19 mars 2014

Test - Titanfall - Xbox One


Ce test est également disponible sur www.total-manga.com

Éditeur : Electronic Arts
Développeur : Respawn Entertainment
Date de sortie : 13 mars 2014
"Encore un FPS en ligne". Voilà ce que votre serviteur s'est dit en découvrant le rejeton des anciennes pontes d'Infinity Ward. N'étant pas un grand spécialiste du genre, mais m'y essayant de temps à autre (notamment sur Battlefield 4), je dois bien admettre que la présentation vidéo de ce nouveau titre m'a laissé de marbre. J'avais beaucoup de mal à comprendre l'engouement naissant autour de cette production, malgré la présence des Titans ramenant à l'excellent Pacific Rim (tout le monde n'est pas de cet avis, c'est donc très subjectif). Certes, le jeu paraît alors nerveux et très bien fichu. Les sauts sur les murs, les bonds à l'aide d'un jetspack, les combats ultra rythmés, tout a été soigneusement étudié et semble s'adapter à tous les styles de joueur. Mais bon, à l'époque, je suis passé à côté et je n'ai guère suivi la communication autour du titre. Puis, lorsque la BETA du jeu est arrivée, je me suis dit que ça serait cool d'essayer et là... j'ai pris une véritable baffe.

En lisant cette intro, vous l'aurez compris : je n'ai rien d'un spécialiste des Call of Duty et autres Battlefield. C'est pourtant sur ce dernier que je parviens à tirer mon épingle du jeu, ou en tout cas, à ne pas crever bêtement au bout de quelques minutes passées sur le champ de bataille. Sur d'autres titres, en revanche, j'ai tendance à me prendre un headshot sans rien comprendre. Et croyez-bien que c'est insupportable, pour les novices ou non habitués des FPS (c'est qu'on n'a pas forcément le temps de passer des heures et des heures en ligne), de se faire dégommer aussi vite qu'on enfile un caleçon. Surtout quand l'adversaire est forcément avantagé par des armes plus puissantes, plus précises, des capacités améliorées, etc, etc. Et c'est justement l'une des très grandes forces de Titanfall. Le jeu d'EA s'adapte totalement à tous les joueurs en intégrant, en plus des joueurs humains, des bots gérés par l'intelligence artificielle. Et sincèrement, cela change tout, car tous les joueurs peuvent alors prendre du plaisir, sans risquer de se faire zigouiller dans la seconde. La raison est simple : ce ne sont que des joutes de 6 contre 6.

Petite escouade pour un max d'efficacité


Lorsqu'on arrive sur le champ de bataille, dans ces environnements qui s'étendent à perte de vue, on est accompagnés par une myriade de soldats prêts à nous épauler. Cette limitation de 6 joueurs contre 6 a fait débat mais elle s'avère beaucoup plus efficace qu'escomptée. En mélangeant ainsi humains et bots, les rixes en ligne prennent une autre dimension. De temps à autre, des capsules de bots s'écrasent au sol et permettent alors de renouveler les troupes de l'ennemi (et vice-versa). Ces respawn d'IA permettent ainsi de conserver une dynamique constante lors des batailles. La plupart de ces soldats peut s'apparenter à de la chair à canon, tant leurs réactions sont lentes. Il ne faut toutefois pas traîner pour réagir lorsque vous vous retrouvez nez à nez avec l'ennemi. Ce qui est génial, c'est de traverser les décors à vive allure, aligner les Spectres (sorte d'androïdes) et les autres Soldats pour ensuite arriver dans un couloir sombre et découvrir deux bots (de camp adverse) se mettre sur la figure. Dans l'absolu, ce n'est pas grand chose mais toute cette mise en scène participe à l'immersion. Que vous soyez dans le clan de l'IMC et dans celui de la Milice, vous allez en prendre plein les yeux ! Mais vaincre une IA une chose, défaire un joueur humain en est une autre...

Le mélange des ténors


Titanfall prend le pari de réunir de multiples expériences. Le protagoniste que vous incarnez est capable d'utiliser une foultitude d'armes et de capacités, tout en ayant des capacités bien supérieures à la normale. Grâce à un jetpack, vous pouvez ainsi passer de bâtiments en bâtiments en courant sur les murs ou en accrochant à chaque rebord. Toutes ces acrobaties font indubitablement penser à du Mirror's Edge, d'autant plus qu'il est possible d'effectuer des double-sauts. Ces facultés surhumaines donnent un pep's incroyable à l'action. Tout est speed, ultra nerveux et on en redemande ! Les heures passent à une vitesse folle et c'est généralement un très bon signe. Qu'on le veuille ou non, c'est une nouvelle manière de jouer (ou en tout cas une continuité d'un certain Brink) ! Et pourtant, malgré l'intensité affolante des combats, il est possible de jouer plus discrètement en se planquant et en utilisant l'une des différentes options qui s'offrent à vous (on y revient plus loin). Avec les pilotes (humains donc), les soldats, les Spectres, les Titans, les environnements sont totalement vivants et il faut reconnaître que l'on apprécie ces rares moments de respiration. Titanfall, c'est un mélange de Faith, de Call of Duty, de Battlefield et d'Armored Core. Le jeu a aussi le mérite d'intégrer une idée originale : une fois les mots DEFAITE ou VICTOIRE affichés, on vous informe qu'un vaisseau est sur le point d'arriver. Si vous êtes dans le camp des vaincus, vous devez fuir sans vous faire toucher et atteindre l'aéronef pour être évacué. Dans le cas contraire, vous devez éliminer tous les pilotes qui tentent de se faire la malle. Ce soupçon d'adrénaline supplémentaire est vraiment bien vu, d'autant plus que cette phase supprime tout respawn. Grisant !

Le Choc des Titans


Mais Titanfall ne serait rien sans ses Titans. Bon, dans un sens, il ne porterait pas cette appellation. En dehors des joutes au sol ultra rythmées, ces robots géants (qui débarquent du ciel de façon surprenante) apportent une dimension aussi spectaculaire que stratégique aux affrontements (lorsque vous prenez contrôle d'un Titan, la vue s'élève et donne l'impression d'être au cœur du cockpit). Au premier abord, on peut se croire en sécurité dans ces énormes bipèdes surarmés mais on se rend vite compte qu'il n'en est rien. En dépit de frappes logiquement plus puissantes, vous êtes toujours à la merci de l'ennemi. Les pilotes adverses peuvent ainsi grimper sur votre Titan afin de le pirater et la carcasse métallique peut aussi subir de terribles assauts (soit par d'autres Titans, ce qui donnent des combats démentiels, soit par des Pilotes, Spectres ou Soldats planqués... ou non). La raison : des moteurs, situés dans leur dos, sont de véritables points faibles. Lorsque les dommages sont importants, le Titan prend feu et les moteurs se mettent à rougir au bord de l'explosion. Dans ces cas-là, la fin est proche et il faut alors au choix s'éjecter (une aptitude ultra utile qui permet d'atteindre une hauteur vertigineuse pour déguerpir et se planquer ou contre-attaquer) ou utiliser la technique du dash (déplacement rapide ressemblant à une glissade) pour vous mettre à couvert. Bien évidemment, les Titans peuvent utiliser leur poings pour repousser l'ennemi (avec tôle et fracas) ou utiliser, comme les Pilotes, des armes et des aptitudes. Ce qui est plaisant, c'est que ces robots demeurent très maniables malgré leur lourdeur (que l'on ressent parfaitement). A notez qu'il est possible d'activer automatiquement son Titan, sans pénétrer dans le cockpit, en appuyant sur la touche directionnelle bas. Il se met alors en mode patrouille et attaque l'adversaire. Une habile manière de faire diversion, mais pas que. Mais encore une fois, ces Titans ne sont qu'une option supplémentaire (il est d'ailleurs possible de monter sur la carcasse d'un Titan appartenant à un autre joueur), et non une finalité en soit. Il est d'ailleurs possible de littéralement se faire éjecter de son Titan par un autre pilote. Les joueurs les plus aguerris vont donc s'en donner à cœur joie. Titanfall tabasse et offre des sensations inédites en matière de FPS en ligne.

Des hommes et des options


Après avoir parlé du gameplay, faisons le tour des possibilités du jeu. C'est probablement sur ce point que la grogne se fait le plus sentir. Dans la BETA, les joueurs ont pu s'essayer aux modes Attrition (match à mort), Point Clé (matchs avec des points de contrôle A, B, C) et Dernier Titan (comme son nom l'indique, le vainqueur est celui qui parvient à survivre avec son Titan). A ceux-ci, il faut ajouter les modes Capture de Drapeau (ça, tout le monde connaît, il faut piquer le drapeau de l'ennemi et le ramener dans son camp, tout en évitant que l'ennemi vole le vôtre) et Chasseur de Pilotes (vous êtes tour à tour chasseur et proie). Soit 5 modes, qu'il est possible de parcourir aléatoirement grâce au Pack Variété. Forcément, face à d'autres titres, ce contenu peut paraître limité. Mais pour les non-spécialistes, cela reste très correct, dans la mesure où ce sont généralement les modes Attrition et Point Clé qui sont les plus joués. C'est d'autant plus vrai que la marge de progression est très importante dans Titanfall, tout en étant assez rapide, ce qui s'avère fort plaisant. Le mode Campagne, en revanche, n'est qu'une succession de combats (mais cela permet de gagner de l'expérience). Les développeurs ont également agrémenté le jeu d'un vaste arsenal et de multiples options. Tout d'abord, les classes de Pilotes et de Titans sont au nombre de trois par catégorie : Fusilier, Assassin et Combat rapproché pour les premiers, Assaut, Blindage et Artillerie pour les seconds. Les approches (offensives, défensives ou noyau de propulsion pour les Titans) diffèrent et offrent donc de nombreuses possibilités. En outre, Titanfall fonctionne avec un système de cartes à activer (dans un deck prévu à cet effet) permettant d'accéder à un camouflage plus performant (ultra utile et utilisé par tous !), un radar plus efficace, une course plus rapide, etc. Les armes peuvent également être améliorées. Vous pouvez ainsi "personnaliser" les Pilotes et les Titans et sauvegarder vos options. Pour gagner de l'XP, il ne faut surtout pas dénigrer ces aptitudes. Côté arsenal, vous avez accès à des mitraillettes, des fusils à pompe, des flingues, des snipers, des armes anti-Titans, des grenades... Du très classique en somme, mais aussi très efficace !

Transition visuelle


Techniquement, Titanfall n'est pas un titre irréprochable. On note des ralentissements et, surtout, on a du mal à comprendre qu'EA n'ait pas exploité le moteur Frosbite 3 (qui équipe Battlefield 4). Ici, point d'immeubles qui s'écroulent ou changement de météo. Le jeu reste très propre, plutôt joli et bien animé, avec de superbes effets. Pour autant, on sent par certains aspects qu'il s'agit d'un titre cross-gen (autrement dit, bloqué entre deux générations). Le moteur Source Engine n'y est pas pour rien, c'est une certitude. Mais dans le feu d'action, très sincèrement, on en prend plein les mirettes et c'est bien ce qui compte. Qui plus est, les cartes (14 maps au total) sont, dans l'ensemble, vraiment réussies et différentes, certaines étant tout simplement divines. On trouve des zones côtières, des complexes industriels, des endroits désertiques, des couloirs futuristes et la direction artistique, de toute beauté, est épaulée par une ambiance ultra immersive. En s'inspirant des grands classiques, Titanfall parvient à fédérer grâce à un game design et un level design de haute volée. Les environnements fourmillent de passages secrets, de bâtiments sur plusieurs étages et distillent divers possibilités comme notamment des tyroliennes. Titanfall donne une leçon de gameplay, tout simplement. Après, on peut largement comprendre les doutes de certaines personnes, notamment les spécialistes des FPS. Le jeu semble taillé pour les DLC et il y a fort à parier que Respawn va ajouter de nombreuses cartes et sans doute des modes de jeux supplémentaires. On a aussi pu lire que le jeu se bloquait au niveau 50... ce qui est faux. En fait, il y a 10 Gen (qui se matérialisent sous la forme de plaques visibles près de votre pseudo) de 50 niveaux. Autant dire qu'il y a de quoi faire !


Si le jeu reste indubitablement coincé entre deux générations de machines, il faut reconnaître que Titanfall demeure impressionnant visuellement. On en prend plein les mirettes et c'est bien ce qui compte ! 




En dépit de quelques ralentissements, le jeu de Respawn affiche une animation qui dépote : ça pète dans tous les sens et les mouvements des Titans sont très réussis.






Les musiques et les bruitages immergent totalement le joueur dans cette ambiance "What the Fuck" ! Dommage que les voix en anglais ne soient pas sélectionnables, car elles sont bien supérieures à la V.F.





Une putain de leçon ! Ni plus, ni moins ! C'est une véritable démo de gameplay que nous ont balancé les gars de Respawn ! Plus jouissif que ce titre, tu meurs !

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