17 mai 2011

[Test] L.A Noire - Xbox 360/Playstation 3


Éditeur : Rockstar Games
Développeur : Team Bondi
Date de sortie : 20 mai 2011

En 2001, alors que personne ne l'attendait, Grand Theft Auto 3 est parvenu à démocratiser le syndrome "bac à sable" dans l'univers du jeu vidéo, tout en fournissant une réalisation digne de ce nom et un scénario très bien écrit. Vendu pour une quarantaine d'euros, ce titre a bouleversé toutes nos habitudes et nombreuses furent les productions à le copier sans l'égaler. Désormais, alors que tous les signaux laissent à penser que GTA 5 sera disponible en 2012, certaines voix commencent à s'élever et réclament plus d'originalité dans ces jeux où la liberté atteint son paroxysme. Il y a eu un avant et après Red Dead Redemption, il y aura un avant et après L.A Noire… 

Difficile de savoir par où commencer, et comme je veux absolument vous éviter un pavé indigeste, je vais aller à l'essentiel. La surprise de la découverte n'en sera que totale. Dans les faits, L.A Noire est un jeu d'action/enquête, vous immergeant dans l'Amérique des années 40. Tous les codes du polar noir sont respectés à la lettre, et il ne faut que quelques minutes pour plonger dans le jeu, sans pouvoir lâcher la manette. Pourtant, je ne suis pas un très grand amateur de jazz, mais ça ne m'a pas empêché d'être soufflé par l'ambiance du titre. Vêtements, mentalité de l'époque, véhicules, musiques… tout rappelle la Cité des Anges telle qu'elle devait l'être il y a environ 65 ans. Quand on se penche sur la réalisation technique, tout n'est pas parfait, mais le niveau de détails est tel qu'on tient là l'un des plus beaux jeux de l'année. Et encore, je ne vous parle des visages, mais j'aurai le temps d'y revenir.


Pour résoudre les affaires qui s'offrent à vous, vous campez le rôle du jeune Cole Phelps, un ancien soldat reconnu pour ses actes héroïques, mais qui semble cacher un lourd secret. Dans la lignée des jeux Rockstar, L.A Noire dépeint un scénario très bien écrit, et surtout chargé d'histoire. La grande majorité des crimes et affaires que vous traitez sont tirés de faits réels ayant eu lieu à Los Angeles et ses environs durant l'année 1947. Cette authenticité, à l'heure d'Hollywood, est l'un des points forts du jeu de la Team Bondi.

Toute la structure de LA Noire est basée sur un postulat simple : recherche d'indices et d'adresses, interrogatoires de témoins ou des proches de la victime et enfin, la confirmation (ou non) de la culpabilité du suspect. Sur ce point, le titre est peut-être plus dirigiste qu'on ne l'aurait pensé, mais ce menu défaut est vite effacé par la qualité des différentes phases de jeu qu'on vous propose :

- Enquête sur les lieux : La plupart des affaires débutent par un flashback qui nous permet de découvrir comment la victime s'est fait surprendre. Vous êtes ensuite amené à enquêter sur le terrain afin d'analyser le corps, en récoltant différents indices (strangulations, arme blanche, arme à poings…). En analysant les effets personnels du défunt (ou de la défunte), des lieux supplémentaires viennent s'ajouter à votre enquête et vous pouvez ainsi commencer à suivre différentes pistes. Cela ressemble à une sorte de "chasse au trésor" vidéoludique plutôt bien ficelé et très efficace.


- Interrogatoires : Avec la recherche d'indices, les interrogatoires sont une très grande partie du contenu de LA Noire. Chaque suspect/témoin/proche de la victime peut être cuisiné durant de longues minutes. Dans les faits, Phelps pose les questions en fonction des indices obtenues. Selon la réponse de l'interrogé, trois choix s'offrent à vous : Vérité, Doute, Mensonge, assigné chacun à un bouton de la manette. A tout moment, vous avez l'occasion de revenir sur vos notes (et d'utiliser la commande Intuition qui enlève un choix ou révèle des indices sur les scènes de crime). Et c'est là toute la force de LA Noire, les attitudes des personnages virtuels sont si incroyables qu'on est constamment dans le doute. Ils sourient, font la moue, vous fuient du regard, s'énervent si vous les brusquez… Jamais les visages n'ont été aussi expressifs dans un jeu, c'est juste à tomber par terre, et les productions à venir risquent de paraître fades, tant il n'est pas rare de se trouver en présence de PNJ raides comme des piquets et sans expression. Les interrogatoires sont particulièrement vivants et il arrive fréquemment de se retrouver avec des 0/4 (questions) dans les choix effectués. Rester calme ou monter le ton devient alors un cruel dilemme, qui peut mener à l'arrestation du mauvais coupable (c'est tout à fait possible). Et là, ça fait tâche…

- Courses poursuites : Los Angeles étant une ville gigantesque, les développeurs de la Team Bondi se sont donnés les moyens de leurs ambitions, en proposant une modélisation impeccable de la Cité des Anges. Si les balades en voiture sont légion (et agréables grâce à une conduite très souple), il n'est pas rare de devoir participer à des courses poursuites contre des suspects qui tentent de se faire la malle. On ressent la lourdeur des véhicules de l'époque, et ces chasses automobiles donnent lieu à de vrais moments d'adrénaline. Toutes sirènes dehors, l'immersion est totale ! A noter que ces courses poursuites peuvent également se dérouler à pied, vous avez alors le moyen de chercher quelques raccourcis, afin de plaquer l'individu sur le sol. Si vous ne parvenez pas à l'arrêter à temps, une séquence de baston se lance, et vous devez mettre au tapis l'adversaire.

Séquences de baston : Elles sont assez basiques, puisque se limitant à un bouton pour les coups, à un autre pour un esquive et enfin à la touche Y pour attraper l'individu et le balancer sur le sol. Cela permet de donner plus de corps au jeu, et une tarte ou deux de temps à autre, ça ne fait pas de mal. Ces dernières se déclenchent de temps à autre, soit après une poursuite, soit durant la visite d'un suspect.

- Fusillades : En tant que policier ou détective, il arrive que des fusillades éclatent. Un système de couverture vous permet de vous protéger pendant que les bandits vous arrosent. Lorsque l'ennemi est touché, vous pouvez récupérer son arme pour disposer d'une force de frappe plus efficace. Il n'est pas rare en effet de se retrouver mêlé à de gros trafics d'une bonne dizaine d'individus. LA Noire ne fait pas dans la dentelle, et lors de vos missions, des appels de la Centrale de Police vous donnent accès à une bonne quarantaine de délits. A vous de voir si vous avez le temps d'aller rétablir l'ordre, ou si vous préférez continuer votre enquête.

Ainsi, au fil du scénario, vous gagnez en expérience et vous passez d'un simple rôle d'agent à celui de détective enquêtant pour la Circulation, la Crim', les Mœurs ou encore les Incendies Criminels. LA Noire propose ainsi une vingtaine d'affaires, plus ou moins structurées de la même manière, mais donnant lieu à quelques actes héroïques bienvenus. Cette linéarité sera peut-être un défaut pour certains, mais ça ne l'a pas été pour moi. En matière de trame scénaristique, le jeu de la Team Bondi assure mais je ne vous en dirai pas plus.

Proposant une bonne vingtaine d'heures (sans courir), LA Noire passionne, même si certaines affaires semblent un peu décousues. Pour ma part, je me suis planté sur quelques enquêtes, et un menu prévu à cet effet vous invite (en fonction du DVD choisi, il y en a trois sur Xbox 360) à refaire celle que vous souhaitez. De cette manière, vous pouvez découvrir différents embranchements de l'enquête, donnant lieu à des trouvailles inédites. Pour le reste, la réalisation de haute volée, le jeu époustouflant des acteurs (en V.O sous-titrée), la technique d'animation des visages, la cohérence du scénario et l'enveloppe globale du titre font de L.A Noire l'un des meilleurs jeux de ces cinq dernières années. A découvrir d'urgence !


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