tourne un peu en rond par endroits, les génies ne sont pas des entités très futées et certaines phases traînent en longueur pour pas grand-chose. Cela reste un titre agréable à parcourir mais le potentiel n’a pas été exploité totalement et réclame une suite. On espère qu’elle arrivera car l’univers, singulier, et les personnages méritent, à l’image du concept, de rester dans la lumière. On passera en revanche très rapidement sur le mode VR. Activable à la seule condition d’avoir le casque bien évidemment mais aussi deux PS Move, il ne s’agit que de suivre les indications de ce bon vieux Splotch (un génie rigolo) pour faire apparaître, dans un décor en 3D, divers éléments. C’est mignon, poétique mais aussi, malheureusement, anecdotique.



Verdict du rédacteur : CORRECT

Concrete Genie n’est pas un mauvais bougre. Il dispose d’un concept et d’une patte artistique vraiment intéressants mais il lui manque un peu de magie et de variété pour se hisser parmi les plus grands. Le titre mériterait à être plus varié et on sent que le potentiel n’a pas été totalement exploité. C’est dommage car il y a d’excellentes ides et la réalisation a tous les atouts pour charmer les plus exigeants. Il ne reste donc qu’à espérer qu’une suite, plus poussée, verra le jour car l’univers et les personnages le méritent.

Points forts : 
  • L’univers, l’ambiance, les voix
  • Le concept des génies et du dessin
  • Le mélange des genres

Points faibles :
  • Mode PS VR poétique mais sans grand intérêt
  • Une progression trop dirigiste
  • Trop court

Éditeur : Sony – Développeur : Pixelopus – Genre : Action/Aventure – Date de sortie : 9 octobre 2019 – Plate-formes : PlayStation 4

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