11 sept. 2013

Il était une fois... la...



Constructeur : SEGA
Date de sortie : 1995

Un design très mastoc, six boutons d'action, un pavé directionnel et deux touches, MODE (ce bouton sert à passer de l'option 6 touches à 3 touches, comme sur les manettes Mega Drive classiques - il est aussi utilisé par certains jeux comme bouton SELECT) et START. Avec sa robe noire, la Nomad accroche la rétine dès que le regard se pose sur elle. Sortie exclusivement aux États-Unis, elle est, à raison, l'une des cibles privilégiées des collectionneurs. Écoulée à un million d'exemplaires, cette machine est pourtant passée assez inaperçue à l'époque. En 1995, les 32 bits faisaient la une de l'actualité et peu de joueurs se sont alors intéressés à cette Mega Drive portable. Son histoire, étonnante, mérite que l'on s'y attarde. Si elle est proposée entre 150 et 200 euros aujourd'hui, ce n'est pas pour rien : la Nomad a tout d'une grande. 

En 1989, Nintendo lance la Game Boy et prend le contrôle total du marché des portables. La concurrence ne peut strictement rien faire face à la machine monochrome de la firme de Kyoto. Aidé par Tetris, le phénomène est mondial et touche toutes les tranches de la population. Pour contrecarrer les plans de Mario, SEGA tente alors un coup de poker avec la Game Gear. Entièrement en couleurs, la portable noire propose une ludothèque très intéressante, dans la lignée de ce qu'on trouve sur Master System. Beaucoup pense d'ailleurs que son architecture est strictement identique à la 8 bits, mais c'est oublier que la palette de couleurs de la Game Gear est supérieure à sa grande sœur. Disponible dès le 26 avril 1991 (en Europe et aux States), elle ne parvient pas à s'imposer, la faute à une autonomie bien inférieure à la Game Boy. On parle ainsi de 3/4 d'heures à une heure pour 6 piles LR6. Aujourd'hui, cette durée est sans doute un peu plus large, mais reste assez faible. Malgré cet échec (relatif, car 11 millions de Game Gear ont trouvé preneurs), SEGA ne se laisse pas abattre. 

En plus de ses consoles de salon, la société de Haneda tente de percer dans des lieux plus insolites, tels que les aéroports. Ainsi, c'est en juillet 1993 que SEGA lance le Mega Jet, une version semi-portable de la Mega Drive destinée aux vols internationaux. A l'époque, pour y accéder, il faut voyager via la compagnie Japan Airlines et disposer d'un billet en classe Business ou Première. Le Mega Jet est un boitier regroupant l'architecture d'une Mega Drive mais celui-ci est dépourvu d'écran. La console est raccordée à un écran LCD et à une alimentation dans l'avion. Ainsi, les passagers peuvent s'adonner aux différents jeux en solo ou à deux (via le port contrôleur pour brancher une manette). Par ailleurs, un casque peut être ajouté afin de ne pas gêner son voisinage. Une chouette idée qui a permis à de nombreux voyageurs de passer de bons moments en attendant d'arriver à destination. Le Mega Jet sera finalement commercialisé dans les magasins à partir de mars 1994, mais sa sortie tardive lui fera défaut.



Devant cette nouvelle tentative infructueuse, les dirigeants de SEGA décident alors d'adjoindre un écran au Mega Jet. Pour ce projet, les ingénieurs utilisent le nom de code "Venus", dans la logique "spatiale" des consoles SEGA. Par exemple, le nom de code de la Game Gear était Mercury, celui du 32X était Mars et il y a même des équipes de développement qui prenaient des noms de constellations, comme la Team Andromeda (Panzer Dragoon). Tout ça pour dire que la Nomad n'est en fait qu'une sorte de Mega Jet modifié et relooké sous la forme d'une console portable. 

La Nomad, belle et totalement dans l'esprit des consoles SEGA de l'époque pré-Dreamcast, est capable d'accueillir la quasi totalité des jeux Mega Drive ou plutôt... Genesis. En effet, la machine est américaine et il faut donc l'utiliser en tant que bécane import. Certains titres Mega Drive, européens et japonais, passent parfaitement sur la portable, mais il faut se méfier des cartouches sorties dès 1993. C'est en effet à cette période que SEGA a commencé à les zoner. On note également de vrais problèmes avec quelques jeux (notamment X-Men qui oblige à un Reset à un moment précis... mais la Nomad n'en possède pas). Bien entendu, il est toujours possible d'utiliser une cartouche universelle qui permet de dézonner les différents jeux. Personnellement, je possède la Mega Key 3 et elle fonctionne très bien. C'est toujours sympa de s'adonner à de véritables cartouches françaises sur Nomad. 

Comme à son habitude, SEGA voyait grand, sans doute trop. Si l'écran est de qualité (sans être au niveau d'une PC Engine GT), il est bon de savoir que celui-ci aurait pu être... tactile. C'est une piste imaginée par les ingénieurs à l'époque, mais le coût de production aurait été colossal. Cela n'a pas empêché la boite de Sonic de passer un contrat de 50 000 écrans par mois avec le fabricant Citizen. C'est en tout cas ce que rapportent certaines indiscrétions. Malgré sa légère rémanence, l'écran LCD est vraiment agréable mais pose de petits soucis avec des titres à l'animation rapide. On a parfois du mal à lire le déplacement des protagonistes. Heureusement, il est possible de régler la luminosité et le son via des molettes prévues à cet effet. Il n'est pas étonnant, également, de retrouver le concept même du Mega Jet. Ainsi, un port contrôleur permet de brancher une manette et la console peut être reliée (via les câbles de la Mega Drive II ou SEGA Pico) à un téléviseur. Toujours rigolo !



Pour les déplacements, il est possible d'utiliser des piles (6, là encore) grâce au compartiment qui vient s'enficher à l'arrière. Reste que l'autonomie est au ras des pâquerettes, même avec les piles d'aujourd'hui. Il faut également prendre garde, en jouant, de ne pas faire de mouvements trop brusques. La cartouche est facilement accessible et ressort, et il arrive parfois qu'en bougeant, l'image se bloque. Plutôt rageant quand on est rendu au dernier niveau... et que le jeu n'a pas de passwords. 

La Nomad est une portable unique et il est assez génial de redécouvrir ses jeux Mega Drive et Genesis sur cette machine. Blotti dans son lit, à s'éclater sur Tiny Toons, je vous assure que c'est le bonheur ! On raconte qu'un prototype PAL a été conçu mais cela reste à prouver. Quoiqu'il en soit, cela reste une portable grandiose, en 60 Hz, avec une prise en main au top. Au risque de faire hurler les collectionneurs, j'ai payé la mienne 75 dollars... et je ne le regrette décidément pas ^^

La Nomad a tout d'une grande ! Je précise que j'aimerais un jour changer l'écran pour gagner en qualité (les vidéos sur le net sont étonnantes) et j'en profite également pour signaler que l'EverDrive Mega Drive fonctionne parfaitement dessus. 

2 commentaires:

  1. Sympa la présentation. =)

    Je suis étonné, j'ai toujours pensé que le boîtier pour les piles était vendu séparément comme les autres accessoires qu'on peut le voir sur verso de la boîte.
    Je confirme que le jeu (i.e. le vide) au niveau du port cartouche est pénible, surtout avec un adaptateur type Mega Key 3, même avec une pile de sauvegarde car, comme cela m'était aussi arrivé avec Phantasy Star sur Game Gear, j'ai eu une sauvegarde corrompue vers la toute fin de Landstalker. J'ai heureusement pu finir le jeu mais tout buggé. Mais peut-être est-ce exacerbé par le fait que ma Nomad a vu son port cartouche limé pour recevoir des cartouches japonaises. Ça ne doit pas aider, non plus. ^^

    À noter que, autre différence, la Game Gear possède également un son stéréo, a contrario de la Master System.

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  2. Pour le son stéréo, c'est tout à fait exacte pour la Game Gear :) J'aurais dû le préciser. Du coup, je suis en train de me poser la même question pour la Nomad. La machine sort peut être du stéréo sur la TV, mais elle ne dispose que d'un haut parleur. Pour le port cartouche limé, c'est sûr que cela ne doit pas aider ^^

    Personnellement, j'ai réussi à obtenir le mienne à un prix redoutable mais je n'ai pas de boite et encore moins de boitier pour les piles. Le seul souci que j'ai, c'est un mauvais contact au niveau de l'entrée du transfo mais rien de méchant. Pour le reste, c'est du tout bon ! :p

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