Depuis quelques mois, je suis chroniqueur dans l'émission Des Lud's et des Plum's sur une radio locale morbihannaise appelée Plum'FM. J'ai été invité à deux reprises pour parler de Génération SEGA et du gros projet PlayStation et ils m'ont ensuite proposé de les rejoindre pour apporter l'expertise en jeu vidéo. De ce fait, dès que je suis disponible pour enregistrer, je me joins à l'équipe et j'apporte des infos sur différentes thématiques. Cette semaine, je ne pouvais passer à côté d'ARC Raiders, un jeu auquel je joue avec mon fils et qui propose une expérience multijoueur vraiment à part. L'émission sera diffusée à la fin du mois de février, mais voici le texte de la chronique en avant-première (avec des screens maison). Bien évidemment, l'émission à la radio apporte encore plus d'infos, de bonne humeur et de punchlines humoristiques.
Pour
cette émission, j’ai décidé de vous parler d’ARC Raiders, un jeu de survie qui
est en train de devenir un phénomène en quelques jours. Proposé en accès
anticipé depuis plusieurs mois, le jeu d’Embark Studios vient mettre un grand
coup de pied dans la fourmilière des jeux de tir multijoueur. Là où la
concurrence mise sur de l’action compétitive, ce titre prône une approche
totalement différente. Je m’explique.
L’histoire
du jeu prend place dans un futur post-apocalyptique, à une époque où l’humanité
s’est faite dépasser par l’intelligence artificielle. Les robots, appelés ARC,
ont pris le contrôle de la planète et les rares survivants n’ont pas eu d’autre
choix que de s’enfoncer dans les couloirs souterrains d’une cité nommée
Speranza. Le problème, c’est que toutes les ressources sont restées à la
surface et qu’elles sont indispensables à la survie de cette population.
Vous l’aurez compris, pour subsister, les humains ont mis en place des raids qui remontent régulièrement à la surface pour ramener les fameuses ressources – d’où le nom ARC Raiders –. Celles-ci peuvent être de différentes natures : batteries, nourriture, pièces électroniques, pièces mécaniques, etc. Elles sont indispensables à la fabrication d’équipements permettant de résister à la fameuse menace robotique. Quant à la nourriture, elle est vitale. Sur le papier, on se trouve donc en présence d’un jeu en vue à la troisième personne, jouable jusqu’à 3 joueurs en simultané avec une gestion d’inventaire. Mais ce qui paraît classique au premier abord devient révolutionnaire manette ou clavier/souris en main.
Les
parties d’ARC Raiders se déroulent sur une durée d’environ une demi-heure. Une
fois en surface, les joueurs ont accès à une carte et peuvent se déplacer
librement pour récupérer un maximum de ressources. Ces dernières peuvent être
trouvées dans les voitures, les appartements abandonnés, les bâtiments en
ruines, mais aussi dans les carcasses robotiques d’androïdes vaincus. Lorsque
vous estimez que votre inventaire est suffisamment rempli, il est possible de
rejoindre des ascenseurs qui retournent sous la surface, mettant un terme au
raid. Il existe également des trappes de secours, mais celles-ci nécessitent
des clés spéciales à débusquer durant votre périple.
Entre
chaque raid, le retour à Speranza permet de gérer son inventaire en faisant le
point sur les ressources acquises, on peut alors les vendre, les recycler, les
utiliser dans le cadre de services rendus à certains marchands, etc. Cette
gestion est indispensable dans le sens où il est possible de partir pour un
raid d’une demi-heure, de se faire zigouiller et de revenir bredouille.
Là
où les développeurs d’ARC Raiders ont tout compris, c’est dans la nature même
des raids. En plus d’une réalisation très réussie, que ce soit sur le plan
graphique ou sonore, le jeu instaure un sentiment de solitude et donne la
sensation que la menace est partout. Les robots ARC sont très résistants et
peuvent prendre différentes formes, comme une sorte d’engin à la BB8 de Star
Wars qui vous fonce dessus ou des créatures gigantesques, capables de faire des
bonds de plusieurs centaines de mètres. Je ne parle même pas des drones armés
de mitraillettes qui survolent les zones de façon continue. Dès lors, vous avez
le choix de poursuivre votre exploration, au risque de tout perdre si vous
tombez au combat ou de tenter de partir dans les ultimes minutes pour ramasser
un maximum de ressources. Et ce choix est loin d’être anodin.
Car
oui, l’autre force d’ARC Raiders, c’est de nous amener à coopérer avec des
inconnus pour atteindre les différents objectifs. En plus d’un système de
conversation avec des phrases toute faite (ok, merci, ne tirez pas, on fait
équipe…), le jeu permet de communiquer directement avec un micro-casque. Et ce
sentiment, lorsqu’on est en jeu, se décuple lorsque la trahison devient partie
intégrante de l’expérience.
En
clair, on peut être surpris à tout moment par d’autres Raiders qui n’hésitent
pas à vous tendre un piège ou vous éliminer au coin d’une rue pour récupérer
les ressources durement acquises. Et ça, ça change tout par rapport aux autres
jeux multi. ARC Raiders est un jeu purement coopératif, mais qui peut devenir
compétitif selon les situations.
Porté par une atmosphère unique, avec des thèmes musicaux aux forts relents des années 1980, ARC Raiders est parti pour durer longtemps. L’immersion est juste hallucinante et je n’ai pas ressenti ce sentiment de coopération depuis Journey, un jeu sorti sur PS3 et qui nous amenait à coopérer avec une autre personne sans utiliser la parole. Tout se faisait à l’époque par les gestes des personnages. Ici, la communication est plus poussée, mais le sentiment d’accomplissement est réel lorsqu’on se trouve à s’entraider avec des inconnus pour éliminer des robots puissants, tout en se protégeant mutuellement de possibles Raiders hostiles. Embark Studios a vraiment fait très fort et ARC Raiders est clairement l’une des surprises de ce début d’année.



