4 mars 2013

Test - Tomb Raider - 360/PS3


Éditeur : Square-Enix
Développeur : Crystal Dynamics
Date de sortie : 5 mars 2013

Test également disponible sur www.total-manga.com


Émus nous sommes. Nous venons de passer quelques fantastiques heures en compagnie de la belle Lara Croft, redevenue inexpérimentée pour l'occasion. Un peu comme une première fois, à l'heure où il faut conclure et qu'on est plus empâté qu'un pachyderme. Et puis avant cela, il y a la découverte et la crainte d'être déçue telle une bonne vieille rencontre Meetic qui tourne à l'eau de boudin. Au final, la galette a ce goût exquis d'une soirée réussie en compagnie d'une nana sublime, le tout sur fond de repas aux chandelles et balade romantique. Impossible de ne pas fondre sous son regard numérique, la Lara Croft de 2013 hypnotise et ensorcelle. Enfin, ça, c'est pour nous. Car la petite, en revanche, morfle sévèrement. Elle voulait découvrir l'aventure avec un grand A, elle est servie. A défaut de trouver son prince charmant, elle est tombée sur une ile maudite et une secte complètement barrée, avec un soupçon de surnaturel. Vous pensiez la séduire et vous finissez en dindon de la farce, prêt à payer l'addition car la belle s'est fait la malle. Mais croyez-nous, une addition comme celle-ci, vous aimeriez la payer tous les jours.


Piège en eaux troubles

C'est sur les flots, et plus exactement sur le paquebot Endurance, que commence le périple de notre héroïne. Bien que son minois ait rajeuni depuis ses premières aventures, on reconnaît son charisme légendaire et ses yeux perçants. Que les Homo Erectus en puissance (les hommes que nous sommes quoi) se rassurent, son corps est toujours aussi alléchant et ses poumons n'ont rien à envier aux plus belles pépés de la planète. La mise en bouche (n'y voyez rien de graveleux bande de cochons) peut paraître un peu abrupte (même si la cinématique est somptueuse) mais le jeu prend le temps d'expliquer les différents points du scénario par la suite (notamment via des séquences vidéos que Lara regarde sur le caméscope). Alors que le navire est au Sud du Japon, dans le Triangle du Dragon, une tempête terrible se déclenche et transforme la bâtisse flottante en tombeau aquatique. L'aventure n'a pas débuté que Lara s'en prend déjà plein la tronche. Les trombes d'eau déferlent et malgré ses efforts, elle s'échoue sur une plage sans savoir ce qu'il est advenu de ses compagnons d'expédition. Ce qui est sûr, c'est qu'elle n'est pas prête d'oublier sa première aventure...

Apocalypse now

Inutile de le cacher plus longtemps, le bébé de Crystal Dynamic est une pure merveille. On retrouve ce qui faisait la force des précédents opus de la série, avec ce qu'il faut de nouveautés pour moderniser la structure originelle. Caméra à la troisième personne, action à la Uncharted, QTE lors de certaines phases, mise en scène ultra chiadée, Tomb Raider s'appuie sur les poncifs vidéoludiques connus de toutes et tous. Mais à l'inverse d'une ribambelle d'autres softs, la galette jouit d'une incroyable personnalité, couplée à une générosité rarement atteinte dans une production vidéoludique. Impossible de ne pas s'attacher à cette protagoniste virtuelle. L'actrice Camilla Anne Luddington lui donne vie, tout en lui prêtant sa voix (très agréable au demeurant). On vit avec Lara et on souffre avec cette aventurière qui est constamment malmenée. Elle prend de méchants coups, tombe de plusieurs mètres de hauteur ou vient littéralement s'empaler sur un objet pointu ou coupant, il n'est pas rare de la voir tituber avec une vue troublée. Il lui arrive souvent d'être couverte de crasse, voire parfois de sang. Car si la riche héritière est une grimpeuse très leste et une acrobate émérite, pendant féminin de Nathan Drake, elle sait aussi manier les armes. L'arsenal proposé est assez conséquent et peut être upgrader au fur et à mesure de la progression, via des matériaux postés ici et là. Que ce soit pour les combats au corps-à-corps ou les affrontements à distance, Lara apprend sur le tas. L'évolution des aptitudes demande du temps et de la recherche, mais c'est aussi ça qui est jouissif, tant le level design est un modèle du genre. Ce qui est intéressant, c'est qu'un simple outil, comme le piolet (qui permet de forcer des portes ou de s'accrocher à des parois rocailleuses), peut devenir une arme tranchante terrible. Et les détails visuels et sonores ne cachent pas la violence, bien au contraire. Lorsqu'elle plante une flèche ou un couteau dans le corps d'un ennemi, elle le fait par instinct de survie. Car c'est bel et bien cette sensation que l'on a tout au long de l'aventure. On retrouve un système de couverture à la Gears of War, à la différence près que celui-ci est automatisé. Il suffit de s'approcher d'un élément du décor (caisse ou autre) dans une phase de "tension" pour que la jolie dame se planque immédiatement. Référence également avec une touche indiquant les éléments importants pour progresser sans rester bloquer, un peu à la manière de la jauge d'instinct du dernier Hitman.

A bout de souffle

Dès le début, on se retrouve en terre hostile et il faut traverser des environnements aux multiples dangers. Pour progresser, quelques énigmes sont de la partie, mais l'ensemble s'appuie surtout sur la résistance quasi-surhumaine dont doit faire preuve l'aventurière pour garder la vie. Cette montée en puissance est très bien amenée. Tout comme son arsenal, qui commence finalement par une simple torche (très importante pour les énigmes mais pas uniquement...), les émotions de Lara passent par tous les états, entre peur, haine, douleur ou larmes. Crystal Dynamics a effectué un boulot tellement stupéfiant qu'on a tout simplement un premier aperçu de ce que sera la next-gen. Les animations, réalisées en motion-capture, sont impressionnantes de réalisme et se marient à des graphismes détonants, bourrés de détails (ombres fumées...), avec des textures fantastiques. On en prend plein les mirettes du début à la fin, avec des plans incroyables, avec moult effets solaires, de pluie ou d'orage. Les développeurs ont un talent phénoménal et c'est peu de le dire. On peut ajouter, sans trop se tromper, qu'ils sont dignes d'un studio comme Naughty Dog qui n'est plus à présenter. Alors oui, tout n'est pas parfait, on n'évite pas les allers-retours (mais la surface de jeu est assez vaste néanmoins) et il y a beaucoup de "too much" inhérent au cinéma américain à la Michael Bay. On peut également tiquer sur le réalisme de la progression, avec des environnements qui sont tellement tarabiscotés qu'ils ne seraient accessibles qu'à Spiderman dans la vraie vie. L'intelligence artificielle des opposants n'est pas au top également, il n'est pas rare qu'ils laissent dépasser leur petit bout de crâne, propice à un bon headshot. Mais franchement, ce n'est qu'une pincée de poudre face à la déferlante de superlatifs qu'on a envie de crier en voyant le jeu. A l'instar de Connor, l'intrépide peut devenir chasseuse d'animaux afin de se nourrir et surtout glaner des points d'expérience, mais cette possibilité est trop peu exploitée et on l'oublie même complètement dans le feu de l'action. Ce n'est que lors de la deuxième partie qu'on prend conscience des multiples succès/trophées à débloquer. Jeu vidéo oblige, on retrouve pas mal de choses à faire à côté de l'aventure principale, comme des toiles à brûler (avec le logo de la secte qui vous pourchasse) ou des bouquins à lire. Il y a tant à faire qu'on en a vraiment pour notre argent.

Brave Heart

Au delà de sa réalisation effarante, il faut également souligner l'habile mise en scène, avec des plans immersifs qui font qu'on incarne pas Lara, on est Lara. Un énorme travail a été effectué sur l'ambiance sonore (les grognements de loups ou les pas glacent le sang) avec des bruitages très réussis et une musique, signée Jason Graves, tout aussi magnifique. Le thème principal colle à la peau et l'homme a même été jusqu'à créer un instrument pour donner du volume aux environnements sonores de la jungle. Un travail érigé par un forgeron qui a demandé douze mois d'élaboration. Tomb Raider, c'est tout ça. C'est une super production teintée d'un côté émotionnel très fort. L'évolution de la protagonistes principale fait appel à de nombreuses référence comme Lost, The Descent voire même Die Hard. Lors des séquences sur la plage, on imagine parfaitement le duo DiCaprio/Ledoyen. Tomb Raider est un titre maîtrisé de bout en bout, mais qui peut surprendre par la froideur de son enveloppe. Sombre et glaçante, cette production mâture dépeint des thèmes adultes et fait mal. Certaines séquences resteront cultes à jamais et les moments pour souffler sont rares, si bien que les camps sont un bon moyen pour se poser, améliorer son équipement et ses aptitudes. Et puis, il y a aussi des phases d'infiltration qui permettent de mettre à profit l'utilisation de l'arc ou des attaques par l'arrière. Ni vu, ni connu. Les énigmes n'ont rien de difficiles, même si certaines réclament quelques moments de recherche, comme l'énorme cloche poussée par le vent (celles et ceux qui ont fait ou feront le jeu comprendront). Il y a tant de choses à voir dans ce Tomb Raider, bien que certaines soient un peu trop survolées, qu'on en oublie forcément. Durant l'aventure, il est ainsi possible de trouver des cavités secrètes permettant d'accéder à des tombeaux. 

Broken arrow

Impossible également de ne pas parler de la partie multijoueur. Celle-ci (moins travaillée graphiquement, ce mode a été conçu par un autre studio), basée sur 4 modes de jeux, s'appuie sur deux camps aux forces et faiblesses différentes. Les Solarii, membres de la secte et habitants de l'île, sont très vifs et sacrément armés. En face, les survivants (on peut utiliser Lara Croft mais il faut la débloquer) sont plus résistants mais disposent d'armes moins efficaces. Ils sont également plus lents et avancent avec prudence. Cinq cartes sont disponibles et les objectifs diffèrent, pour un fun à peu près similaire. Allez stop, vous l'avez compris, ce Tomb Raider est une bombe ! Réalisation, intérêt, fluidité du gameplay... ce jeu met une méga tarte à la plupart des dernières productions. Et quand on voit les graphismes de ce titre, on se dit que la next-gen peut attendre quelques mois de plus. On ne se remet décidément pas du niveau de détails et des animations. Pas de doute, Nathan Drake a trouvé sa maîtresse. 

De quoi tomber raide. Elle est facile mais c'est pourtant bien ce qui vous attend avec cette méga bombasse qu'est la nouvelle Lara Croft. Sublime, prenant, exquis... les superlatifs manquent. Crystal Dynamics a fait un boulot sensationnel et cette résurrection de l'aventurière la plus classe de la planète jeu vidéo fera date. L'un des jeux de l'année (malgré un scénario un peu fouillis), c'est une certitude !


Si la next-gen n'est qu'à de courtes encablures de sa venue, force est d'avouer que Tomb Raider donne un premier aperçu de ce qu'elle pourra être. Techniquement et artistiquement, on atteint de véritables sommets. Les décors sont ultra fouillés et plutôt variés, et les animations sont criantes de réalisme. Tout le reste est également une baffe en pleine tronche. Dans le TOP 10 des jeux les plus beaux de cette génération.


Lara souffre et c'est peu de le dire. Les nombreuses séances de motion-capture ont servi à rendre vivante la belle aventurière et ses compagnons. Elle dispose d'attitudes très naturelles, tout en gardant des mouvements d'une héroïne de jeux vidéo. Ce mélange fonctionne parfaitement et il n'est pas rare de découvrir de nouveaux mouvements après plusieurs heures de jeu. Un sans faute, à l'exception peut-être, de la queue de cheval qui a parfois des mouvements étranges. Sort de là, c'est du tout bon ! 

Sans réinventer le jeu d'action/aventure, Tomb Raider jouit d'un gameplay de grande qualité. Les commandes sont réactives et on fait véritablement ce qu'on veut de la belle Lara.  Entre moments intenses et séquences plus calmes, le rythme du jeu accroche du début à la fin, et la difficulté est suffisamment bien dosée pour ne pas le signaler. On n'évite pas l'aspect "too much" mais on prend notre pied, et c'est bien là le principal. 



Jason Graves a effectué un travail d’orfèvre  Même s'il est regrettable de ne pas retrouver le thème musical ancestral, l'artiste est parvenu à apporter sa touche personnelle et le résultat est agréable et réussi. Niveau doublage, l'avantage est en faveur de la version anglaise mais Alice David s'en sort plutôt pas mal aussi. 




3 commentaires:

  1. merci pour ce test!!
    je l'ai réservé chez mon pote qui possède une boutique mais je sais pas quand j'irai le chercher:(

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  2. Pour un fois, ça me tente bien ! Si tu l'as sur PS3, je suis preneur pour te l'emprunter. ça ne vous donne pas envie de refaire le tout premier ? :D

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  3. désolé je l'aurai sur 360 sinon ça aurait été avec plaisir!!
    j'ai finalement très peu jouer au premier(acheter sur le tard)mais je te conseille le legend et underworld(surtout le légend)

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