18 sept. 2019

L'Histoire de Rare

Il y a quelques jours, mon gros projet pour les Éditions Pix'n Love a été annoncé. Depuis quelques années, je me suis en effet rapproché de plusieurs ex-membres du studio anglais Rare. Ces créateurs ont tout connu de l'ascension de l'éditeur de Twycross. Cela s'est traduit par de petites interviews à droite et gauche puis un portrait complet de Kev Bayliss - l'un des vétérans de Rare - dans le dernier numéro en date du mook de Pix'n Love. Puis, lors d'un échange de mails avec mon éditeur, alors qu'on discutait depuis plusieurs semaines d'une possible "histoire de Rare", je me suis aperçu que je commençais à avoir un sacré paquet d'informations sur les coulisses de certains jeux du studio. 

Je me suis donc lancé dans cette aventure qui, je le savais, allait être bien plus ambitieuse que mon premier ouvrage solo sur l'Histoire de Donkey Kong. Pour remettre le tout dans le contexte, il faut savoir que Rare est indissociable de deux noms : les frères Stamper. Le problème, c'est que Chris et Tim, qui sont de véritables monuments du jeu vidéo, sont aussi inaccessibles que le Pape ! J'ai bien sûr essayé de les contacter mais toutes ces tentatives se sont avérées vaines. Là, j'ai compris que pour frapper fort, il fallait que je m'approche des mythes du studio, ceux qui ont absolument tout connu de la naissance et de l'évolution de Rare. Comme j'avais noué une véritable relation de confiance avec Kev Bayliss, qui est arrivé à Twycross en décembre 1987 à l'âge de 16 ans, je lui ai expliqué l'envergure du projet et il a tout de suite accepté. N'ayant quasiment plus de nouvelles des Stamper depuis plus de trois ans, il n'a rien pu faire de ce côté-là. En revanche, ce cher Kevin a participé entièrement à l'écriture de l'ouvrage. J'étais donc constamment en contact avec lui dès que j'avais une interrogation. Ce "fil rouge" m'a permis d'aller très loin dans les investigations et c'est sans doute, je pense, l'une des grandes forces de ce projet. 



Bien évidemment, en complément de l'incroyable travail de mémoire de Kev, j'ai contacté plus d'une douzaine de membres historiques du studio. Tous, sans exception, ont joué le jeu et certains m'ont même bluffé en se livrant comme jamais. Toutes ces entrevues ont été réalisées au fur et à mesure de l'écriture et certaines sont arrivées très tard. Mais au final, tout cet ensemble a considérablement enrichi le projet. Alors que je m'approchais de la dernière ligne droite, j'ai décidé de cibler une période pour le titre de l'ouvrage, autrement dit 1982 à 2007. Cette dernière année matérialise en effet le départ des Stamper et je trouvais cela symbolique. Mais Rare étant un studio qui est toujours en activité - et de fort belle manière - j'ai décidé d'ajouter une partie sur l'après-2007 (car cette période est riche en enseignements) et une autre sur les jeux abandonnés (une avalanche).

Au final, l'ouvrage retrace 1983 à 2007. Car si Rare est né, administrativement parlant en 82, c'est seulement en 1983, avec la sortie de Jetpac, que les Anglais de Ashby-de-la-Zouch se sont fait connaître. Cet été, en faisant le point avec Pix'n Love, on s'est aperçu que le livre était sacrément copieux (grosso modo un million de signes, soit 250 pages Word en taille 10,5). L'Histoire de Rare - qui condense plus d'une quinzaine d'interviews et plus de 500 sources - a été ainsi scindé en deux. Le premier ouvrage s'étend de la naissance de Rare à la fin de la génération Super Nintendo tandis que le second volume va de la période Nintendo 64 à aujourd'hui. Au total, alors que le tout est actuellement en maquette (le texte a été livré très exactement le 21 mai dernier et a été corrigé cet été), on table sur des ouvrages qui pourraient atteindre les 350 à 400 pages soit, au total, entre 700 et 800 pages.

Bien évidemment, Pix'n Love a imaginé - comme ils en ont l'habitude - un fabuleux coffret collector. En plus de réunir les deux livres de l'Histoire de Rare, ils ont réussi à obtenir la signature collector de Kev Bayliss ! En sachant qu'il y aura 500 exemplaires de ce coffret collector, inutile de vous dire - et ce n'est pas une blague car les achats proviennent aussi de l'étranger - qu'il ne faut pas traîner. D'ailleurs, il va sans dire qu'une traduction anglaise de ce projet a un énorme potentiel mais on va prendre les choses dans l'ordre et on discutera de cela plus tard avec Pix'n Love. 

L'Histoire de Rare (qui a demandé cinq mois d'écriture quasiment non stop) est maintenant disponible en précommande. En espérant que cela vous plaise, rendez-vous le 30 octobre pour la sortie du premier volume puis le 12 décembre pour la sortie du second tome et du coffret collector.

Lien pour commander le coffret et les livres : https://www.editionspixnlove.com/






13 juil. 2019

Judgment : Yakuza en mode Phoenix Wright

Calqué sur la série des Ryu ga Gotoku, Judgment est la nouvelle œuvre de l’emblématique Toshihiro Nagoshi, figure historique de SEGA. Par conséquent, si vous vous attendiez à vivre une expérience totalement différente des Yakuza, il est probable que vous passiez votre chemin. Même si l’intrigue gravite autour de la loi et de la justice, les mécaniques de jeu restent très proches de ce qu’on a connu auparavant. Mâtiné de baston, d’exploration et d’interactions entre les personnages, Judgment conserve le feeling des aventures de Kazuma Kiryu tout en s’appuyant sur la mise en scène percutante à laquelle nous a habitué le Ryu ga Gotoku Studio. Par conséquent, difficile de rester insensible, surtout quand l’intrigue nous transporte. Il n’y a pas de doute, ils savent y faire ces talentueux Japonais !
On ne peut pas dire que la vie a épargné Takayuki Yagami. Alors qu’il n’est qu’un tout jeune avocat, il commet une erreur de jugement et acquitte un homme qui, à peine innocenté, assassine sa petite-amie. Pas le top pour débuter une carrière au barreau. Trois ans plus tard, le temps a passé mais les cicatrices sont toujours là. Yagami a créé une agence de détective et il fait équipe avec son vieux compère, un ancien yakuza du nom de Kaito. Les affaires – qui sont souvent des histoires d’adultère – ne sont guère passionnantes mais le duo survit. Jusqu’au jour où…
MISSION DÉTECTIVE
Sans révéler quoi que ce soit, sachez que leur petite vie « tranquille » va soudainement s’accélérer. Meurtres, conflits entre bandes rivales, affaires de gros sous… le quotidien de Yagami va voler en éclats. Ainsi, tout au long des 13 chapitres, vous allez tenter de faire toute la lumière sur des affaires, le tout sous la forme d’une série interactive exploitant différentes mécaniques de gameplay. Comme expliqué dans l’intro, Judgment reprend, dans les grandes lignes, toutes les ficelles de la licence Yakuza. La mise en scène est très cinématographique et les séquences jouables naviguent, pêle-mêle, entre de l’exploration, du combat, du pilotage de drone (pour repérer des individus) et de l’infiltration. Ainsi, cette œuvre a le mérite d’être plus variée, à notre sens, que la série dont elle s’inspire. Yagami est amené à crocheter des serrures, poursuivre un fuyard (avec les QTE à la Shenmue qui vont bien) ou encore analyser une scène de crime. Un peu comme si on avait transvasé la saga de Capcom, Phoenix Wright, dans les rues de Kamurocho. Ainsi, si l’intrigue prend son temps à démarrer, le rythme s’accélère et on ne décroche plus.
YAKUZA BIS
Les missions sont découpées sous la forme d’objectifs principaux et annexes auxquelle vient s’ajouter une foule d’activités diverses et variées. En ville, au lieu de suivre les missions, vous pouvez tout à fait vous adonner aux jeux d’argent, aux fléchettes, à la course de drones (oui, oui) ou encore aux sempiternels jeux d’arcade. Et pour le coup, SEGA n’a vraiment pas pris les joueurs pour des imbéciles en offrant carrément, tenez-vous bien, Virtua Fighter 5, Space Harrier, Fighting Vipers ou encore Motor Raid ! Il existe même une parodie complètement déjantée de House of the Dead. D’ailleurs, en parlant de folie, sachez que ce Judgment n’a rien à envier à la série Yakuza. Le ton est mature, certaines séquences sont débiles à souhait et il est souvent très drôle de lire les pensées des gens qui se baladent dans la rue, surtout quand ça tourne autour du sexe. Le quartier de Kamurocho est d’ailleurs incroyablement vivant et prend une atmosphère toute particulière la nuit. L’occasion de parler de la réalisation du jeu.
PLUS VRAI QUE NATURE
Il n’y a pas de doute, Judgment est un titre absolument superbe. Se balader dans Kamurocho est un délice de tous les instants. Sans surprise, on reconnaît tous les lieux emblématiques de Kabukicho et la modélisation des personnages principaux séduit instantanément. D’ailleurs, Yagami a un certain charisme (son modèle n’est autre que Takuya Kimura, un chanteur, danseur et acteur très célèbre au Japon) et il est bien plus souple que Kiryu. Il peut d’ailleurs opter pour deux styles de combat, l’un très vif, et l’autre plus bourrin. En combat, le joueur peut ainsi choisir, à la volée, l’approche à adopter face à un tel ou tel adversaire. Cela donne lieu à des séquences ultra spectaculaires, comme lorsque Yagami s’aide d’un mur pour surprendre son vis-à-vis. Au bout d’un moment, le « Heat Actions » devient accessible et permet de passer dans une sorte de mode enragé à la Berserk.

Conclusion du rédacteur : TRÈS BON

Dépaysant et superbement réalisé, Judgment est l’une des bonnes surprises de ce début d’été. Le personnage principal est attachant et la progression très cinématographique fait qu’on ne décroche pas. L’intrigue est bien amenée, la traduction française (un gros plus par rapport à Yakuza) est vraiment réussie et on est happé par cet univers à la fois sombre, parfois très drôle et surtout libre. Nul doute que nous n’en sommes qu’au début d’une nouvelle licence et ce n’est pas pour nous déplaire.  
Points positifs :
  • Les personnages
  • La traduction française
  • L’ambiance
  • Un Kamurocho plus dépaysant que jamais
  • Réalisation au top
  • Intrigue et mise en scène réussies
  • La liberté et les jeux d’arcade proposés
Points négatifs :
  • Un peu long à démarrer
  • Quelques phases de jeu moins intéressantes
  • De légers ralentissements par endroits
  • Pas de bar à hôtesse, ni de karaoké
  • Courses-poursuites un peu longuettes
Éditeur : SEGA – Développeur : SEGA – Genre : Action/Aventure – Date de sortie : 25 juin 2019 – Plateforme : PS4

17 mars 2019

2019, l'année des gros projets

Le blog sommeille depuis de nombreuses semaines car je suis actuellement sur la réalisation de trois projets. Deux livres - qui seront annoncés dans les mois à venir - sont en préparation pour 2019 et un autre, un peu moins avancé, est prévu l'année prochaine. À côté de ça, j'ai mes articles, soluces et dossiers habituels et ça demande donc un temps considérable, surtout que je suis en plein projet de construction. La maison est sortie de terre et les travaux avancent bien mais je vais être encore très occupé à ce sujet jusqu'à l'été, voire début d'automne. En attendant de révéler les thématiques de mes futurs ouvrages (dont l'un est rempli de révélations), je glisse les liens de nombreux dossiers making-of - jeux et consoles - que j'ai rédigé au cours de ces derniers mois. Le dernier article en date, paru aujourd'hui, est un portrait en hommage à Satoru Iwata, le regretté Président de Nintendo de 2002 à 2015.

Satoru Iwata, hommage au visionnaire de Nintendo


David Wise, le génie anglais : 


Les coulisses de la Super Nintendo, du coup de bluff au rêve : 


Les coulisses de la PlayStation, le pari insensé de Sony : 



Les coulisses de Donkey Kong Country - Des gorilles et des hommes : 


Les secrets de Super Mario Sunshine, sous le soleil : 

2 févr. 2019

SEGA quitte son siège historique de Haneda

La semaine prochaine, SEGA quittera définitivement son siège historique de Haneda. Désormais, toutes les activités de la firme et d'Atlus seront localisés à Shinagawa dans un bâtiment flambant neuf ultra moderne. En suivant le compte Twitter de Hiroshi Kawaguchi, le compositeur de Out Run ou encore After Burner, on peut découvrir quelques pépites retrouvées dans les archives.