30 mars 2021

Lost Words : Beyond the Page - Une page se tourne

D’abord sorti sur Stadia, le service connecté de Google, Lost Words : Beyond the Page se glisse jusqu’à nos consoles et PC pour nous conter l’histoire émouvante de Barbara, Izzy pour les intimes. Récompensée par plusieurs prix, dont celui du meilleur jeu indépendant à la Game Connection Paris, cette œuvre écrite par Rhianna Pratchett (fille du regretté Terry Pratchett et déjà auteure de plusieurs jeux à succès) souffle un vent de fraîcheur sur les jeux narratifs. Beau, émouvant et plein de légèreté, Lost Words devrait vous interpeler.


Après un tutorial très original se déroulant dans les pages d’un livre, le jeu nous immerge dans un conte coloré et mignon reposant sur les poncifs de la plate-forme. On peut sauter, s’accroupir, attraper une paroi, pousser ou tirer un bloc de pierre, etc. Mais si le titre porte le mot « Words », ce n’est pas pour rien, c’est en effet en utilisant les mots que l’on progresse, obstacle après obstacle. L’aventure est scindée en deux parties bien distinctes, chaque niveau est d’abord présenté sous la forme d’un récit dans lequel on se déplace en utilisant les mots pour reformer des évènements. Le stick gauche permet de contrôler le personnage tandis que le droit est un pointeur qui sert à attraper les mots pour les repositionner au bon endroit. Il arrive aussi que certains mots aient un « pouvoir » qui va directement impacter les pages du livre. Cette interaction avec le récit est subtilement mise en scène et certaines idées sont vraiment géniales, comme lorsque les lettres se retournent puis s’éparpillent pour marquer un évènement fondateur de l’histoire. La partie plus conventionnelle, quant à elle, ressemble à un jeu de plate-forme à l’ancienne auquel on a greffé des rébus. Concrètement, vous devez ouvrir le livre et prendre par exemple le mot « réparer » pour remettre le pont en état et continuer votre chemin. À mesure que l’on progresse, Izzy apprend de plus en plus de mots.


À la recherche des Lucioles

Jeu très calme, très posé, Lost Words joue avec les émotions car on y devine, en filigrane, ce qui se cache derrière la trame imaginée par la petite fille qui nous conte cette histoire. Ainsi, l’aventure émeut à plus d’une reprise car il s’agit ni plus ni moins, pour cet enfant, de relater, avec ses mots et son imagination, l’hospitalisation de sa grand-mère. Les dialogues de Rhianna Pratchett touchent la corde sensible et le monde d’Estoria, fictif, s’ouvre peu à peu au joueur. C’est d’ailleurs plutôt futé d’interpeler ce dernier en positionnant les phrases et mots au cœur même de l’environnement, cela donne de l’impact à un scénario qui est plutôt simple. Certaines personnes seront d’ailleurs peut-être gênées par le ton un peu trop scolaire de la narratrice. Si le jeu est sous-titré (plutôt correctement d’ailleurs), la voix en anglais a un peu tendance à agacer. L’autre problème vient de l’aspect répétitif de l’aventure et du fait que celle-ci peine à renouveler ses mécaniques, malgré une durée de vie express qui n’excède pas les quatre heures. C’est donc avant tout pour sa thématique et son écriture que l’on s’intéresse à Lost Words, son gameplay intervenant en filigrane et ne laissant pas de souvenirs impérissables. Les contrôles ne sont pas toujours optimaux et on a recensé quelques bugs (des scripts qui ne se déclenchent pas), obligeant à recharger une sauvegarde. Malgré cela, Lost Words est un jeu qui accroche grâce à sa direction artistique soignée et son propos très intime. Il aurait juste mérité, à notre sens, un peu plus de challenge et un rythme plus prononcé.


VERDICT DU RÉDACTEUR : BIEN


Émouvant et bien écrit, Lost Words est un jeu narratif qui assume sa qualité première : son récit. Calme et posé, il transporte le lecteur grâce à son écriture et sa direction artistique charmante mais aurait mérité à être un peu plus rythmé. Son concept intéressant et ses mécaniques bien huilées ne sauront faire oublier les quelques bugs entraperçus ça et là et son manque de rythme. Il n’en demeure pas moins qu’il est enfin accessible au plus grand nombre et qu’il serait dommage de passer à côté de son histoire poignante et profonde. Mention spéciale à la musique, absolument superbe.

Points positifs :
  • Une direction artistique soignée
  • L’écriture de Rhianna Pratchett
  • Un thème émouvant
  • Le concept des mots
  • La mise en scène originale
  • La bande son, magnifique
Points négatifs :
  • Des bugs obligeant à relancer la sauvegarde
  • Narratrice au ton trop scolaire
  • Animations perfectibles
  • Un gameplay passif et répétitif
Éditeur : Modus Games / Développeurs : Sketchbook Games – Fourth State / Genre : Plate-formes / Date de sortie : 6 avril 2021 / Nombre de joueurs : 1 / PEGI : 7 / Supports : PC, Switch, PS4/PS5, Xbox Series X, Xbox One, Stadia

16 mars 2021

Monster Energy Supercross 4 : Oh, le gadin, le gadin

Passé sous l’égide de THQ Nordic, le studio italien Milestone poursuit sa conquête des jeux de moto à un rythme effréné. Après MXGP 2020, Moto GP 2020, Ride 4, c’est au tour de la quatrième itération de Monster Energy Supercross de débarquer sur les plate-formes du moment. Testé sur PlayStation 5, le titre affiche de belles promesses et montre des qualités plus marquées que son prédécesseur. On a ainsi enfourché notre cylindrée pour retrouver les sensations des pilotes fonçant sous le crépitement des flashs et des effets pyrotechniques. Pour un plaisir décuplé ?


Monster Energy Supercross 4 est un jeu de moto certes, mais c’est surtout une simulation de moto-cross. Comprenez par là qu’il faut oublier (en partie) les longues évasions à travers la nature. Ici, le gros des courses se déroule dans des stades survoltés répartis sur l’ensemble du territoire américain. Première constatation, bien que la saison 2021 batte son plein, il faut se contenter des licences (pilotes, pistes et écuries) de l’année dernière, ce qui ne manquera pas de chagriner les puristes. Mais que ces derniers se rassurent, le titre de Milestone a quelques atouts sous son carénage.


Hey mais ça tape visuellement

Sur PlayStation 5, Monster Energy Supercross 4 fait preuve d’un certain caractère. On ne va pas vous mentir en disant que les tracés sont hyper variés (en même temps, dans des stades, c’est toujours plus difficile de marquer la différence) mais les développeurs ont bien bossé ! L’ambiance de la discipline est bien retranscrite avec ses effets pyrotechniques plutôt réussis. La physique des différentes surfaces est assez réaliste et on prend un certain plaisir à évoluer dans un environnement fait de crépitements de flashs et des hurlements du public. Bien sûr, ce n’est pas avec un jeu de cette envergure que les consoles next-gen vont être mises au sol mais il faut saluer l’effort. Ce quatrième volet a aussi le mérite, en tout cas sur les machines next-gen, de tourner à 60 images par seconde sans aucun ralentissement.


Entre arcade et simu

Pour le gameplay, les protégés milanais ont gardé les fondamentaux du précédent épisode. Mêlant arcade et simulation, Monster Energy Supercross 4 demande néanmoins un long apprentissage pour soigner ses trajectoires. Le freinage et les sorties de courbe sont primordiaux pour espérer garder une bonne place parmi les concurrents. Sur PlayStation, la Dual Sense fait qu’on ressent parfaitement le poids de la moto et c’est un véritable régal de doser l’appui sur les touches latérales de la manette pour effectuer les dérapages adéquats. On reste néanmoins sur notre réserve en ce qui concerne la réception au sol lorsque notre moto s’élève à plusieurs mètres dans les airs pour retomber violemment. Il y a un aspect robotique dans l’animation qui mérite d’être amélioré. Il en va de même pour les figures assez anecdotiques. Par ailleurs, l’utilisation du corps du pilote est perfectible et c’est souvent rageant de voir ce dernier bringuebaler aux quatre vents à cause d’une physique peu réaliste. Et ça, ça pose un vrai problème…


C’est quoi cette difficulté !?

Pour une raison qui nous échappe, les développeurs ont eu un mal fou à régler la difficulté du jeu. C’est bien simple, même en facile, il n’est pas rare de se retrouver dans les dernières places ! Parfois, le jeu donne l’illusion d'une certaine maîtrise pour ensuite nous plonger à quelques mètres de la fin de la course. C’est comme si les pilotes adverses décéléraient et accéléraient au moment voulu pour nous faire rager ! Certes, le gameplay est assez technique et l’entraînement est indispensable pour performer mais ce n’est pas normal que les pilotes adverses semblent intouchables ou presque. On profite parfois de quelques gamelles des concurrents pour reprendre une place ou deux mais le programme nous ramène toujours à la réalité : douloureuse et implacable. Cela aurait pu être accessible au plus grand nombre si l’option de rembobinage (hop, on se gamelle, on revient en arrière et on repart) n’était pas limitée ! En effet, celle-ci est liée à une jauge qu’on doit recharger pendant la course – grâce au pilotage, figures, etc. – mais elle n’est utilisable que TROIS fois ! Cela pourrait convenir dans le cadre d’un jeu à la difficulté parfaitement réglée mais pas là, le plaisir de la conduite se transforme en frustration car la moindre gamelle se paye cash ou presque. Par moments, c’est vraiment à se demander si les pilotes adverses n’ont pas de la nitro sous le derrière ! C’est dommage car ça plombe la motivation.


Un mode carrière plus intéressant

C’est d’autant plus regrettable que le mode carrière a subi quelques changements. Désormais, entre chaque épreuve, il est possible de participer à des défis de différentes natures et ces derniers se déroulent en plein air, ce qui apporte une certaine variété à la progression du joueur. Fonctionnant avec un système de performance à étoiles (une, deux ou trois étoiles), ces challenges offrent une bonne manière de progresser. On peut également souligner l’apparition d’un arbre de compétences visant à améliorer certains aspects du pilotage. Dans la façon de négocier les virages, de freiner, d’effectuer les figures ou dans le contrôle global de l’engin, la différence est palpable à mesure que l’on évolue dans ce mode. C’est en ce sens qu’il ne faut rien lâcher et parfaire son apprentissage en débutant au bas de l’échelle. Le jeu est difficile mais il propose aussi une marge de progression qui rassure au fil des épreuves. Tout dépendra donc de votre degré de patience. En ce qui concerne les autres modes de jeu, le complexe est un endroit en plein air pour piloter votre bécane en toute liberté et il est possible d’accéder à un championnat, à des épreuves, de s’amuser avec d’autres pilotes en ligne ou bien de créer son circuit. L’ensemble manque quand même de folie, c’est très classique et c’est un peu le sentiment global que l’on retient de l’expérience. Ce n’est pas un mauvais jeu mais il aurait vraiment besoin d’un patch pour doser sa difficulté. Les amatrices et amateurs de la discipline devraient toutefois être conquis car cet épisode est supérieur au précédent.


VERDICT DU RÉDACTEUR : CORRECT


Agaçant. Monster Energy Supercross 4 affiche de belles qualités mais sa difficulté ubuesque fait que le plaisir a tendance à s’estomper au profit de la frustration. Bien évidemment, les joueurs adeptes de la discipline passeront outre et parviendront, au fil des entraînements, à coiffer aux poteaux les concurrents adverses. Mais pour les autres, tant bien même qu’il existe un arbre de compétences et une marge de progression importante, cet apprentissage va se montrer douloureux. L’idée du rembobinage limité n’est pas mauvaise mais l’utilisation du dispositif est beaucoup trop punitive. Certains ne seront peut-être pas d’accord mais c’est pourtant un fait : on s’énerve ! Un patch permettrait de régler ce souci, ce qui ne serait pas une mauvaise chose car le jeu, bien que très classique (et un peu fade), est dans l’ensemble plutôt correct.

Points positifs :
  • L’ambiance
  • Belle réalisation
  • Le 60 fps constant sur next-gen
  • Pas mal de modes de jeu
  • Les gâchettes haptiques
  • Les sensations
Points négatifs :

  • Difficulté très mal dosée
  • Pas d’écran splitté
  • Animations parfois un peu robotiques
  • Un peu fade tout ça quand même

Éditeur : Milestone / Développeur : Milestone / Genre : Moto-cross / Date de sortie : 11 mars 2021 / Nombre de joueurs : 1 / PEGI : 3 / Supports : PC, PS5, PS4, Xbox One, XSX, XSS

26 févr. 2021

Super Mario 3D World + Bowser's Fury : Combats de géants

Aujourd’hui, la Nintendo Switch obtient des scores de vente à la limite de l’insolence pour la concurrence et on ne peut pas dire que ce soit immérité. Pourtant, il y a quelques années, la firme de Kyoto n’était absolument pas en position de force et la Wii U – bien plus que la 3DS – a cristallisé ce passage à vide. Après le succès stratosphérique de la Wii, Satoru Iwata et son équipe ont voulu capitaliser sur le nom de la console mais la communication, trop brouillonne, n’a pas convaincu le public et les jeux (de qualité) n’ont pas suffi à inverser la tendance. Désormais, c’est de l’histoire ancienne. Nintendo est sur le toit du monde et elle en profite pour ressortir des jeux fantastiques mais qui sont sortis auparavant sur une console dont le parc installé était faible. Cette fois, c’est au tour de Super Mario 3D World de faire son come-back. Et pour ce retour, il est accompagné par un p’tit cadeau bien sympathique ! 


À défaut d’être une aventure de la teneur du chef d’œuvre Super Mario Odyssey, Super Mario 3D World est un jeu de plate-forme accrocheur, drôle et ingénieux. Dans cette épopée, le petit père à la salopette doit sauver le Royaume de Libella en contredisant, une énième fois, les plans de l’indécrottable Bowser. Le père de Bowser Jr. a kidnappé la Princesse Peach (quelle surprise !) et ses acolytes et le moustachu – ainsi que toute sa bande – vont devoir traverser de nombreux niveaux dans la droite lignée de Super Mario 3D Land. Entre fous rires et bordel organisé, Super Mario 3D World n’est pas avare en innovations et représente ce qui se fait de mieux dans le genre. 


Douceur féline 

Prônant la liberté, le jeu mise sur des espaces vastes et colorés, tout en profitant d’une caméra efficace qui se laisse parfois aller à des mouvements spectaculaires. Dès le premier niveau, on retrouve tout ce qui fait le charme de la licence avec ses drapeaux, ses goombas, ses piécettes dorées et ses items ancestraux (champignon, fleur…). Soyons lucides, Super Mario 3D World ne réinvente rien et la progression demeure très classique – à l’inverse de la cartouche 3D Land qui joue justement sur la perspective et la 3D stéréoscopique. C’est ainsi que l’on sillonne les niveaux en récupérant les pièces et les étoiles (trois par stage). Mais ne croyez pas que cet opus ne parvient pas à surprendre…


Le génie de Nintendo 

La trouvaille de cet épisode, c’est bien évidemment le costume de chat ! Lors de sa révélation, cet accoutrement avait été victime de quolibets mais Nintendo a vite rabattu le caquet des plus moqueurs. Grâce à cette tenue, Mario peut donner des coups de griffe, grimper aux murs ou bondir tel un matou acrobate. Le costume sert véritablement le gameplay et on est parfois surpris par l’ingéniosité de certains passages, comme l’exceptionnel Corridor des Ombres dans le niveau du désert. Le chat n’est pas le seul à faire son apparition, on retrouve le costume de Tanuki de Super Mario Bros. 3. Il y a aussi la fleur Boomerang, le Méga Champignon (pour devenir géant), la boite à hélices (pour s’envoler) ou bien encore la boite canon qui permet, comme son nom l’indique, de tirer un boulet de canon. Luxe suprême, on peut choisir entre Mario, Peach, Toad ou encore Luigi pour s’amuser seul ou avec ses amis. Super Mario 3D World est une ode à la bonne humeur, à la Nintendo « touch » et il a conservé un certain charme graphique. Les puristes de la technique seront aussi ravis d’apprendre que le jeu tourne en 1080p en 60 images par seconde (et 720p en docké). 


La fureur de Bowsy (ou le contraire !) 

En plus de l’aventure principale, le jeu est accompagné d’une extension totalement inédite (et jouable en coop’ !) appelée Bowser’s Fury. Pour la première fois, Bowser Jr. s’associe à Mario pour ramener son père, Bowser, à la raison. Dans ce DLC, si on peut l’appeler comme ça, le plombier est propulsé dans un monde plutôt vaste qui s’ouvre petit à petit. Bowser est devenu géant et chacune de ses apparitions est marquée par la pluie, la tempête, le vent. Totalement hors-de-contrôle, l’ennemi de Mario a également un atout de taille : il est gigantesque ! Pour résister, le joueur doit mener différents objectifs pour récupérer des artefacts. Avec ceux-ci, le moustachu ravive la cloche (qui matérialise l’épicentre de la zone) et devient à son tour géant pour défier Bowser. S’ensuit un combat façon Godzilla contre King Kong qui permet d’affaiblir l’antagoniste à carapace. Une fois que l’affrontement est terminé, Mario reprend sa taille initiale et peut continuer à suivre des objectifs. L’idée, c’est de multiplier ces affrontements (en mode géant) pour terrasser Bowser – et le faire revenir à la raison – une bonne fois pour toutes. Il y a tout de même une particularité. Bowser revient régulièrement et transforme le paysage (la pluie, le vent, la tempête remplacent le beau temps). Les développeurs ont alors eu l’idée géniale de rendre aussi utile que dangereux ces apparitions. Bowser peut cracher des flammes ou faire retomber des boules de feu qui forment des blocs ardents. Bien que la situation soit périlleuse (chaque apparition de Bowser amène une certaine forme de crainte), ces mêmes blocs formés par la colère de la créature peuvent aussi servir à la progression de Mario. Par ailleurs, son souffle peut détruire des blocs qui obstruent un passage. Bowser est donc aussi dangereux qu’indispensable et c’est là toute l’ingéniosité de Bowser’s Fury ! Ajoutez à cela une totale liberté, la possibilité de se déplacer à dos de monture (sur terre et sur l’eau) ou encore la variété des objectifs et vous comprendrez que cette extension est une bouée de fraicheur en ces temps un peu moroses. Celle-ci se termine vite (environ 4 heures pour le terminer, et le double pour le 100 %) mais c’est une réussite (qui peut donner l’impression d’être un peu longue à mettre en place). 


VERDICT : TRÈS BON

 
On pouvait craindre que Nintendo fasse un portage un peu paresseux de Super Mario 3D World mais ce n’est pas le cas. Si quelques ajustements sont à signaler de l’aventure principale, toujours aussi exquise au passage, c’est vraiment du côté de Bowser’s Fury que l’attention se porte. Dans cette extension inédite, Mario est aux prises avec un Bowser géant qui, à chaque apparition, dévaste tout sur son passage. Les objectifs sont variés, les graphismes sont agréables et cette petite pirouette de gameplay supplémentaire (le combat de géant) apporte de la fraîcheur à une épopée qui n’en manquait pas. Avec ce titre, la Nintendo Switch accueille à n’en pas douter l’un de ses futurs grands classiques et il serait dommage de s’en priver. 

Points positifs : 

  • L’extension Bowser’s Fury dans son ensemble 
  • L’ingéniosité à la Nintendo 
  • La technique qui gagne en confort 
  • Le sentiment de liberté 
  • La qualité des musiques 
  • Le multijoueur ! 

Points négatifs : 

  • Quelques problèmes de caméras en mode géant 
  • On note quelques ralentissements 
  • La coop’ de Bowser Fury manque de punch 
  • Un peu long à démarrer 


Éditeur : Nintendo / Développeur : Nintendo / Genre : Plate-formes / Date de sortie : 12 février 2021 / Nombre de joueurs : 1 à 4 / PEGI : 3 / Support : Nintendo Switch

10 févr. 2021

Atelier Ryza 2 : Tout est bon dans le chaudron !

Disponible depuis le 26 janvier dans nos contrées, Atelier Ryza 2 : Les Légendes Oubliées & Le Secret de la Fée est le nouvel épisode de la célèbre série de Gust. Née en 1997 sur PlayStation et Saturn, la franchise Atelier repose sur un thème central : l’Alchimie. Sortie sur un très grand nombre de supports, elle a connu plusieurs volets canoniques ainsi qu’une série de spin-off et s’est appuyée sur différents personnages au fil des générations. Pour cette itération inédite, on retrouve la jeune Ryza découverte dans une première aventure en 2019. Un vent de liberté et de naïveté souffle sur le monde du RPG mais est-ce suffisant ? 

Dès les premiers instants, la constatation est cinglante. On sait que les Japonais sont friands de ce type de narration mais on se disait qu’Atelier Ryza apporterait un peu de maturité dans la mise en scène et les dialogues. C’est raté. En plus de souffrir de séquences d’un immobiliste agaçant, le titre du studio de Nagano baigne dans une ambiance nian-nian au possible et l’intrigue ne décolle pratiquement jamais. C’est plat, mou et tout n’est que prétexte à la découverte d’un monde rempli de créatures de plus en plus résistantes. Un peu de pincée de magie, d’alchimie et de « dorlotage » et vous comprendrez que la trame de ce volet peut rapidement tourner en rond et donc lasser. En clair, si vous n’accrochez pas aux sempiternels discours sur la confiance, l’amitié et le respect d’autrui, vous risquez vite de déchanter. Pour exagérer, on pourrait dire que ça rejoint les chaines débiles et autres « textes à rimes » tout nases que l’on croise parfois sur les réseaux sociaux, notamment Facebook. On pouvait espérer que certains personnages remontent le niveau mais, non, rien à faire, plus on avance et plus on s’enfonce dans une mélasse de bons sentiments. Et les dialogues sont parfois interminables, ce qui n’aide pas. 


Cordon bleu 

Se balader dans de beaux environnements, traverser des donjons et préparer de nouveaux artefacts grâce aux éléments récupérés sur le champ de bataille (ou dans les tonneaux et autres caisses), voilà le fil rouge d’Atelier Ryza 2. Si l’histoire n’a rien de bien passionnant à raconter, la franchise possède pour elle un gameplay solide où la recherche d’ingrédients prend un temps important. En effet, pour acquérir tel ou tel sort (attaque, soin, défense…), il faut s’assurer d’avoir les bons objets et un chaudron digne de ce nom. Du côté des combats, on retrouve le dynamisme du précédent épisode (même si les rixes auraient pu être encore plus vives) avec un système ATB matérialisé par une jauge qui indique quel est le personnage qui attaque. Le tout est complété par un concept de « switch » qui permet de changer à la volée de protagoniste. Malgré une approche très classique, c’est véritablement l’un des points forts du jeu, d’autant que cette suite offre la possibilité de chevaucher une monture, de nager ou même de bondir de façon spectaculaire pour passer des trous béants.


Prendre un joueur par la main 

Atelier Ryza 2, malgré sa durée de vie importante, est une œuvre très dirigiste. En dépit d’un semblant de liberté, le joueur est souvent pris par la main, au point où certaines énigmes sont complètement téléguidées. Si les novices apprécieront, ça ne sera pas le cas des amateurs de challenge tant la progression se fait en couloir. Mais ses petits défauts n’entacheront en rien l’impression visuelle et sonore globale. Les musiques sont toujours aussi agréables et les graphismes ont un aspect chatoyant très accrocheur. On note aussi, durant l’aventure, des améliorations intéressantes qui apportent une certaine souplesse au jeu. C’est le cas de la téléportation qui évite de se farcir des kilomètres bêtement ou un système de quêtes bien pensé. Indéniablement, cette suite fait le pari de l’ouverture, du « grand public » et ce parti pris ne sera pas du goût de tout le monde. L’aventure demeure plaisante mais ne manquera pas les esprits comme on pouvait l’espérer.


VERDICT : CORRECT


Perplexe, c’est un peu le mot qui revient quand on progresse dans Atelier Ryza 2. Comme dans le premier épisode, le gameplay est efficace et les petites améliorations sont bienvenues mais la franchise traîne des boulets (en termes de mise en scène, de narration, de personnages…) qui l’empêche vraiment d’atteindre le haut du panier. La réalisation d’ensemble est assez propre sur PlayStation 5 et les temps de chargement sont quasi inexistants. On note même des passages avec du ray-tracing (dans les flaques d’eau notamment) et le jeu demeure très joli. Dommage que certains ralentissements soient si voyants. En ce qui concerne l’aventure en elle-même, tout dépendra donc de votre niveau d’attente. Le titre est globalement agréable et entièrement traduit en français (un excellent point !) mais la licence a besoin de gagner en maturité et de prendre du coffre (à défaut de chaudron). 

Points positifs : 
  • Des environnements plus grands
  • Un joli character design
  • Musiques réussies
  • Combats et système d’alchimie efficaces
  • Le confort de la version PS5
  • Entièrement traduit en français 

Points négatifs : 
  • Personnages creux, intrigue plate
  • La mise en scène trop molle
  • Des ralentissements
  • Approche « casual » qui en fera déchanter 

Éditeur : Koei Tecmo / Développeur : Gust / Genre : RPG / Date de sortie : 26 janvier 2021 / Nombre de joueurs : 1 / PEGI : 12 / Supports : PS4, PS5, PC et Nintendo Switch