14 nov. 2012

Test - Call of Duty Black Ops 2 - 360/PS3/PC



Le microcosme des jeux vidéo est étrange. Dans le milieu, une véritable guerre s'engage entre les sites web et la presse papier pour débusquer la moindre information sur la poule aux œufs d'or que représente la série Call of Duty. Dernier épisode en date, les collègues s'entredéchirent littéralement pour une histoire de test publié par Eurogamer.fr. Jusqu'à là, rien de grave, si ce n'est que le papier en question a été pondu par l'ancien RP d'Activision. Dès lors, on peut émettre de sérieux doutes sur la crédibilité du site, surtout que la note flirte avec la perfection (9/10). Le problème, c'est que les gens causent souvent sans connaissance de cause et sans mettre en lumière la formation journalistique de cet ancien attaché de presse. Toutes les personnes qui le côtoient assurent qu'il a agit en toute transparence. Chacun est libre de penser ce qu'il veut mais il serait bon d'arrêter ces guéguerres futiles et sans intérêt. Le jeu vidéo n'a vraiment pas besoin de ça. Surtout à l'heure d'une presse papier qui n'en finit plus de lutter contre son dernier souffle. Et si vous êtes joueurs et que vous n'aimez pas la série, passez votre chemin tout simplement (même si, je le concède, voir courir des gamins à peine ado pour aller jouer au jeu (interdit aux -18 ans) au Paris Games Week, c'est juste sidérant de bêtises). Sur ce, il est temps de parler de Call of Duty Black Ops 2 (L'ami Norman m'avait fait éclater de rire avec son "tu veux zouer à Call of Buty" ?), d'autant plus que, cette année, Treyarch nous a tous pris à contre-pieds. 



N'espérez pas une révolution. Il s'agit toujours d'un FPS ultra scripté faisant la part belle à l'action. Pourtant, pour cette deuxième itération de l'arc "Black Ops", les développeurs ont fait en sorte de peaufiner l'écriture, la mise en scène et surtout la trame générale. Sans révéler les lignes principales de l'histoire, sachez que vous incarnez à la fois Alex Mason, au cœur des années 80, et son fils David, plus de quarante ans après. On navigue donc entre deux ambiances, deux atmosphères, appuyé par des armes, très éloignées les unes des autres technologiquement parlant. Ce qui est bien avec Call of Duty, c'est qu'à l'inverse d'un très patriotique Medal of Honnor : Warfighter, le tout ne se prend pas au sérieux. C'est tellement gros et spectaculaire qu'on s'adapte vite au second degré (comme en atteste la pub télévisée avec Omar et Robert Downey Jr.). Le grand méchant maniaco-dépressif qu'est Raul Menendez veut créer un conflit d'une envergure mondiale, dont le point d'orgue est une rivalité naissance entre les États-Unis et la Chine. C'est donc dans ce joyeux foutoir qu'on est plongé, jusqu'à l'une des six fins. Oui, Call of Duty Black Ops 2 propose une structure riche, vous obligeant parfois à faire des choix qui auront un impact sur le dénouement. Et franchement, ça fonctionne bien. 

La Terre est ronde

Pourtant, au début, il y a de quoi déchanter. Si la narration se met en place avec soin, il faut avouer que la première mission en plein cœur du territoire angolais n'est pas des plus réjouissantes. L'aspect flashy de l'environnement et les textures datées peinent à convaincre. Comme si cela ne suffit pas, on se tape des respawns d'ennemis super énervants. Heureusement, par la suite, les choses s'arrangent et on évite le syndrome du "couloir". Birmanie, Nicaragua, USS Barrack Obama (un porte-avion au nom de l'actuel Président américain), Panama ou encore Los Angeles, vous allez véritablement en prendre plein les mirettes tout en voyageant. Bon, on ne peut pas dire que toutes les missions se valent, surtout qu'elles sont graphiquement inégales mais elles ont le mérite de ne pas jamais abaisser de rythme. Au total, 12 missions vous attendent, auxquelles viennent s'ajouter les objectifs "Strike Force". Ce nouveau mode de jeu (il y a 4 missions supplémentaires dans la campagne solo si vous le souhaitez) vous invite à gérer plusieurs unités, dans le but de défendre vos positions. Il est possible d'effectuer ces missions de façon stratégique avec une vue du dessus, ou carrément d'incarner l'une des unités (soldat, drone, blindé...). C'est sympa mais elles ont tendance à dézinguer le rythme du jeu. On aime ou pas.

What the f... 

Globalement, Call of Duty : Black Ops 2 est, à mon sens, le meilleur en terme d'intensité depuis belle lurette. Après, on ne peut nier que le moteur graphique s'essouffle sérieusement et que les textures sont parfois dégueulasses, sans compter les bugs (j'ai bien aimé le coup du mec sur son cheval... à deux mètres derrière la selle). On a vraiment l'impression, par moment, que le jeu a été réalisé par deux équipes. Après, il faut avouer : ça défouraille grave ! Et ce scénario, à défaut d'être génial, est vraiment bien ficelé. A Los Angeles, vous allez véritablement en prendre plein la tronche. Citons pêle-mêle également la possibilité de customiser son arsenal, les musiques orchestrales enregistrées au studio d'Abbey Road et sa jouabilité toujours aussi efficace. Quant au multi, il est toujours de grande qualité. Le mode Zombie regroupe ainsi pas moins de trois modes de jeu (Grief - deux équipes qui s'affrontent- , Tranzit - coop à 4 - ou encore Survival qui porte bien son nom). Quant aux affrontements en ligne plus classiques, ils font l'objet d'un ajout de 14 cartes inédites et d'un nombre énorme de modes de jeu. 


En bref, on peut cracher sur la licence, dire que ça n'avance pas, que c'est du "kikoololilesque" ou que c'est la mort du jeu vidéo. Il n'empêche que ça fait du bien de s'immerger dans un tel blockbuster, malgré la débilité de certaines personnes en ligne (vraiment, l'éducation de certains est entièrement à refaire) et les dérapages nombreux de l'intelligence artificielle. Call of Duty Black Ops 2, même s'il commence à souffrir en matière de technique pure (réalisation trop inégale), demeure un titre plus intelligent qu'il n'y paraît. Et clairement, c'est un excellent titre.



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