Prônant l’atmosphère des années 1990, 4PGP est un jeu de course qui rappelle de nombreux souvenirs. Réalisé par une petite équipe franco-japonaise, cette œuvre nous replonge à l’ère des premiers jeux de Formule 1 en 3D, Virtua Racing en tête. Plus qu’un hommage au titre mythique de SEGA, le jeu de l’éditeur 3goo signe le retour de deux grands noms : Kenji Sasaki et Tomoyuki Kawamura. Le premier n’est autre que le réalisateur de SEGA Rally (et SEGA Rally 2) tandis que le second a contribué aux musiques de SEGA Rally et Virtua Racing. Dès lors, vous comprendrez que ce brave 4PGP arrive sur le marché avec quelques arguments de poids.
Disponible depuis le 5 février dernier, 4PGP est un jeu de course qui nous ramène aux débuts de la 3D. À l’époque, l’URSS vient de tomber et les sociétés spécialisées dans la sécurité et l’armement, comme General Electric Aerospace, font face à un choc pour leur trésorerie. Afin de trouver de nouveaux contrats, elles décident de se tourner vers le marché domestique. C’est dans ce contexte que General Electric Aerospace, dont les ingénieurs ont conçu le premier simulateur de la N.A.S.A dans les années 1960, se rend chez SEGA avec l’espoir de collaborer. Coup de chance pour eux, le président de SEGA, Hayao Nakayama, est ouvert aux nouvelles technologies, tout comme l’un de ses fidèles « lieutenants », Yu Suzuki. Le créateur de Hang On, Out Run et After Burner est séduit par la proposition et voit la naissance d’un partenariat qui aboutit à la conception de la carte d’arcade Model 1. Capable d’afficher des éléments en 3D, la puce fait l’objet de multiples expérimentations en interne et devient le chef d’orchestre d’un certain Virtua Racing. Entièrement en 3D en temps réel, ce jeu de course va démocratiser cette technologie et poser les bases d’une nouvelle ère dans l’industrie du jeu vidéo.
Rassurez-vous, on revient à 4PGP, mais un peu de contexte ne fait jamais de mal. Virtua Racing est donc au mois d’août 1992 et il a scotché tout le monde avec son ambiance nerveuse, ses graphismes spectaculaires, son gameplay aux petits oignons et, surtout, sa fluidité qui dépassait l’entendement pour un titre de ce calibre. 4PGP est un hommage appuyé à cette œuvre historique de SEGA et les puristes de la première heure seront ainsi ravis d’apprendre que le jeu tourne en 60 images par seconde sur Nintendo Switch et jusqu’à 120 images par seconde sur Nintendo Switch 2. Sur cette dernière, le framerate reste élevé en mode 3-4 joueurs, avec 90 images par seconde. Mais voyons cela de plus près.
Le retour de deux pointures de SEGA
Fort d’une expérience de 20 ans dans le domaine du jeu de course, Jonathan Marole (Vision Réelle) s’est ainsi attelé à la conception de ce jeu avec l’appui de l’éditeur 3goo. Basé au Japon, il a été fondé par un français expatrié depuis 30 ans, ayant roulé sa bosse dans des magazines comme Famitsu ou Edge. C’est par ce biais qu’il a noué des contacts précieux avec de grands noms du jeu vidéo et qu’il a obtenu la participation de Kenji Sasaki et Tomoyuki Kawamura, entre autres. 4PGP, vous l’aurez compris, est donc un Virtua-Racing like avec tout le feeling des années 1990. Avec sa musique digne des bornes d’arcade de la grande époque, le bougre fait son effet dès les premières secondes !
Jouable en solo, en multijoueur en écran partagé, 4PGP exploite même les fonctions GameShare et GameChat de la Nintendo Switch 2. Par conséquent, il est tout à fait possible de discuter ou de profiter de l’expérience en utilisant les deux Nintendo Switch ! On a pu faire l’essai en famille et ça fonctionne très bien ! Sur le plan visuel, le titre est en 4K sur Nintendo Switch 2 (Full HD en mode portable) et en Full HD sur Nintendo Switch (HD en mode portable). Côté contenu, les développeurs ont mis le paquet pour proposer 19 voitures inspirées de véritables Formule 1, mais aussi 14 circuits du monde entier (avec versions inversées pour chaque tracé) et des modes classiques, mais efficaces : Championnat, Course rapide et Contre-la-montre.
Sans maîtrise, la puissance n'est rien
Avant de se lancer à l’assaut des circuits, un passage par le tutoriel s’impose. En effet, bien que le titre propose un mode d’assistance pour débutants, il est assez redoutable et exige de bien négocier les virages en appréciant les bonnes trajectoires. En parallèle, l’utilisation du boost – qui se recharge près des stands – doit être, lui aussi, bien exploité. Ces zones de recharge, qui rappellent F-Zero, sont aussi l’occasion de remettre en état les pneumatiques (qui s’usent) pour retrouver une bonne adhérence. Autant vous le dire de suite : la marge de progression est énorme et vos premiers tours ne ressembleront en rien à vos exploits une fois le gameplay bien maîtrisé. 4PGP est un jeu de course brut, à l’image des productions arcade des années 1990. Les sensations sont très bonnes et les bolides se pilotent avec une certaine aisance. Sachez toutefois que certains modèles, selon leur accélération, vitesse de pointe ou pilotage, demandent plus de maîtrise que d’autres. Pour réussir chaque championnat (Rookie, Novice, Vétéran et Expert), il va falloir s’accrocher !
Visuellement, le style de Virtua Racing est respecté et Jonathan Marole a veillé à proposer des environnements colorés, variés et vraiment agréables à l’œil. Que ce soit pour les effets sur le bitume, les ombres ou les lumières, on sent le travail bien fait. Par ses couleurs, le ciel rappelle même parfois les teintes utilisées sur les jeux Dreamcast. 4PGP est une œuvre vraiment authentique, diablement fluide et qui nous plongent dans les ambiances des salles d’arcade par son atmosphère et ses musiques. Il va de même pour le charme SD, un peu façon Micro Machines, des bolides proposés.
Au rayon des évolutions que pourraient fournir un patch, on doit souligner une intelligence artificielle qui a tendance à s’aligner sur un rail, ce qui manque de naturel. Un ajustement de la difficulté ne serait pas une mauvaise idée, car on souffre vraiment dans les stades supérieurs de celle-ci. Cela n’enlève en rien la qualité du jeu dans sa globalité.
4PGP est un hommage réussi de Virtua Racing. Sa direction artistique touche en plein cœur et on retrouve les sensations des salles d’arcade, mais sur nos Nintendo Switch. On attend la version PC avec impatience pour refaire un point sur cette mouture. Bravo aux développeurs pour cette passion qui se ressent à chaque tour de piste !




