16 févr. 2017

Dragon Ball Fusions : Quand Son Goku rencontre Pikachu

Cela maintenant plus de trente piges que les aventures de Son Goku ont débuté. Plus de trois décennies durant lesquelles plusieurs générations ont découvert, tour à tour, les pitreries du personnage de Toriyama, son dur apprentissage et ses combats titanesques contre des forces du mal toujours plus balèzes. Forcément, avec une telle longévité, nous avons été littéralement abreuvés d’adaptations vidéoludiques plus ou moins heureuses. Dans un registre bien différent de celui de la licence Xenoverse, Ganbarion livre une relecture du manga japonais sur 3DS. Entre héros au look SD, affrontements au tour par tour et fusions fantasmées, cette cartouche s’inscrit dans l’air du temps tout en apportant son lot de nouveautés. Le programme était alléchant, nous sommes désormais conquis et on vous explique pourquoi.

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C’est maintenant une tendance. Pour éviter de répéter la même histoire ad vitam aeternam, les développeurs préfèrent opter pour une bonne vieille customisation de l’avatar. Ainsi, à l’image de Xenoverse, Dragon Ball Fusions débute par la création de votre personnage. Terrien, Saiyen, Namek… les possibilités ne sont pas très étendues mais offrent tout de même de quoi se démarquer du héros de son voisin. Côté scénario, il ne faut pas s’attendre à un pitch de haute volée puisqu’il est juste question, pour votre pote et vous, d’organiser le plus grand tournoi d’arts martiaux de tous les temps. En clair, il est question d’une compétition ultime réunissant les plus talents de l’univers. Dragon Ball oblige, nos deux compères font alors appel à Shenron et se voit catapultés dans un monde parallèle, où les failles spatio-temporelles sont légion. Vous l’aurez compris, cette astuce scénaristique va permettre la tenue de combats faisant référence aux rixes les plus célèbres de la série.

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Le club des cinq

Rapidement dans l’aventure, vous êtes rejoint par quatre personnages emblématiques : Goten, Trunks (jeune), Pan et enfin Goku (jeune). Ce mélange temporel permet la multiplication de scénettes amusantes, comme lorsque Goten rencontre son père alors qu’il n’est qu’un enfant. Dans ces conditions, on comprend mieux l’utilisation d’un cel-shading et d’un design SD (Super Deformed). Non pas que le jeu ne se prenne pas au sérieux mais il distille une ambiance si légère qu’on ne fait pas (trop) attention aux incohérences. Toujours est-il que votre groupe de loustics va devoir traverser de multiples zones, séparés par des portails qu’il faudra débloquer en récoltant un max d’énergie. L’approche linéaire se montre un peu décevante mais elle est toutefois atténuée par des combats vraiment plaisants.

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Shi-fu-mi !

Cela peut paraître étonnant mais ce Dragon Ball Fusions est basé sur le principe du « Pierre, Papier; Ciseaux », avec un système de recrutement rappelant les captures des jeux Pokémon. En clair, pour utiliser un combattant, il faut d’abord le recruter. Et pour cela, à moins que sa participation s’inscrive dans le scénar’, il faudra lui taper dessus en utilisant tous les moyens à disposition. Mais ici, il est absolument pas question de baston classique. Non, on se retrouve avec un bon vieux système au tour par tour avec l’utilisation d’une jauge et d’un menu. Ce dernier, vous vous en doutez, permet d’accéder à différentes techniques tandis que la jauge « Ultra » offre la possibilité de lancer l’attaque ultime « Zenkai ». Grâce à cet assaut, vous pouvez recruter votre adversaire (qui rejoint ainsi les rangs de votre « collection ») et surtout participer à un combat tactique dans les airs très sympa. Mais le vrai intérêt réside justement dans cette obligation de vaincre l’adversaire avec une attaque Zenkai, en prenant garde de ne pas vider entièrement sa barre de vie avec des attaques standard.

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Fuuuuuuuuu-sion !

Bien évidemment, l’attaque Zenkai n’est pas le seul intérêt de la cartouche. Avec 1.000 fusions au compteur et près de 170 protagonistes, Dragon Ball Fusions est une véritable pépite pour les collectionneurs en herbe. On s’essaye à des fusions parfois loufoques, parfois totalement surpuissantes et cette recherche perpétuelle du perso ultime fait qu’on passe des heures à expérimenter les différents pans du jeu. On cherche à obtenir un max de combattant, on fouille les lieux pour débusquer son guerrier fétiche… Dragon Ball Fusions peut se montrer très mais alors très chronophage. On soulignera également la présence de Fusion EX (via un bracelet, ces fusions sont la résultante de deux héros compatibles sélectionnable depuis le QG de Bulma) ou encore de petites idées amusantes comme le fait de pouvoir dégager un adversaire dans des éléments du décor (un Ring Out en somme) ou de projeter le rival sur un collègue pour que ce dernier lui colle une droite. Par ces multiples touches, malgré une histoire vraiment bateau, le titre de Ganbarion est bel et bien la surprise espérée.

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Conclusion du rédacteur : TRÈS BON



Bien réalisé et proposant les voix japonaises (avec des sous-titres français), Dragon Ball Fusions est un jeu avec l’esprit Pokémon dans l’univers de Toriyama. En dépit d’un scénario sans consistance, l’aventure mise tout sur son originalité et sa densité. Le nombre de fusions est colossal et on prend un énorme plaisir à arpenter les différentes zones à la recherche de ses persos fétiches. Les combats sont à la fois tactiques et rythmés et c’est avec un regard nouveau que l’on découvre cette relecture de l’œuvre originale par le studio Ganbarion. Du neuf avec du vieux pour une réussite certaine. Par contre, et c’est étonnant de le souligner, le jeu n’exploite aucune 3D stéréoscopique.



Points positifs :
  • Concept intéressant 
  • La classe des personnages fusionnés 
  • Certaines séquences vraiment drôles 
  • Coloré et bien réalisé 
  • Combats réussis visuellement 
  • 171 persos ! 
  • Zones variées
Points négatifs :
  • Pas de 3D stéréoscopique 
  • Scénario trop linéaire (et coup classique des portails) 
  • On passe rapidement sur les fusions à 5 
  • Certaines zones moins réussies que d’autres 

Éditeur : Bandai Namco – Développeur : Ganbarion – Genre : RPG – Sortie : 17 février 2017 – Plateformes : 3DS / 2DS

10 févr. 2017

Poochy & Yoshi's Woolly World : Un dino, des toutous et un jeu foufou !

Avec son gros pif et sa bonne bedaine, Yoshi est l'archétype du personnage agaçant. Si c'était un mec, son côté tout mignon et sa bouille craquante donneraient envie de lui coller des baffes ! C'est vrai quoi, il suffit de jeter un œil sur le regard de nos moitiés lorsqu'elles aperçoivent le dinosaure de Nintendo. Elles craquent immédiatement ! Tenez ma femme par exemple, elle ne joue qu'avec Yoshi sur Mario Kart et se jette aussitôt sur le perso dès qu'il est sélectionnable dans un autre jeu. Alors forcément, quand Yoshi's Woolly World est sorti sur Wii U, elle a passé pas mal de temps dessus. Avec la version 3DS, on pouvait s'attendre à un simple portage. Et bien non, Nintendo n'a rien trouvé de mieux que d'ajouter le petit chien ultra trognon du dino, Poochy ! Deux fois plus de possibilités de craquer ! Et je ne parle même pas du amiibo. Y a pas à dire, ils sont trop forts ces Japonais ! Et le pire, c'est que j'ai craqué à mon tour...




Forcément, avec un titre pareil, vous vous doutez bien qu'on est à des années-lumière d'un titre comme Resident Evil 7 ou même Nioh. Poochy & Yoshi's Woolly World est un jeu de plateformes dans la veine des Mario, avec tout ce que cela implique comme mécanismes et ficelles du genre. Première bonne nouvelle, l'intégralité du contenu de la mouture Wii est présente. On retrouve ainsi la totalité des niveaux de l'expérience sur console de salon avec ses innombrables secrets et zones cachées. Dans l'esprit, le jeu se marie totalement avec les productions signées Nintendo, aussi bien dans le level design que dans sa quête à l'exploration. C'est mignon, on évolue avec plaisir dans ce monde tout moelleux et il y a même de quoi être surpris par la durée de vie. Par rapport à son homologue DVD, les développeurs ont intégré un mode Relax qui permet de remplacer les célèbres œufs de notre ami verdâtre par une horde de petits Poochy (les Tipoochys). Plus besoin de se bastonner avec le nombre restreint d'œufs, les chiens à son pépère reviennent aussitôt après avoir été lancés et ils peuvent renifler des éléments cachés pour les faire apparaître au grand jour. Pratique !


Dino à tout faire

Mais ne vous détrompez pas, les Tipoochys ne sont pas la seule modif' du jeu. Que nenni ! Vous pouvez désormais vous éclater dans des niveaux appelées Rallye Poochy qui consiste en des parcours timés et avec plusieurs variantes (genre un Lakitu qui file sur son nuage et que vous devez courser en ramassant les items qu'il lance). Ce type de challenge supplémentaire est bienvenue, même si ça ne révolutionne pas l'expérience. Il faut également signaler (cette option existe aussi dans l'original) la possibilité pour Yoshi de se transformer. Moto, sirègne, Yoshi géant, avion, taupe... et même parapluie ! Poochy & Yoshi's Woolly World est un vrai bonbon, qu'il est préférable de déguster en prenant son temps. Les idées de gameplay sont géniales, l'univers est ultra coloré et immersif et on peut même confectionner son propre Yoshi. L'intégration d'un monde de laine est une trouvaille fantastique. 


Doux comme de la laine

Adapté à tous les âges, le jeu est un régal sur le plan visuel et sonore. Les capacités techniques de la 3DS s'adaptent parfaitement à un tel graphisme. Le rendu laineux est agréable à l'œil, les effets sont réussis et on se plaît à déambuler dans des environnements variés et soignés. Et que dire des musiques ? Elles sont l'œuvre de Tomoya Tomita, un vétéran de l'industrie (il a débuté sur Nemesis sur Game Boy, c'est dire), et de Misaki Asada, qui réalise ici ses premières compositions. Le duo de musiciens a fait un travail magistral : les thèmes musicaux sont un délice pour les oreilles et ils sont très diversifiés. Indéniablement, Yoshi est peut-être un aimant à nanas (en tout cas, la mienne) mais il est aussi capable de charmer jusqu'au plus bourru des gamers. Cette cartouche est un bonbon et si vous êtes parents, c'est l'assurance de faire plaisir à vos enfants (mais aussi à vous-même) avec un jeu drôle, coloré et attachant. "Chérie, c'est moi qui prend Yoshi sur Mario Kart dorénavant."



À moins d'avoir le jeu sur Wii U, on voit mal ce qui peut être reproché à ce jeu. S'il est vrai que le chien Poochy n'a qu'une utilité toute relative, tout le reste est soigné et on passe un très bon moment dans ce monde de laine. Les musiques, géniales, sont épaulées par des graphismes de qualité et l'aventure, aussi soyeuse que duveteuse, nous transporte par sa légèreté et son accessibilité. C'est sûr qu'en terme de challenge (à moins de vouloir tout boucler à 100%) il faudra repasser. 



Mais sorti de là, le petit dinosaure - et sa troupaille de toutous kawaii - démontre qu'il en a encore sous le pif et qu'il n'y a pas que Mario dans la vie. 



Points positifs : 

L'univers laineux réussi 
La 3D agréable 
Les musiques 
Plus kawaii, tu deads 
Jeu de plateformes abouti 
Les petites sucreries supplémentaires 
Le compagnon idéal pour les enfants 

Points négatifs : 

Je vais finir par être jaloux de Yoshi 
Rôle un peu inutile de Poochy 
Pas d'intérêt si vous avez la version Wii U 


Éditeur : Nintendo – Développeur : Good Feel – Genre : Plateformes – Sortie : 3 février 2017 – Plateformes : 3DS, 2DS

Resident Evil VII : Peur viscérale chez les Baker

Ma chère maman,

C’est ton fils qui t’écrit.

Quand tu recevras cette missive, je ne serai probablement plus de ce monde. En tout cas, le monde tel qu’on le conçoit. Mia, ma femme, m’a envoyé un message trois ans après sa disparition. Dans ma tête, tout s’est emmêlé mais il me fallait des réponses. Sans réfléchir, ou presque, j’ai pris ma voiture et j’ai roulé pendant des heures pour rejoindre la Louisiane et son célèbre bayou. Une fois sur place, le paysage était tel que je l’imaginais, avec ses grandes étendues d’eau, ses marais, ses cyprès et ses cheniers. Le décor, avec sa lumière tamisée, avait des airs de carte touristique. Malheureusement pour moi, pénétrer dans cette bâtisse a changé mon existence. À jamais…



En arrivant sur place, j’ai rejoint un sentier forestier avant de m’enfoncer dans une clairière et rien, dans mes premiers pas, ne pouvaient me préparer à ce qui m’attendait. Dans sa robe automnale, la forêt avait tout du parfait endroit pour se balader en famille… jusqu’à ce que je m’éloigne de la route. En chemin, j’ai été confronté à des rencontres peu communes. Après m’être débarrassé de quelques moustiques, j’ai avancé prudemment jusqu’à apercevoir un manoir, ou ce qui y ressemblait. C’est en ces lieux que Mia a effectué son travail de baby-sitting. Dire que je fus surpris est un euphémisme. Malgré le gigantisme apparent des lieux, tout respirait la caducité. Une grande et vieille bicoque délabrée s’élevait derrière une grille fermée à clé. Bloqué devant la bâtisse, il me fallait trouver un autre chemin. C’est alors que j’ai descendu un petit sentier et je suis tombé sur une étrange camionnette blanche.



Je ne comprenais pas. Qu’est ce qu’une équipe de tournage faisait dans un lieu pareil ? En me rapprochant, j’ai eu de sérieux doutes mais je ne pouvais abandonner. Mia avait besoin de moi. Près du véhicule se tenait du matériel de tournage ainsi que des documents éparpillés à même le sol. Prenant mon courage à deux mains, j’ai ouvert la porte coulissante de la camionnette et j’y ai découvert, apposé sur le siège arrière, une brochure. En réalité, il s’agissait d’une proposition de projet pour l’un des épisodes de l’émission Sewer Gators. Ce dix-septième épisode s’intitulait « S’introduire dans une maison fantôme en Louisiane ». Fantôme ? Cette maison ne peut être vide ! Mia y travaillait avant de disparaître ! Ne pouvant reculer, j’ai poursuivi ma route en passant devant un écriteau bizarre indiquant « Accepte ce don. » J’ai avancé et là… j’ai aperçu une silhouette au loin. J’ai continué mon chemin, l’homme avait disparu mais les lieux, pourtant horrifiants (un animal décharné, des scies circulaires accrochées dans les arbres…), m’ont persuadé d’aller encore plus loin. C’est ainsi que j’ai atteint un foyer encore fumant avec le sac de Mia et son permis de conduire. Ma femme ne pouvait être qu’à l’intérieur de cette maison, il me fallait des explications. Apeuré comme jamais, je suis entré…



Lugubre de l’extérieur, la maisonnée l’était encore plus à l’intérieur. Tout était vieux, sale, décrépi… les murs étaient lézardés, le plancher était cassé, tout n’était que crasse et nourriture innommable. Au départ, je me croyais seul mais j’ai vite compris qu’une famille vivait dans ce taudis. En montant au grenier, j’ai mis la main sur une cassette vidéo… que je me suis empressé d’aller insérer dans le magnétoscope du salon. Ce que j’ai vu… ne peut être raconté mais j’ai pu découvrir le triste destin de l’équipe du tournage de Sewer Gators. Ce visionnage m’a permis de comprendre qu’un mécanisme était caché dans la cheminée. Je me suis faufilé à l’intérieur de la trappe et j’ai pu rejoindre une petite salle allumée. Là, j’ai eu le bonheur de revoir ma femme, ma belle Mia, ma douce disparue depuis trois ans. Mais à son attitude, j’ai compris qu’il se passait des choses affreuses dans ce manoir. Elle semblait totalement effrayée. Je l’ai pourtant suivi mais elle se mit à perdre complètement la tête, devenant folle, m’attaquant avec tout ce qu’elle pouvait trouver de tranchant sous la main… J’ai… j’ai été obligé de me défendre… je suis retranché dans une salle, je ne sais pas ce qui va se passer désormais mais j’ai bien peur de ne jamais revoir la lumière du jour… J’ai réussi à écrire ce message et à le balancer par une fenêtre donnant sur la forêt. J’ai lancé avec le maximum de force qu’il me reste le papier en direction des arbres, je n’ai qu’à espérer que quelqu’un le lise, te le remette et appelle quelqu’un… Il se passe des choses anormales ici, Mia a parlé de « papa », il y a une famille qui agit de façon horrible ici… J’ai… J’ai vu une liste avec des noms de gens morts et qui ont muté… Je ne sais pas ce qu’il va m’arriver, je veux juste te dire que je ferai tout pour sortir d’ici. Mia est ici mais elle n’est plus elle-même… Vais-je devenir comme elle ? Seul le temps me le dira…



… mais je vais tout tenter pour sortir de cette maison de tarés.

Ton fils qui t’aime.


Voilà ce que j’aurais pu écrire si j’avais été dans pareille situation, à condition de ne pas être pétrifié de peur. Ce que je raconte par le biais de cette lettre fictive ne va pourtant pas plus loin que la première heure… mais la progression, lente, est un défi pour les nerfs. Pour Resident Evil VII, j’ai décidé, dès le départ, de m’imprégner de l’ambiance à travers le PlayStation VR. Dès lors que j’ai mis le casque sur la tête, il m’a paru impossible de repasser en « jeu standard ». Ce que vous allez vivre avec le jeu de Capcom n’a absolument aucun équivalent… que vous soyez habitués aux films ou aux jeux à tendance horrifique. C’est comme si vous vous retrouviez à l’intérieur d’un film, façon Blair Witch, dans un manoir type Resident Evil ou Code Veronica avec les jumeaux Ashford. Au départ, la bicoque semble vraiment petite mais il ne s’agit en fait que d’une dépendance. La bâtisse, en elle-même, est gigantesque. Lorsque vous pénétrez dans le manoir, Resident Evil VII prend tout son sens…


La peur au plus près

Avec la VR, on n’est pas devant son écran en train de flipper comme on le ferait devant un film. Non, on se retrouve à l’intérieur d’un film d’horreur, avec tout ce que cela comporte comme « jump scares » (les apparitions soudaines à glacer le sang), comme sons dérangeants et comme mise en scène à se taper une crise cardiaque. La famille Baker est juste… complètement tarée et capable de résister aux pires sévices. Et quand, casque sur la tête, on se retrouve à se planquer pour échapper à Jack ou à Marguerite, la tension n’a absolument aucun équivalent dans le domaine vidéoludique. Car les scènes, on les vit… littéralement ! On est à l’intérieur du manoir, on se retrouve à foutre des coups de couteau ou à tirer sur des créatures, on n’arrête pas de se pencher à chaque détour d’un couloir pour s’apprêter à se défendre en cas de surprise… et on hurle. Totalement.


Viscéral

Quand on parle de réactions viscérales, ce n’est pas une bêtise. Lorsqu’on se fait attraper ou qu’on prend des coups violents, ce n’est absolument pas comme voir un personnage se faire martyriser. Là, les coups, on ne les ressent pas mais c’est tout comme. Quand Jack, avec sa force herculéenne, vous soulève à deux mètres du sol et qu’il vous regarde avec ses yeux injectés de sang, l’immersion est décuplée. Les cris, on les pousse vraiment ! On flippe sa race comme jamais ! Ma femme m’a entendu hurler, elle est arrivée dans mon bureau en étant morte de rire. Car elle savait à quoi je jouais, je l’avais prévenu. D’ailleurs, il est préférable de prévenir vos proches avant chaque partie car ils pourraient vraiment se demander ce qu’il se passe… RE VII, par sa compatibilité totale avec le PlayStation VR et son retour aux sources, est une expérience absolument immanquable pour les fans de la licence. Mais pour cela, il est plus que préférable de faire la démo et de s’assurer de votre acceptation à la réalité virtuelle. On doit d’ailleurs souligner l’excellence de l’expérience. Les développeurs ont blindé le jeu en options et vous pouvez ainsi paramétrer la VR selon votre ressenti au motion sickness. C’est vraiment la voie à suivre pour les autres jeux VR.


Un Resident à l’ancienne

Forcément, avec une vue subjective, Resident Evil VII peut interpeler au départ. Mais très vite, on retrouve les codes de la série et on est totalement séduit par ce qu’on découvre. Les énigmes à base d’artefacts et d’objets à insérer sont toujours présentes et on se régale à arpenter les couloirs du manoir, en évitant (au maximum) les fous qui y ont élus domicile. D’ailleurs, cela va peut-être vous surprendre mais les moments d’action, avec des phases de combat, sont finalement bien moins nombreux qu’on pourrait le penser. À contrario, ils sont si intenses qu’ils laissent des souvenirs impérissables. Ce Resident Evil est un jeu avant tout d’ambiance mais son level design, sa gestion ingénieuse de l’inventaire et des munitions, son écriture maîtrisée font qu’on est happé. Du début à la fin, par sessions plus ou moins longues selon le niveau de tension supporté, ce RE colle une tarte.


Immersion totale

Techniquement, le jeu n’est pas irréprochable mais il est franchement super propre. Et celles et ceux qui craignent la baisse de résolution au PSVR peuvent se rassurer. Ce que l’on perd en finesse, on le gagne immédiatement en immersion. En réalité, ce jeu démontre qu’il n’y a pas besoin de graphismes hyper nets pour être scotchés en VR. Resident Evil VII est super bien foutu, très beau, bourré de détails et il suffit de pénétrer dans le hall principal du manoir pour s’en convaincre. Certaines zones et textures sont plus cradingues mais ça ne choque pas car l’ambiance, ultra dégueulasse, du jeu s’inscrit pleinement dans cette logique. Le manoir de Dulvey, par sa classe et son mystère, est un personnage à lui seul. Ethan Winters, quant à lui, n’a rien d’un membre d’une unité d’élite, c’est un mec comme tout le monde (bon ok, qui a un corps en titane quand même) qui n’a qu’un but initial : retrouver sa bien-aimée. Finalement, RE VII est un moment continuel de tension. Il n’y a que les salles de sauvegarde (qui font leur grand retour, avec le fameux coffre) qui vous permettent de souffler. Avant de ressortir et de continuer un périple qui va de surprise en surprise… et qui, après d’intenses hurlements, nous le confirme : Resident Evil, inspiré des premiers épisodes, est de retour et de fort belle manière. Il est cruel pour les nerfs mais que l’on aime ça !



Ma chère femme que j’aime, je m’apprête à allumer la PS4 pour jouer à Resident Evil 7. Par conséquent, si tu m’entends hurler, ne préviens pas les secours, cela ne reste qu’un jeu mais tu pourras continuer à te marrer en entendant les cris aigus de ton mari. Tu peux d’ailleurs profiter de ces moments car il faudra sans doute attendre un bon moment avant qu’un jeu d’horreur aussi abouti ne fasse son apparition. Une réussite monumentale, aussi bien pour les fans de la licence que celles et ceux qui aiment se faire peur. D’ailleurs, je ne sais pas ce qui s’approche mais… Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah (Mwahahahahahaha, rires lointains dans le salon).




Points positifs :
  • La flippe, la vraie
  • VR parfaitement calibrée
  • Level design redoutable
  • Narration et mise en scène réussies
  • Resident Evil de retour !
Points négatifs :
  • Aliasing prononcé en VR
  • Manque de variété du bestiaire
  • Doublage un peu caricatural parfois
  • Quid de la replay value ? (malgré le mode Survie)

Éditeur : Capcom – Développeur : Capcom – Genre : Action/Survival – Sortie : 24 janvier 2017 – Plateformes : PS4, Xbox One, PC

11 janv. 2017

[Vidéo] Making of Shenmue - V.F

Cette vidéo, incroyable, est un reportage de près d'une heure sur les coulisses de Shenmue. On pénètre ainsi dans les locaux de l'AM#2 et du building 3 acheté en 1998 par SEGA. On assiste à l'élaboration du jeu (certains passages montrent clairement Shenmue II) et on prend conscience de l'extrême exigence de Yu Suzuki. À découvrir sans plus attendre, ce reportage est indispensable pour tous les fans de SEGA.