26 janv. 2022

Pokémon Diamant Étincelant : Un remake mignon en attendant Pokémon Arceus

Parus sur Nintendo DS en 2007, Pokémon version Diamant et Pokémon version Perle ont l’honneur d’une refonte graphique sur Nintendo Switch. Alors que se profile l’épisode Arceus, nous prenons enfin le temps de parler de ce remake qui rappellera bien des souvenirs à celles et ceux qui ont connu les prémices de la saga sur Game Boy. Comme dans les moutures précédentes, l’aventure met en scène le périple d’un jeune dresseur de Pokémon qui parcourt une région à la recherche des espèces les plus rares. Pour obtenir le rang de « Maître Pokémon », il va braver mille dangers et surtout affronter des professionnels. Remaster oblige, Pokémon, testé dans sa version Diamant Étincelant, n’est pas là pour bouleverser la formule. Mais qu’en est-il de son intérêt sur le long terme ?



Dès les premiers instants, les souvenirs remontent ! Si comme votre serviteur, vous passiez un temps infini sur votre Game Boy (à la lueur étouffante d’une lampe), le démarrage de Pokémon Diamant Étincelant (ou Perle Scintillante) ne devrait pas vous laisser insensible. Après avoir façonné votre personnage, vous vous retrouvez en terrain conquis : c’est-à-dire dans votre piaule avec la Switch branchée sur la télévision (oui, il faut bien vivre avec son temps). Peu après, vous rencontrez votre acolyte et débarquez au lac avec la ferme intention de trouver un Leviator rouge, un Pokémon très rare qui aurait été aperçu dans les eaux proches de Bonaugure. Sur place, vous tombez nez-à-nez avec le Professeur Sorbier et son assistante, mais vous vous apercevez qu’ils ont oublié une mallette. Malheureusement, à vous s’aventurer dans les hautes herbes, les ennuis arrivent ! Par chance, la mallette contient des Poké Balls ! Le début d’une longue aventure !


UN REMAKE FIDÈLE

Comme on pouvait s’y attendre, Nintendo a choisi de rester fidèle au jeu d’origine. Les personnages, les routes, les lacs, les bâtiments, les thèmes visuels… tout est un copier-coller de la mouture DS ! Lorsque le duo se fait attaquer, il découvre trois Poké Balls dans la valisette et c’est par ce biais – et non pas au cœur d’un labo comme lors des premières aventures – et que le joueur fait connaissance avec le Pokémon qui va l’accompagner. Qu’il s’agisse de Tortiplouf, Ouisticram ou Tiplouf, chaque Pokémon dispose de ses propres caractéristiques et il faut donc s’adapter à ces dernières lors des confrontations. Comme dans l’original, la trame se déroule dans la région de Sinnoh inspirée de l’île japonaise d’Hokkaido et toute l’intrigue est linéaire, à l’image des anciennes cartouches. La mise en scène demeure également classique et il ne faut pas s’attendre à être surpris par les évènements. Pokémon Diamant Étincelant n’est pas là pour moderniser la formule d’antan globale, à l’exception de son enveloppe visuelle et de quelques variations dans le gameplay.


UN LOOK DE DESSIN ANIMÉ

Ce qui saute aux yeux, c’est évidemment les graphismes. Les personnages et les décors sont extrêmement craquants avec le style Chibi, ou comme on disait dans les années 90, Super Deformed (SD). L’ensemble est coloré à souhait et on prend un vrai plaisir à se balader dans des environnements bucoliques avec notre petit avatar. Ici, ce ne sont pas les détails qui comptent, mais plutôt l’approche dessin animé ultra kawaii. On s’amuse des réactions des protagonistes et ça change vraiment de l’aspect 2D (un peu pixellisée) de la version originale. L’ensemble est cohérent, même si beaucoup pourront le trouver trop enfantin. Au-delà de ce design charmant, il y a surtout la « Nintendo Touch » qui fait toujours son effet. Le petit défaut que l’on peut glisser au jeu, c’est dans son manque de rythme. Même en accélérant la vitesse de défilement des dialogues, le tout demeure un peu trop mollasson. Il y a un côté « balade dominicale » qui peut agacer, y compris dans les combats de Pokémon. Ce n’est pas mauvais pour autant, mais du punch supplémentaire et un brin d’ambition artistique n’auraient pas été de trop. C’est vraiment du Pokémon en mode « pépère » et ça peut déplaire.


DU MULTI-EXP POUR UNE APPROCHE EN DOUCEUR

Pour faciliter la tâche aux joueurs, Nintendo a opté – comme pour les derniers épisodes – pour du multi-EXP. Si le joueur n’utilise qu’un seul Pokémon en combat et remporte la victoire, l’ensemble de son groupe de Pokémon gagne de l’XP. Cela permet de diminuer drastiquement le farming pour se concentrer sur l’histoire et les évènements. Par ricochet, la difficulté s’en voit impacter et il aurait peut-être fallu, pour les habitués de la licence, que cette feature soit désactivable. Ce n’est pas le cas. Bien évidemment, cela n’empêche pas Pokémon Diamant Étincelant et sa variante Perle Scintillante de proposer quelques passages un peu plus corsés, notamment à la fin. Côté nouveautés, outre les petites variations du gameplay, le jeu intègre des souterrains cachés qui permettent de capturer l’ensemble des Pokémon. Par ailleurs, la région de Sinnoh compte de nombreux lieux secrets pour faire des rencontres avec des PNJ et ainsi découvrir des Pokémon inédits. Il existe même un parc, le Rosa Rugosa, qui donne accès à des Pokémon légendaires. Et pour les adeptes de combats en ligne ou des échanges de Pokémon, cette version se dote d’un colisée, d’une station d’échange mondiale et même d’un Super Show Concours où il faut épater le public lors d’affrontements en répondant à cinq critères : Sang-Froid, Grâce, Beauté, Robustesse et Intelligence. Sans bouleverser sa formule, Nintendo a fait en sorte de gonfler considérablement le contenu de l’original et les joueurs en ont pour des dizaines et des dizaines d’heures s’ils veulent obtenir le 100%.


BON


Pokémon Diamant Étincelant (et Perle Scintillante) est une adaptation des plus honorables pour la Nintendo Switch. Bien que mollasson et finalement peu ambitieux sur le plan artistique, cet épisode reste fidèle à l’original paru sur DS. Les nouveautés dopent la durée de vie et l’ambiance guillerette fait qu’on passe un bon moment à arpenter Sinnoh à la recherche de Pokémon. La formule reste inchangée et le côté enfantin ne plaira pas à tout le monde, mais le jeu est une bonne porte d’entrée pour les novices avec son système de multi-EXP. Un complément idéal à l’excellent Pokémon Arceus qui se profile à l’horizon.

Points positifs :

Un concept toujours efficace

Le look SD de l’univers

Les nouveautés fluidifient la progression

Le multi-EXP, tellement pratique

C’est joli dans son style

Points négatifs :

Multi-EXP non désactivable pour les pros

Un rythme trop mou

Des efforts sur la mise en scène, mais ça reste plat

Éditeur : Nintendo / Développeur : Nintendo / Genre : RPG / Date de sortie : 19 novembre 2021 / PEGI : 7 / Support : Nintendo Switch

18 déc. 2021

Riders Republic : Sports extrêmes et monde ouvert !

.C’est peut-être un détail pour certains, mais fut un temps où les jeux de glisse, de sports extrêmes ou de disciplines saisonnières (type compét’ estivale de jet-skis) étaient omniprésents dans les rayons de jeux vidéo. Il suffit de reprendre l’historique de certaines machines pour découvrir dans leurs premiers mois d’existence des œuvres comme ESPN Extreme Games, SSX ou encore des titres liés aux J.O estivaux comme hivernaux. Certaines productions se sont d’ailleurs démarquées, au point de devenir indispensables. On pense par exemple à 1080° Snowboarding sur N64, à Coolboarders et Sled Storm sur PlayStation, à Steep Slope Sliders sur Saturn ou encore à Extreme Sports sur Dreamcast. Par la suite, la tendance s’est légèrement estompée et seules quelques œuvres ont réussi à marquer leur époque, notamment SSX. Aussi, quand Ubisoft a présenté une suite spirituelle de Steep, notre curiosité s’est fortement éveillée. Mais à vouloir chercher le fun à tout prix, ne sont-ils pas allés trop loin ?

 

Imaginez un immense de terrain de jeu où vous pouvez, au gré de votre désir, passer du vélo aux skis en passant par le scooter des neiges ou le wingsuit et vous obtenez Riders Republic. Profitant de l’expérience acquise avec Steep, les développeurs d’Ubisoft ont poussé le concept du sport extrême en gardant un seul et unique mot à l’esprit : fun. Volontairement arcade et grisant, le titre multiplie les clichés de la cool-attitude et invite à participer à toute une série d’épreuves dans un environnement aux multiples facettes. Maintenant qu’on a dit ça, on peut s’attaquer au contenu du jeu et surtout à son fond. Car il est bien connu que le fun débordant ne rime pas toujours avec plaisir de longue haleine.


MALAISE TV

Pour commencer, on va évacuer immédiatement la faute de mauvais goût dont souffre Riders Republic. À vouloir être trop « cool », le titre d’Ubi en fait (dix) mille fois trop dans ses dialogues et son ton général. Les voix sont rapidement agaçantes et l’overdose de mots comme « kiff », « ride », « coolos » est proprement ridicule. En optant pour cette approche, Ubisoft Annecy pensait peut-être toucher les ados, mais il est évident que les références utilisées ne parleront pas à ce public. Je mets peut-être les pieds dans le plat, mais je ne serais pas surpris que cette ambiance « too much » est une demande du département marketing – plus qu’un souhait des développeurs. Ce n’est pas possible autrement. Sans mentir, il m’est arrivé plusieurs fois de ressentir un certain malaise à l’élucubration du mec censé nous briefer. Et c’est vraiment dommage car pour le reste, Riders Republic assure vraiment le spectacle !

UN IMMENSE BAC-À-SABLE DE FUN

Dans la maîtrise des open worlds, Ubisoft s’y connaît et celui présenté dans ce titre n’a vraiment pas à rougir de ceux entrevus dans les autres productions de l’éditeur. Chaque secteur, qu’il s’agisse de la forêt, du canyon, de la montagne ou encore de la plaine verdoyante, est particulièrement réussi et les sensations, au cœur des rapides ou des descentes, sont grisantes. Visuellement, les graphistes ont vraiment fait un super boulot et le rendu global force le respect. Évidemment, lorsqu’on s’approche de certaines textures, on s’aperçoit qu’il n’y a rien d’exceptionnel par rapport à certaines productions du moment (comme l’expérience The Matrix Awakens), mais c’est franchement joli et il y a de magnifiques effets de lumière. Par conséquent, lorsqu’on découvre cette région pour la première fois, on n’a qu’une seule envie : tout explorer ! Et pour ce faire, il y a deux solutions, soit passer par le mode standard, soit s’adonner au mode libre. Ce dernier permet de se balader en s’essayant à toutes les disciplines, tandis que le mode principal s’apparente à une sorte de grande aventure à la Ubi. On passe ainsi de compétition en compétition en remportant des bonus et en glanant une foule d’étoiles et de points permettant d’accéder à des versions améliorées des véhicules ou des objets cosmétiques. On connaît désormais la formule et on ne peut pas dire que ce soit très original, mais Riders Republic a le mérite de proposer de nombreuses façons d’appréhender cette terre virtuelle, sur le sol comme dans les airs : vélo, skis, snowboards, motoneige, wingsuit ou encore rocket wing. À ces activités viennent ensuite s’ajouter des variantes complètement barjos comme des fusées aux skis ou encore du paramoteur (l’espèce de parapente avec un véhicule à grande hélice). Franchement, il y a largement de quoi s’amuser sans se prendre la tête, surtout qu’Ubi a eu la bonne idée d’intégrer des costumes délirants comme des têtes de pandas et d’ours ou carrément des costumes entiers de dinos ou de girafes ! Enfin, la bande-son regroupe de grands noms comme Green Day, The Offspring, Ice-T…) et les développeurs ont même ajouté des musiques de Noël façon grunge ou rock pour cette fin d’année 2021. En ce qui me concerne, j’ai surkiffé explorer les lieux en planant sur Moonlight Sonata de Beethoven, Air on a G String de Jean-Sébastien Bach ou Waterfall de Petit Biscuit.

TOUT SCHUSS

Maintenant qu’on a dit ça, que représente Riders Republic sur la longueur ? N’y a-t-il pas une lassitude à la longue ? C’est bien beau d’avoir un grand parc pour s’éclater, en s’adonnant à des compétitions, mais les développeurs ont-ils trouvé un moyen de prolonger l’intérêt de ce qui demeure un bac-à-sable ? Déjà, il est possible d’effectuer des figures en optant pour une approche très facile (en gros, deux boutons et atterrissage automatique) ou un peu plus réaliste (via les sticks). Cela apporte un plus dans le sens où chaque épreuve est complétée par des objectifs secondaires demandant de réaliser le tracé en un temps limité, de réaliser un certain nombre de points, etc. Par ailleurs, les compétitions étant assez basiques, les développeurs ont essayé d’innover en intégrant la Mass Race, une giga-épreuve regroupant pas moins de 64 participants ! Cette compét’ revient régulièrement et il suffit de rejoindre le point de ralliement, d’attendre la fin du compte-à-rebours et c’est parti ! Le seul bémol provient des collisions qui s’avèrent vite agaçantes. Il y a tellement de monde qu’il n’est pas rare d’être littéralement éjecté et il est ensuite quasiment impossible de rattraper le peloton de tête. Une erreur indépendante de la volonté du joueur suffit ainsi à flinguer la performance et il n’est pas rare que la moitié des joueurs quittent la compétition avant même la deuxième course. Mais bon, c’est tellement fun qu’on y revient sans cesse. Ubisoft a également eu la bonne idée d’ajouter plein de petites choses amusantes, comme des courses en noir et blanc ou des objets cachés (type un réacteur d’avion servant de rocket wing funky). En fait, Riders Republic est un jeu que l’on picore – parfois en y restant des heures – et qu’il est agréable de posséder dans sa ludothèque. Il ne change rien à l’univers du jeu vidéo, mais il est si fun et si exaltant qu’on s’amuse à explorer la zone pour tout débusquer, à participer aux compétitions en profitant de tout cet aspect social. On est constamment connecté aux autres joueurs et c’est plaisant de voir s’amuser tout ce petit monde en temps réel. La map instaure un réel sentiment de vie, y compris lors des courses où il n’est pas rare, en pleine descente, de croiser un groupe de cyclistes ou un rocket wing frôlant les arbres. Riders Republic, c’est tout ça à la fois : du fun, de la convivialité et une prise en main immédiate dans un univers ultra stylé et magnifiquement coloré (attention tout de même aux checkpoints jaunes avec des teintes orangées, c'est juste illisible). Dans son genre, et même si tout n’est pas parfait, on a tout simplement ce qui se fait de mieux. Oui, il y a encore quelques micro-transactions et Dieu sait à quel point je déteste tout ce monde parallèle du jeu vidéo (je ne parle pas de ces saloperies de NFT qui débarquent…), mais tant que ça ne vient pas perturber l’expérience, ça passe encore.



TRÈS BON

15 déc. 2021

Multi-tests : Marsupilami, Jurassic World Evolution 2, Cérébrale Académie, Let's Sing 2022 et Farming Simulator 22 !

 

À l’inverse d’Astérix, des Schtroumpfs ou encore de Tintin, certains personnages de bande dessinée n’ont jamais l’objet d’adaptations en jeux vidéo, tandis que d’autres n’ont fait qu’une apparition sporadique sur les consoles. C’est le cas du Marsupilami, l’animal imaginaire créé en 1952 par André Franquin et bien connu des amateurs de Spirou et Fantasio. À l’époque, SEGA a demandé à ses différentes branches occidentales de proposer des licences à adapter sur ses consoles. SEGA France a proposé plusieurs franchises et deux d’entre elles ont été retenues par le Japon : Astérix et le Marsupilami. Grâce aux BD envoyées au Pays du Soleil Levant, chaque série a fait l’objet d’extrapolation par les développeurs nippons (supervisés par SEGA France) et c’est ainsi que le célèbre gaulois et la créature jaune ont débarqué sur les consoles de la marque. Astérix et son acolyte ont eu un tel succès que de nombreuses suites ont vu le jour. Le Marsupilami, quant à lui, a dû se cantonner à une seule et unique aventure sur Mega Drive. Parue en 1995 sur la machine 16-bits, la cartouche « Marsupilami » est un jeu de plate-forme bien réalisé, rappelant par certains côtés le titre « Eek the Cat » et les Lemmings. Dans cette aventure, le joueur participe à des séquences de plate-formes et doit utiliser sa queue (prenant de multiples formes, comme un marteau ou un escalier) pour ouvrir l’accès à son pachyderme de compagnon. À défaut de posséder une bande-son inoubliable (c’est le moins qu’on puisse dire), le titre est plutôt bon, assez coriace et original. Jusqu’à aujourd’hui, c’était l’unique jeu Marsupilami.

Pour son grand retour sur consoles et PC, le Marsupilami a choisi d’emprunter des mécaniques à la Donkey Kong Country. Exit le concept à la Lemmings, Le Secret du Sarcophage est plus conventionnel et fera la joie des enfants et des amoureux de la plate-forme des années 1990. Conçu par le studio lyonnais Ocellus et reposant sur le moteur Unity, le jeu s’appuie sur la recette des titres de l’époque, à savoir que l’on se déplace sur une map composée de différentes îles répondant à des thématiques visuelles diverses. La progression est volontairement linéaire et on évolue ainsi de stage en stage jusqu’à atteindre le boss et passer à l’île suivante. Marsupilami : Le Secret du Sarcophage rappelle par de nombreux aspects les Donkey Kong Country ou, plus récemment, un titre comme Yooka-Laylee and the Impossible Lair (de Playtonic, les anciens de RARE). En plus d’être très jolie, l’aventure profite d’un gameplay simple et efficace. Outre le fait de courir et sauter, Marsupilami (ou l’un de ses deux compagnons, au choix) peut balancer sa queue pour frapper les ennemis ou se mettre en boule pour détruire les obstacles ou « labourer » le sol afin de dénicher des fruits ou de la vie. Il peut aussi effectuer une attaque sur le sol, s’essayer au saut mural ou encore s’accrocher avec sa queue. Toutes ces actions participent aux différents mécanismes mis en place par les développeurs, à commencer par les niveaux bonus chronométrés. En termes de structure, Le Secret du Sarcophage ne réinvente pas le genre (et c’est voulu !), mais l’adapte habilement aux aptitudes du personnage de Franquin. Le scénario est très simple, mais il est bon de rappeler que ça n’a pas empêché Donkey Kong Country d’être un jeu culte malgré un pitch reposant sur un vol de bananes. Ici, Marsu et ses amis ont fait une grosse boulette en ouvrant un sarcophage maudit et il faut maintenant remettre dans la boite le fantôme qui s’est échappé, semant le chaos autour de lui.


Très agréable, le jeu distille une chouette ambiance avec ses percussions/flûtes de pan/guitares et propose des niveaux au level design adapté pour les enfants. S’il se termine très rapidement en ligne droite (trois îles pour autant de boss), le jeu est parsemé d’idées rigolotes, comme les piafs qui remplacent les tonneaux de DKC (et qui vous expulsent) et fera passer un bon moment à nos petits. Même si on peut glaner un nombre énorme de vies, l’aide d’un adulte est conseillé lors de certains passages plus ardus, comme les boss ou les derniers stages bonus.

VERDICT : BON

4 déc. 2021

Yuzo Koshiro : Le compositeur japonais en interview sur Jeuxvideo.com !

En ce jour du 4 décembre 2021, j'ai le plaisir de vous partager ce long portrait retraçant la carrière de Yuzo Koshiro, l'un des compositeurs les plus célèbres du jeu vidéo japonais. En août dernier, je l'ai contacté pour lui proposer une interview et il avait gentiment accepté, en m'expliquant qu'il devait trouver le moment pour le faire. Il faut dire que le musicien, qui a débuté sa carrière dans les années 1980 sur PC-8801, est très occupé. Fin novembre, on a réalisé cette interview, ce qui m'a permis de rédiger cet article pour Jeuxvideo.com sur la création des musiques de jeux mythiques tels que The Revenge of Shinobi, Streets of Rage, ActRaiser, La Légende de Thor, Shenmue… Pour moi, ce papier a une saveur particulière. Il y a en effet près de trente ans, j'ai découvert Sonic the Hedgehog sur Master System et j'ai été littéralement renversé par la qualité de ce jeu et de ses musiques. Aussi, en assistant à la fin du jeu, j'ai noté deux noms : celui de Yuzo Koshiro et celui de sa sœur Ayano. 

Jamais je ne me serais douté, trois décennies plus tard, que j'allais parler avec le créateur de ce titre.

Bonne lecture ! :)

3 déc. 2021

Astérix & Obélix - Baffez-les Tous : La bonne grosse tarte au sanglier !


Traduit dans cent onze langues, la bande dessinée Astérix est l’une des rares à traverser les générations avec le même enthousiasme qu’à ses débuts. Bien évidemment, le ton de Ferry et Conrad est différent de celui de Goscinny et Uderzo, mais ça n’empêche pas Astérix d’être, à chaque sortie d’un nouvel album, dans les top ventes des objets culturels en France. Et on ne parle pas des films d’animation ou encore des longs-métrages, dont le cinquième, L’Empire du Milieu, sortira en 2023. Quant au jeu vidéo, cela fait très longtemps que le petit gaulois et son acolyte livreur de menhirs affichent leurs pixels ! Pour l’anecdote, le premier jeu Astérix est en réalité un jeu Taz qui a été modifié dans sa version européenne, et le créateur de ce titre n’est autre que Steve Woita, créateur de… Kid Chameleon sur Mega Drive. On parle ainsi d’un jeu Atari 2600 paru en 1983 ! Ensuite, les gaulois ont été déclinés sur les consoles SEGA, Nintendo ou même en arcade, avec un titre absolument époustouflant de Konami. Et pour ma part, j’ai toujours eu une affinité prononcée avec les adaptations vidéoludiques de bandes dessinées et j’ai passé, avec Astérix, des centaines d’heures sur mes consoles, qu’il s’agisse des jeux Infogrames ou SEGA. Autant dire que le premier trailer d’ Astérix & Obélix : Baffez-les tous m’a littéralement retourné le cerveau ! Eh bien, vous savez quoi ? Le nom n’est pas usurpé, ce jeu est une méga baffe ! 

Tout le monde l’a vu, on va donc commencer par ça : la réalisation de ce jeu tabasse ! Littéralement. Philippe Dessoly, Pierre Adane et leurs collègues ont accompli un véritable prodige. C’est bien simple, Baffez-les tous ! est un dessin animé interactif ! L’animation n’est pas réglée en 24 images par seconde, mais la souplesse des personnages et leurs mimiques est franchement de haute volée. Il faut voir nos deux gaulois se déplacer, courir, frapper, tournoyer, attraper les romains, leur en faire voir de toutes les couleurs, le tout avec une masse de petits détails complètement fous. Les corps se tordent, les boucliers valdinguent, les lances se plantent sur le sol en vibrant, les pompes des adversaires restent au sol et les tronches (que ce soit les humains, sangliers ou autres lions) prennent des airs à mourir de rire. En utilisant une technique traditionnelle, Mr Nutz Studio est parvenu à capturer toute la quintessence de l’univers des gaulois, qu’ils s’impatientent, qu’ils s’agacent, froncent les sourcils ou, tout simplement, qu’ils mettent des baffes ! Difficile de ne pas sourire lorsqu’Obélix attrape un romain, lui met quelques tartes avant de le faire décoller à la verticale. Le constat est le même lorsqu’il chope son vis-à-vis pour le fracasser au sol, à droite et gauche (et réciproquement), à grande vitesse. 

Astérix & Obélix : Baffez-les tous aurait voulu rendre hommage au monde de la bulle et de l’animation qu’il n’y serait pas pris autrement. Et encore ! On ne vous a pas parlé des environnements et des évènements qui sont liés. Lors du travelling au début du jeu, on se croirait à l’ouverture des 12 travaux avec ses papillons, son lapin, son écureuil, ses sangliers, etc. Il y a souvent de petites animations en arrière-plan, comme les vagues qui viennent se fracasser sur les rochers, les navires égyptiens qui passent sur le Nil, les flammes des torches qui viennent lécher les murs de la Tour de Londinium ou la brume qui nappe l’écran. En choisissant des albums aussi forts qu’Astérix chez les Bretons, chez les Normands, en Hispanie, en Corse ou encore Astérix et Cléopâtre, les développeurs avaient beaucoup de matière pour proposer des décors variés et ils ne se sont pas fait prier. Des forêts de Gaule aux côtes et villages bretons (l’Angleterre hein) en passant par les montagnes de Corse ou les pyramides d’Égypte, le jeu est un grand atlas qui fait voyager ! Les couleurs resplendissent à l’écran, le rendu est superbe (sur écran 4K ou Switch OLED, ça défonce) et le tout tourne sans broncher à 60 images par seconde ! Maintenant, qu’en est-il du gameplay ?


TIREZ-VOUS LES MOUSTACHES

Les membres du studio Mr. Nutz sont indéniablement des fans du Astérix de Konami. Dans les mécaniques, on retrouve de nombreux éléments du hit japonais (quand on sait que les Japonais ont extrapolé de leurs propres chefs les albums, ça calme). Dans les faits, le jeu propose un condensé de baston, de mini-jeux et d’affrontements contre des boss. Que l’on choisisse Astérix ou Obélix, chaque personnage détient une série de coups simples (en tapotant à plusieurs reprises le bouton d’attaque standard), mais aussi des frappes plus puissantes qu’il faut utiliser à bon escient. En effet, à mesure que l’on frappe l’ennemi, une jauge composée d’éclairs se remplit et permet d’accéder à divers coups spéciaux. Coups de poing ou chopes particulières, ce bon vieil Obélix est celui qui a le panel le plus développé et l’envergure la plus importante, mais il est bien plus lent que son petit compère. Astérix est en effet plus efficace dans le lancer d’ennemis (absolument vital pour progresser), mais son coup spécial se résume à une sorte de tourbillon.

Chaque protagoniste se joue donc de manière différente et dispose de ses qualités et défauts. Ce que l’on retient des longs moments passés avec le jeu, c’est que le challenge (y compris en mode facile) est au rendez-vous ! Les ennemis débarquent de tous les côtés et il n’est pas rare de se faire surprendre par leurs patterns vicieux, notamment les lanceurs qui se collent à l’écran opposé à vous pour vous surprendre à distance ou les brigands qui font tournoyer leurs poings. Les boss, à l’inverse, ne sont pas bien difficiles et ils n’ont rien de très originaux, que ce soit dans leurs démarches ou attaques. Par sa profusion d’ennemis, le titre de Microids oblige le (ou les joueurs en coop’) à réfléchir pour contourner les opposants. Petit à petit, on découvre des techniques qui fonctionnent bien, comme le fait de faire tournoyer un romain pour qu’il fracasse ses partenaires ou encore l’éjecter afin qu’il fasse ricochet sur les planqués du coin de l’écran. Il est aussi fort utile de charger en courant pour se débarrasser d’envahisseurs un peu trop collants. Comme il n’est pas rare de se faire encercler et d’être submergé par des armées de romains, brigands, pirates ou autres vikings, on en vient à développer diverses techniques, même si l’approche reste très simple. Car il ne faut pas se tromper de cible, Astérix & Obélix : Baffez-les tous est un hommage au beat’em up des années 1990, mais il n’est pas aussi varié que celui de Konami. Il y a certes quelques mini-jeux de chasse aux sangliers ou de la course, mais ces phases sont franchement anecdotiques et n’apportent rien à une œuvre qui sait se satisfaire de ses séquences de combat. Les développeurs ont choisi de miser sur une coopération exigeante, dans le sens où la partie est perdue dès qu’un joueur arrive au bout de sa jauge de vie. Il faut donc constamment s’entraider et résister aux vagues d’ennemis, jusqu’à trouver des tonneaux contenant des pommes appétissantes ou des sangliers et jambonneaux succulents. Pour le reste du loot, le jeu se limite à des sacs d’or et autres pièces pour péter le high score. Il y a également quelques obstacles, comme des barricades ou des rochers, à briser. Baffez-les tous est un jeu volontairement linéaire, mais qui se dévoile petit à petit grâce à des ennemis toujours plus résistants et vicelards. En mode solo, on peut intervertir à tout moment de personnage, mais là encore, il suffit que l’un des deux soit H.S pour perdre la partie.

IL NE ME RESTE PLUS RIEN, JE DOIS FERMER LA BOUTIQUE

Malgré sa qualité, Astérix et Obélix : Baffez-les tous, qui est le fruit de deux ans de travail intensif, n’est malheureusement pas parfait. L’un des principaux défauts réside dans sa rallonge artificielle de durée de vie. Certes, le titre propose plusieurs albums et près de 50 niveaux, mais on se tape beaucoup trop souvent des environnements boisés ou encore le bateau pirate (celui-là, c’est simple, il revient une bonne dizaine de fois avec quelques variantes de temps (journée, crépuscule, etc.). Le constat est le même pour la plupart des boss qui reviennent en boucle. Si cela peut se comprendre par les méthodes traditionnelles utilisées, c’est un défaut qui sautera aux yeux de beaucoup. Par exemple, il n’y a qu’un seul viking, là où les romains sont beaucoup plus variés. On aurait aussi aimé que la palette de coups d’Astérix soit au moins égale à celle d’Obélix, car son tourbillon est assez limité en coup spécial.

On regrette également que les cinématiques, qui sont en fait des scénettes sous forme de bande dessinée, ne soient pas plus vivantes. Cela tranche avec les dialogues parfois très drôles (et réussis) ou avec les musiques de toute beauté de Raphaël Guesqua. On sent que le compositeur, avec ce panel de lieux (Gaule, Hispanie, Égypte…) a été inspiré et certains thèmes sont vraiment extraordinaires. Entre les cuivres et instruments à vent de la forêt, les teintes orientales, la guitare latine ou la cornemuse celte, les musiques n’auraient aucun mal à rejoindre les films d’animation du petit gaulois ! Ceci dit, ces petites imperfections n’empêchent en rien les joueurs de s’éclater comme des petits fous. En termes de fun, on est loin d’un Astérix & Obélix XXL 3 qui, s’il n’était pas mauvais, manquait de panache, à la fois sur le plan ludique, visuel et sonore. On ne pensait pas dire ça un jour, mais le jeu d’arcade de Konami a enfin une alternative de qualité.