22 déc. 2017

Assassin’s Creed Origins : l’Égypte et sa nouvelle merveille

Soucieux de relancer l’intérêt de la licence Assassin’s Creed, Ubisoft a décidé de briser le rythme des sorties annuelles pour prendre du recul et revenir avec un épisode innovant et digne des avancées technologiques actuelles. Pour nous immerger dans une Égypte antique plus authentique que jamais, les développeurs se sont entourés d’égyptologues et ont pris plus de trois ans à mettre sur pied cette superproduction. Réalisé pour les 10 ans de la franchise, cet épisode ramène aux prémices de la confrérie des assassins et nous fait vivre une aventure inoubliable, entre moments épiques et personnages historiques. Pas de doute, Cléopâtre a un sacré nez !


Après quelques heures d’une marche interminable, Bayek arrive sur les terres d’Alexandrie. Surplombant la ville, il reste de longues minutes à contempler la cité située à l’ouest du Delta du Nil. Majestueuse, mystérieuse, la capitale de l’Égypte antique se dresse devant le joueur et sidère par sa reproduction. Les équipes d’Ubisoft ont mis un point d’orgue à mesurer chacune de leurs décisions. Le héros, tout d’abord, est originaire de Siwa, une oasis située à la frontière libyenne. Désireux de marquer la complexité culturelle et la diversité ethnique du pays à cette période, le staff a opté pour un protagoniste noir afin d’éviter les clichés et le syndrome « acteurs blancs peinturlurés » des films historiques. Au fil de l’histoire, le joueur va ainsi découvrir les difficultés d’intégration mais aussi croiser des personnages emblématiques, tels que Jules César ou la divine (et très libérée) Cléopâtre. Avec un tel socle, on pouvait s’y attendre, Ubi n’a pas lésiné sur les moyens et offre un jeu d’une richesse stupéfiante.

Approche moderne

L’histoire de ce nouvel opus débute en 49 avant Jésus-Christ. Alors que l’Empire Romain se rapproche inexorablement, la grande Égypte vit ses dernières heures après plus de 3 000 ans de domination. Le héros, comme dans n’importe quel jeu de la franchise, va ainsi gravir les échelons en supprimant des ennemis de haut rang. Mais à l’inverse des précédents épisodes, Origins se veut bien plus proche d’un Witcher 3 que les Unity et autres Syndicate. À l’image du sorceleur ou de Link dans Breath of the Wild, le jeu propose une carte gigantesque, composée de différentes régions, qu’il va falloir arpenter en exécutant quantité de quêtes. Comme pour n’importe quel jeu du genre, vous aurez ainsi à effectuer des missions pour faire progresser l’histoire mais aussi suivre des objectifs secondaires visant à améliorer les capacités et l’équipement de votre héros. Si la plupart de ces défis annexes n’ont rien d’originaux (libérer un camp ennemi en tuant le capitaine, porter secours à des habitants, récupérer des trésors enfouis sous l’eau, chasser des animaux…), certaines s’imbriquent intelligemment à la trame principale et viennent étoffer l’univers du jeu. Vous aurez aussi à contrôler Senu, l’aigle de Bayek, afin de survoler des zones précises et débusquer des cibles. Le compagnon ailé de l’assassin a une véritable importance dans l’aventure mais on vous laisse la découvrir par vous-mêmes.

Égypte numérique

Assassin’s Creed Origins est une véritable performance visuelle et sonore. L’Égypte que vous allez visiter est absolument énorme et s’étend sur des kilomètres à la ronde, entre villages, dunes, pyramides, montagnes, canyons, temples ou encore cavités souterraines. Façonné en collaboration avec de véritables historiens, le monde imaginé par les équipes d’Ubisoft s’avère très fidèle à ce qu’était la terre du Sphinx à cette époque. À la fois colorée et luxuriante, la région était d’une beauté sans pareille. Les pyramides à la teinte blanche répondent à l’immensité d’Alexandrie et de son célèbre phare, reproduit le plus fidèlement possible grâce aux documentations. Il est aussi amusant de découvrir comment les personnages historiques, Cléopâtre et Jules César en tête, ont été traités. Là encore, selon les spécialistes, la Reine d’Égypte – bien loin de l’image qu’elle dévoile dans l’album d’Astérix – usait de ses charmes auprès des hommes et organisait des nuits de débauche avec ses fidèles. C’est en tout cas ce qui ressort lorsqu’on se penche sur les manuscrits romains la décrivant. À l’inverse, elle est décrite par son peuple comme une femme forte, politique, parfois cruelle et surtout comme une dirigeante. Il est donc fort intéressant de croiser sa route avant qu’elle n’accède au trône. Assassin’s Creed Origins est donc très fidèle à l’Histoire mais prend tout de même quelques libertés pour accentuer le côté spectaculaire du jeu. Ainsi, Cléopâtre est plus grande, la ville de Sirène possède une arène où se réunissent des gladiateurs venus du monde entier, les statues des temples sont bien plus imposantes, etc. Ceci dit, la reproduction est si impressionnante qu’un mode exclusif permettant de visiter l’Égypte Ptolémaïque sera disponible en 2018. Concrètement, le joueur pourra se déplacer sur la carte sans qu’il n’y ait aucun ennemi, ni mission, juste pour le plaisir de se rendre sur les lieux historiques afin d’en apprendre plus. On nous promet même des visites guidées virtuelles conçues par de véritables historiens. Cela promet et on a hâte de découvrir ça ! Mais si Assassin’s Creed Origins est somptueux, notamment sur Xbox One avec la résolution 4K et le HDR, on ne doit pas omettre ses autres qualités.


Évolution guerrière

Par rapport à ses prédécesseurs, Origins va plus loin dans son gameplay. Au gré de ses pérégrinations, le joueur améliore son niveau et peut donc accéder à des missions encore plus difficiles. Il est ainsi tout à fait possible de quitter votre zone de confort et d’effectuer des missions délicates avec un niveau plus faible mais c’est à vos risques et périls. C’est là qu’intervient le système de combat qui est bien plus étoffé et réaliste qu’il ne l’était auparavant. Outre la capacité de Bayek à porter plusieurs armes, le jeu propose des joutes épiques et moins téléguidées. Lorsque vous combattez un ennemi, ses potes ne restent pas à regarder bêtement mais attaquent pour aider leur camarade. De la même manière, leur intelligence artificielle couvre un terrain plus important et ils agissent de différentes façons selon la situation. Il faut donc être extrêmement prudent et jongler entre les multiples offensives pour s’en sortir. Libre à vous d’opter pour un coup rapide mais faible ou lent mais puissant. Vous aurez aussi à esquiver les armes d’ennemis imposants ou encore à parer pour contre-attaquer de plus belle. Assassin’s Creed Origins offre une large gamme d’armes (épées, arcs, masse…) et permet également d’affronter vos adversaires en restant sur votre monture, qu’il s’agisse d’un cheval, d’un chameau ou autre (on peut apprivoiser des animaux sauvages). Moins chorégraphié et plus réaliste, le gameplay du jeu d’Ubisoft a été longuement pensé et réfléchi et c’est une bonne chose.


Indispensable ?

Le jeu est d’une telle ampleur que tout n’est pas parfait. On recense quelques bugs et l’histoire, empreinte de vengeance, peine à nous emporter totalement. On peut aussi douter des séquences « modernes » qui n’apportent rien ou de certaines missions vraiment peu inspirées. Ne parlons même pas des expressions faciales (sérieux, le regard des perso est robotique) ou de la synchronisation labiale, pas vraiment au point en langue française (c’est beaucoup mieux en anglais). Mais sorti de là, Assassin’s Creed Origins est une claque absolue ! Dépaysant au possible, le jeu offre des panoramas à tomber à la renverse et jouit d’une luminosité (les effets visuels sont dingues !) stupéfiante. Il faut également souligner la qualité de la bande son, en adéquation parfaite avec la thématique égyptienne. Ses points forts sont bien supérieures à ses faiblesses et risquent de vous laisser une empreinte indélébile. Et pour celles et ceux qui sont fascinés par l’Égypte (il y en a beaucoup), le titre est tout simplement immanquable.

Conclusion du rédacteur : FANTASTIQUE

Depuis toujours, l’Égypte et ses mystères fascinent. On ne compte plus les reportages qui traitent de cette période et le jeu vidéo n’a pas échappé à cet envoûtement pour les pharaons et les pyramides. On a ainsi vu des titres comme Exhumed, Ankh, Pharaon ou encore la licence Égypte nous amener sur les traces de Ramsès II et Cléopâtre. Mais aucune des productions sorties jusqu’alors ne va aussi loin qu’Assassin’s Creed Origins. D’une fidélité bluffante avec cette époque, il nous immerge dans une aventure à la portée historique et symbolique inoubliable. Ubisoft a parfaitement réussi son pari et cette fresque d’une beauté hypnotique fera, à n’en pas douter, date. 

Points positifs :

C’est juste sublime

Un voyage touristique et historique

Combats plus intéressants

Durée de vie colossale

Map gigantesque

Direction artistique à tomber

Bande-son immersive

VF et VO efficaces

Le gap visuel sur Xbox One X

Le « Discovery Tour » à venir

Points négatifs :

Quelques bugs

Certaines quêtes peu inspirées

Le scénario peu passionnant


Éditeur : Ubisoft – Développeur : Ubisoft – Genre : Action/Aventure – Sortie : 27 octobre 2017 – Plateformes : Xbox One, PS4, PC

13 déc. 2017

Need for Speed Payback : Droit dans le ravin !

C’est un fait, la formule Need for Speed ne fait plus rêver. Et pourtant, pendant des années, cette licence était toujours attendue au tournant (ha, ha !) et laissé des souvenirs impérissables, que ce soit pour les amateurs de tuning ou les fans d’action. On se souvient notamment du grisant Need for Speed III : Hot Pursuit ou des nocturnes Need for Speed Underground. NFS, c’était pendant longtemps une institution mais la série est vraiment partie en drifts non maîtrisés et a fini par se crasher. Il y a deux ans, le Need for Speed nouvelle génération n’a pas vraiment séduit et c’est pour cette raison qu’EA a préféré mettre en sourdine, le temps d’une année, sa saga automobile. Disponible depuis novembre dernier, l’épisode Payback avait l’objectif et l’ambition de ramener cette dernière vers les sommets. Mais encore une fois, les débats font rage…

D’emblée, on peut le dire, Need for Speed Payback a été pensé pour le public américain. Attention, ce n’est pas du tout une critique. C’est juste que l’on retrouve les stéréotypes à la hollywoodienne avec les grosses bagnoles, la musique bien punchy (la bande son est très réussie) et l’exagération à la Fast and Furious. En l’état, pourquoi pas mais il faut avouer que l’ambiance peine vraiment à convaincre. C’est « too much » tout simplement et ce n’est pas la ville de Las Vegas, pourtant majestueuse et étendue qui renverse cette tendance. Et pourtant, les développeurs n’ont pas lésiné sur les moyens pour offrir de la variété. Des artères urbaines, on passe au désert, à la montagne et on tente de s’immerger dans un scénario solo qui sent bon la testostérone mais on n’y parvient malheureusement rarement. Il faut ainsi parler des doublages complètement ratés ou, au mieux, sans intérêt. Quand on voit le casting, il apparaît clairement que des indications ont été filé aux doubleurs au détriment d’un certain naturel. Et le résultat est sans appel : ça ne fonctionne pas ! C’est dommage car la carte est cool, variée et globalement bien foutue mais Need for Speed Payback échoue dans son souhait de nous surprendre.


Trop de défauts

Comme pour n’importe quel NFS moderne qui se respecte, on retrouve une map sur laquelle on peut se mouvoir en toute liberté. Au fil des escapades, il est ainsi possible de rejoindre différents challenges, de participer à des épreuves annexes, de suivre le scénario ou tout simplement de s’éclater à se faire flasher, à défier la Police ou encore à péter les nombreux panneaux planqués ça et là dans le décor. Sur le papier, il y a tout pour nous faire passer un bon moment. Mais la réalité, c’est que le jeu est indigne des standards automobile de cette année. Non pas qu’il ne soit pas beau, c’est même plutôt le contraire, il est entaché par une impression de vitesse ridicule, un level design peu inspiré (pas de hors-pistes, de grandes routes, pas suffisamment d’épingles, de virages corsés, etc.) et un pilotage arcade qui ne procure que peu de sensations. Le problème est là : c’est que l’habillage de Payback, franchement correct, est à l’opposé du feeling qu’il transmet manette en main.


Du farming trop pesant

Les défenseurs diront que les développeurs ont tenté d’innover, notamment via un système de cartes visant à améliorer les bolides, mais ça ne suffit pas pour tenir sur la longueur. Le jeu, en revanche, s’en sort vraiment pas mal lors des courses-poursuite avec la Police. L’intelligence artificielle est agressive et il faut se battre pour ne pas se faire arrêter. Malheureusement, le titre ne pérennise pas assez cette qualité et ce n’est pas l’atténuation des micro-transactions (le grand scandale du moment) qui améliore le ressenti global. C’est bien joli de créer une grande map mais il faudrait que les défis soient suffisamment intéressants pour happer le joueur. Là, on a l’impression de se taper des heures de farming fadasses et ça n’aide pas à changer notre regard sur ce NFS, surtout vu le passé prestigieux d’une telle licence. On ne parle pas d’un Paris-Marseille de Davilex mais bien d’un Need for Speed ! Testé sur Xbox One X, ce Payback est vraiment un crève-cœur car la réal’, sans atteindre des sommets, est franchement réussie et propose de très beaux plans et de chouettes modélisations. Mais vraiment, ça ne suffit pas. Surtout après une année de transition…


Conclusion du rédacteur : MOYEN


Noir, c’est noir, il n’y a plus d’espoir. C’est un peu le ressenti global qui nous anime après avoir passé de longues heures sur ce Need for Speed Payback. Sans être une catastrophe, le jeu ne répond, à aucun moment, à nos attentes. Même en se focalisant sur son feeling arcade, le titre de Ghost Games souffre de défauts trop voyants et nombreux pour être ignorés. Les caisses manquent de coffre et de poids, les tracés sont d’une fadeur absolue et l’ambiance stéréotypée n’aident vraiment pas à s’immerger. Vivement qu’on redonne les clés d’un jeu automobile à Criterion !


Points positifs : 

 

Gameplay accessible

Pilotage tout en drift

Une carte vaste et variée

Modélisations réussies

Plutôt joli visuellement

De beaux plans

Bande son ultra variée

Points négatifs :

 

Scénario et doublages ratés

Feeling arcade d’une grande platitude

Quelques imperfections visuelles

Trop de stéréotypes

Ambiance « too mush »

Trop de farming

Les tracés balisés et sans inspiration

Un NFS sans impression de vitesse, sans déc’ ?


Éditeur : Electronic Arts – Développeur : Ghost Games – Genre : Course – Sortie : 10 novembre 2017 – Plateformes : PS4, Xbox One, PC

4 déc. 2017

Gear.Club Unlimited : Un jeu d’arcade réussi sur Switch !

Pour les plus jeunes, le nom d’Eden Studios ne dira sans doute pas grand-chose. C’est pourtant l’un des acteurs historiques du jeu vidéo français puisque cela fait plus de vingt ans que le studio lyonnais a vu le jour. Ses créateurs, issus de l’école Infogrames, ont démarré sur les chapeaux de roues avec un titre phare de l’ère PlayStation : V-Rally. À l’origine, ce jeu de course devait être une simulation de F1 (appelée V-F1) mais un certain Formula One leur a barré la route par surprise. Un peu amers d’avoir été trahi par Sony, ils ont alors décidé de passer des monoplaces aux bolides tous-terrains. V-Rally, acclamé par la critique en Europe, a été un beau tremplin. Presque dix ans plus tard, ils ont signé une nouvelle licence forte avec Test Drive Unlimited dont le dernier épisode date de 2011. Aujourd’hui, ils reviennent avec une cartouche exclusive à la Nintendo Switch : Gear. Club Unlimited ! Et comme vous allez le voir, ils n’ont rien perdu de leur « patte ».

Intitulé Gear.Club Unlimited, le jeu n’est pas inédit dans le sens où il est avant tout une réinterprétation de Gear.Club, une production parue sur smartphones et tablettes en 2016. En zieutant les forums de France et Navarre, on a d’ailleurs pu remarquer que les haters et trolls (vous savez, ceux que l’on aime appeler par des noms d’oiseaux) se sont fait une joie de dégommer ce jeu de course avant même sa sortie. Pensez-vous ? Un jeu de bagnoles arcade ? Et sur Switch en plus ? Il y a de quoi se marrer ! Les pauvres, ils ne savent pas ce qu’ils ratent…


La fibre du passé

Pour concevoir cette adaptation, les développeurs lyonnais se sont appuyés sur leur expérience passée. On retrouve ainsi le socle des Test Drive Unlimited et son système de map avec de multiples zones à débloquer. Mais avant de nous attarder sur le contenu du soft, parlons gameplay. Gear.Club Unlimited n’a pas la prétention de venir se frotter aux monstres que sont Forza Motorsport, Forza Horizon, Project Cars ou encore Gran Turismo. Assumant totalement son côté arcade, il a pour but de vous placer dans des bolides ultra maniables, fonçant à toute vitesse à travers des paysages variés. Dans l’esprit, on retrouve un peu – mais sans le principe d’étapes – le feeling du formidable Out Run 2 (ou sa séquelle Coast to Coast). C’est fun, ça va vite, on prend un pied monstre à glisser dans les virages et c’est clairement l’un des intérêts du jeu. Certes, les joueurs habitués aux productions modernes seront surpris par le nombre limité de caisses (une trentaine sous licence, toutes avec un comportement routier différent) mais Gear.Club Unlimited n’a pas besoin d’un garage très fourni pour se révéler grisant. Avec lui, les sensations de vitesse sont garanties du début à la fin !


Un habile système de customisation

Issu du monde mobile, Gear.Club surprend par son habillage et son performance shop. Sous ce nom se cache en fait le garage que vous pouvez entièrement customiser. Au fil des victoires, vous accédez à des ateliers (rallye, peinture, pneumatiques, cosmétique, carrosserie…) ou encore à des objets de déco. Vous pouvez ainsi préparer vos bolides de la meilleure des façons mais aussi personnaliser le lieu où vous conservez les voitures que vous utilisez le plus. Au départ, on a un peu l’impression qu’il s’agit d’une feature « gadget » mais on se surprend à passer des heures à changer de déco, à ajouter un drapeau, une plante, un distributeur, un canapé, etc. Cet aspect custom, en plus d’être très bien fichu, est diablement efficace ! Que vous soyez mécano ou décorateur, vous trouverez votre bonheur ! Il faut aussi souligner que le passage par le Performance Shop deviendra obligatoire au bout d’un moment, ne serait-ce que pour adapter votre bagnole à la difficulté exponentielle des courses.


Pas mal d’heures de jeu

La carte du jeu étant assez grande, il vous faudra pas mal de temps pour compléter l’ensemble des 400 courses. Malgré son accessibilité, le titre d’Eden demande bons réflexes et n’est jamais avare en virages serrés. Même si certains tracés sont très courts, le rythme est toujours soutenu, le level design est souvent excellent et on regrette finalement que les temps de chargement ne soient pas plus rapides. Côté dépaysement, Gear.Club ne se moque pas du joueur. Vous aurez ainsi à traverser des zones désertiques, des décors côtiers, de petits villages, des dénivelés montagnards, des forêts, des canyons, des ponts, des tunnels… il y a vraiment de quoi faire ! Pour en rien gâcher, le jeu propose également un mode multijoueur local (pas de courses en ligne hélas) pouvant accueillir jusqu’à 4 participants. En ces temps de soirées solo connectées, cette option est loin d’être anodine pour les familles nombreuses.


Une technique en retrait

Comme on pouvait s’y attendre, les développeurs n’ont pas eu beaucoup de temps pour s’adapter au hardware de la Switch. Il suffit de prendre le jeu en main pour comprendre que les concessions ont été faites afin de privilégier la fluidité et la vitesse des courses. C’est une certitude, Gear.Club Unlimited accuse un certain retard mais il n’est pas non plus moche pour autant. Les aspects liés à la technique sont atténués grâce à la direction artistique, à la variété des paysages traversés et aux nombreuses couleurs et effets dont profite la production lyonnaise. Cela n’efface en rien l’aliasing ou le manque de détails mais il faut avouer qu’on n’y fait guère attention une fois en course.

Conclusion du rédacteur : BON

Malgré sa réalisation technique dépassée, Gear.Club Unlimited offre des sensations qui rappellent les hits des années 90. Très fun et rapide, la cartouche d’Eden Games offre à la Nintendo Switch son premier véritable jeu de course. À la fois varié, grisant et ultra accessible, il satisfera les amateurs d’arcade et celles et ceux qui recherchent un titre différent. En complément des cadors (Mario, Zelda…) de la console, c’est le soft parfait à demander sous le sapin ! 

Points positifs :

Habillage excellent

Le Performance Shop

Bonne impression de vitesse

30 caisses au pilotage différent

Le mode Carrière

Écran splitté jusqu’à 4

Animation fluide et rapide

Paysages variés

Difficulté personnalisable

Points négatifs :

Techniquement dépassé

Vue extérieure un peu trop proche du véhicule

Les chargements entre chaque course

Pas de ralentis

Pas de « véritable » jeu en ligne


Éditeur : Microïds – Développeur : Eden Games – Genre : Course – Sortie : 1er décembre 2017 – Plateformes : Nintendo Switch

21 nov. 2017

Même si la mascotte de Nintendo reste une valeur sûre, on ne peut pas dire que les dernières sorties du père Mario aient marqué les esprits. Certes, il s’agissait toujours d’excellents jeux, avec une vraie volonté de prôner le fun et les idées nouvelles, mais il manquait toujours un petit quelque chose pour atteindre les sommets des Super Mario 64 ou, plus proches de nous, des Super Mario Galaxy. En clair, malgré de très bonnes aventures, les joueurs réclamaient un véritable épisode canonique, capable de marquer toute une génération à lui seul. Depuis son annonce, chaque apparition de Super Mario Odyssey était l’occasion de découvrir un titre d’une générosité folle et beaucoup s’attendaient à un Super Mario 64 2.0, à même de tout renverser sur son chemin. Au final, il divisera peut-être par sa direction et ses choix mais Super Mario Odyssey est bel et bien une aventure démentielle qui fera date. 
Article disponible sur Joypad.fr

Ce satané Bowser a toujours le chic pour pourrir la vie de la Princesse Peach. L’affreux dinosaure (ou reptile, on ne sait pas trop) n’a rien trouvé de mieux que de s’emparer de la belle blonde pour l’épouser ! Mario a bien tenté de s’interposer mais n’a rien pu faire face à la puissance de son adversaire. Éjecté comme un malpropre, il se retrouve alors sans sa casquette et fait la connaissance de Cappy, un drôle de chapeau venu d’un pays lointain. Dans son kidnapping, Bowser a non seulement embarqué la demoiselle Pêche mais aussi la moitié de Cappy afin de l’utiliser comme couvre-chef de la Princesse. Mais un espoir subsiste : le gros lézard a besoin de plusieurs éléments d’importance que pour son mariage soit réussi. Cela laisse le temps à Mario et Cappy de le poursuivre avant qu’il ne commette cet acte odieux ! Vous imaginez, vous, des petits issus d’une telle « idylle » ?


Montre ta lune

Alors que les deux compères s’apprêtent à poursuivre le tas d’écailles, ils découvrent que leur véhicule volant est mal en point. Pour le remettre d’aplomb et mener à bien cette folle course-poursuite, le duo n’aura d’autre choix que de récupérer le carburant nécessaire à la bonne tenue de l’engin. Et ce carburant se matérialise sous la forme de lunes (de différentes couleurs selon les endroits traversés) qu’il va falloir débusquer. S’il n’en faudra qu’une dizaine ou quinzaine par monde pour poursuivre votre périple, sachez que le titre de Nintendo en contient, et ce n’est pas une blague, plus de 1 000 ! Autant dire qu’on est très loin des 120 soleils de Super Mario Sunshine pour ne citer que lui. Pour mettre la main sur ces précieux artefacts, le joueur devra fouiller chaque pays de fond en comble, jouer avec la caméra, visiter les recoins, entrer dans les bâtiments pour participer à des épreuves, pénétrer dans des grottes lugubres, parler aux habitants, se rendre aux boutiques locales, etc. Les possibilités sont extraordinairement étendues mais ce n’est qu’en maîtrisant l’improbable duo que vous prendrez conscience de la richesse stupéfiante de cet épisode.


Un duo fantastique

Nintendo ne fait jamais les choses comme les autres et ce Super Mario Odyssey est là pour le prouver. On sent que le gameplay a été réfléchi pendant des mois pour que chaque élément s’incorpore parfaitement dans le cadre de l’aventure. En se hissant sur le crâne de Mario, Cappy multiplie la palette originale des mouvements du moustachu. En plus des actions habituelles, le plombier est désormais capable de lancer son chapeau pour prendre le contrôle des individus et objets qu’il croise ou encore de l’utiliser comme arme ou trampoline. Cela donne lieu à des séquences absolument délirantes durant lesquelles le héros au gros pif va prendre, pêle-mêle, le contrôle de ses ennemis d’antan (Chomp, les Koopa, Bullet Bill…) ou de créatures diverses et variées comme un T-Rex ! En agissant de la sorte, le sauveteur de Peach profite des capacités de ses hôtes pour explorer chaque pays qu’il visite. Sous l’eau, par exemple, il suffit de s’emparer du corps d’un poisson pour nager en toute liberté et à pleine vitesse sans contrainte. Ou encore de se grimer en tank pour détruire des barricades ou un boss un peu trop coriace. En profitant de ce gameplay, les développeurs ont multiplié les idées et fait en sorte que chaque zone est une explosion de phases inédites et inattendues. Ainsi, à l’image de Super Mario Galaxy, qui jouait sur le principe des planètes, Super Mario Odyssey est une ode à l’inventivité et la créativité. Les situations se renouvellent à une vitesse dingue (Mario en bouche d’égout, Mario qui utilise les fils électriques pour se déplacer…) et il y a toujours mille et une façon d’atteindre son but. Si bien qu’on ne décroche tout simplement pas…


Voyage, voyage

Nanti d’un gameplay absolument dément, Super Mario Odyssey peut également compter sur une profusion d’environnements et de pays à découvrir. Même si on retrouve les poncifs du genre plateforme (mer, forêt, montagne, etc.), le jeu parvient toujours à nous surprendre par son écosystème et les autochtones de chaque zone. Chacun des pays répond à des coutumes et des manières de vivre qui sont différentes, si bien que l’exploration en devient forcément dépaysante et surprenante. Ne vous étonnez donc pas d’arriver dans une zone désertique faisant référence au Mexique mais où il fait affreusement froid. Le jeu de Nintendo manipule les codes et les références et se fait un malin plaisir à triturer dans tous les sens nos habitudes de joueurs, que l’on soit novice ou converti depuis de longue date aux escapades numériques. En ce sens, le titre du jeu ne manque vraiment pas : on participe à une véritable odyssée à travers un univers fascinant et d’une originalité juste incroyable, faisant la transition entre les pérégrinations rétro du bonhomme moustachu et ses aventures plus actuelles. Certaines séquences sont absolument cultes et il paraît improbable que vous ne soyez pas charmé par une telle débauche d’idées.


Dans le sillon de Breath of the Wild

Tout comme a pu le faire le dernier Zelda en mars, Super Mario Odyssey est une expérimentation continuelle (ne serait-ce que par les accoutrements hallucinanats que le plombier peut réunir) et on ne peut qu’applaudir un tel génie. Il suffit de repenser à la manière dont les niveaux rétro s’imbriquent dans l’univers 3D (nostalgie au summum avec musique chip-tune qui pète bien) pour tirer un coup de chapeau (ha, ha) à toute l’équipe de développement. Que ce soit dans l’eau, sur terre ou dans le ciel, Mario est capable de tous les prodiges et pas une minute ne passe sans que l’on soit surpris par la « Nintendo Touch ». Vous pouvez ainsi fouiller un buisson et en voir sortir un bloc entier de pièces qui se fait la malle ou encore découvrir un Captain Toad en vadrouille. Il sera aussi possible d’utiliser vos amiibo ou prendre le contrôle d’une fusée pour découvrir un endroit secret. Et que dire du niveau monochrome qui rappellera le fameux monde 8 de Super Mario Bros. ? Sans mentir, il faudrait un roman pour détailler l’intégralité des idées de ce jeu et on serait d’ailleurs curieux de voir le pavé que représente le cahier des charges d’une telle production.


Une DA d’orfèvre

On avait déjà eu un aperçu de la bonne tenue du titre dans les vidéos mais cela ne tarde pas être confirmé : Super Mario Odyssey comble avec intelligence sa faiblesse technique par une direction artistique fantastique. Les personnages (bons comme méchants) sont géniaux et chaque monde a été conçu avec cohérence et intelligence (New Donk City fait clairement penser à la ville de Sonic Adventure), en s’appuyant sur les capacités de la Switch. Les effets sont totalement réussis, les animations sont d’une souplesse folle et le jeu tourne comme un charme en mode docké comme en mode portable. Dans cette dernière configuration, il gagne en revanche en précision et beauté grâce à la taille de l’écran et le passage en 720p. Grâce à sa DA, Super Mario Odyssey est un jeu qui flatte la rétine (même si certaines zones pourront paraître vides, Nintendo ayant probablement privilégié la fluidité) et ne s’écarte jamais de son exigence. Au passage, il faut souligner l’excellente bande son qui vient clore une avalanche de superlatifs méritée. Non vraiment, si vous avez une Switch, c’est impensable de passer à compter d’un tel bonbon !


Conclusion du rédacteur : CULTE

Prenez les meilleurs Mario, mettez-tout dans un shaker et secouez le tout bien fort. Comme on pouvait s’y attendre, cette odyssée est un condensé des dernières escapades du héros de Nintendo. Généreux, ingénieux, surprenant et artistiquement au top, il entre sans problème dans la liste des jeux incontournables de ces dernières années. Grâce à son duo génial et sa farandole d’idées, Super Mario Odyssey s’apparente à un grand 8 dont on ne redescend jamais. Exploration, découverte, action, mini-jeux, courses… le jeu offre une variété hallucinante de gameplay et de surprises. Même après plusieurs heures, le joueur continue de découvrir des éléments inédits et se retrouve propulsé dans un tourbillon créatif qui ne s’arrête pas. Allez stop, foncez sans attendre, cet épisode est un pur chef d’œuvre ! Entre mars et octobre, on aura donc pris deux méga tartes sur la même console… le Noël de la Switch s’annonce épique !

Points positifs :


Direction artistique d’enfer

Le duo Mario/Cappy absolument génial

Bande son au top

Variété hallucinante de gameplay

Des idées et surprises en pagaille

Transition parfaite entre rétro et tendances actuelles

Plus de 1 000 lunes à récupérer

Les transformations

La garde-robe de dingue (ah, la casquette Famicom)

Animations excellentes

Points négatifs :


Pas assez de challenge

Se boucle en ligne droite assez vite

La nage, moins commode qu’auparavant


Éditeur : Nintendo – Développeur : Nintendo – Genre : Plateforme – Sortie : 27 octobre 2017 – Plateforme : Nintendo Switch