Juste avant la rentrée, j'ai décidé de vous parler d'un jeu qui devrait, en toute logique, être le grand gagnant dans mon cœur cette année. Pourtant, en découvrant le trailer, j'étais loin de me douter de l'expérience exceptionnelle que j'allais vivre avec mes enfants. Grâce à Big Walk, le nouveau jeu de House House, les créateurs d'Untitled Goose Game, on a probablement vécu les moments multijoueur les plus vertigineux, émotionnels, drôles et immersifs depuis qu'ils sont nés. Cela peut paraître exagéré, mais je vais vous expliquer pourquoi Big Walk doit absolument figurer dans les jeux que vous devez essayer cette année.
Ne vous fiez surtout pas aux drôles de personnages, qui peuvent trancher avec l'aspect « photoréaliste » de l'environnement. Pour leur nouveau jeu, les développeurs de House House se sont inspirés d'un véritable parc naturel australien afin de proposer un décor crédible et des zones suffisamment reconnaissables pour ne pas avoir l'impression de fouler tout le temps le même sol. Concrètement, Big Walk est un walking simulator, c'est-à-dire un jeu d'exploration dans lequel on découvre par nous-mêmes ce qu'il faut faire. Entendons-nous bien : on n'est pas du tout dans l'esprit d'un titre à l'ancienne, difficile, hargneux, qui nous lâche dans la fosse aux lions. Disons plutôt que Big Walk arrive à distiller de petits indices, ça et là, pour que les joueurs, une fois à l'intérieur de ce monde virtuel, comprennent ce qu'on attend d'eux.
En début de partie, on se réunit dans une salle qui fait office de tutoriel. Des panneaux permettent de comprendre ce qu'il faut faire, avec des commandes et différents objets, qui apprennent aux joueurs comment interagir avec les mécanismes et les accessoires de l'univers de Big Walk. On remarque très vite que le jeu ne nous prend pas par la main, mais invite le joueur à expérimenter. Ce qui est très fort, c'est qu'en quelques minutes, on apprend à courir, à sauter, à utiliser une cloche de vache, à allumer une espèce de grosse boule pour illuminer la pièce, et ainsi de suite. Résultat, dans cette salle qui fait office de tutoriel, on reste pas mal de temps. C'est sans doute là le génie des développeurs de House House : avec trois fois rien, ils parviennent à créer une véritable cohésion entre les participants, que les intentions soient sérieuses (comme se réunir pour discuter façon feu de camp) ou propices aux gags. Dans Big Walk, on peut faire absolument n'importe quoi et c'est ça qui est génial.
Un jeu à part
Pour comprendre d'où vient Big Walk, il est important de remonter à sa genèse. Il y a quelques années, nous l'avons tous vécu, le monde a été frappé par une pandémie terrible et chacun l'a vécue de différentes manières. Ce qui est sûr, c'est que le sentiment de solitude a frappé de nombreuses personnes, et House House, durant cette époque, a estimé que son prochain jeu devait tourner autour de la convivialité pour connecter les gens. À partir de là, ils ont mis en place un plan pour concevoir une œuvre exclusivement multijoueur, avec des idées qui impliquent une communication continue et de l'entraide.
Big Walk est exactement le résultat de cette vision. Il s'agit d'un jeu multijoueur qui se joue de 2 à 12 joueurs et qui repose sur un concept simple : l'exploration entraîne la découverte de défis, et ces défis ne peuvent être réalisés qu'à plusieurs. Concrètement, ce qu'on vous demande dans le jeu, c'est de réaliser des épreuves qui donnent ensuite accès à des artefacts – ils ressemblent à des œufs – qui vont servir de sésames pour obtenir une clé ouvrant l'accès à de nouvelles zones. Big Walk, que l'on peut traduire par « la grande balade » ou « la grande randonnée », est un jeu qui invite les participants à se coordonner afin de réussir les défis, d'obtenir ces fameux artefacts et d'aller de zone en zone.
À l'heure où je vous parle, nous n'avons pas terminé le jeu, mais nous sommes sur le point de le faire. Je peux d'ores et déjà dire que l'expérience vécue par moi et mes enfants n'a pas d'égal. Et je vais vous dire pourquoi les idées de House House sont si fabuleuses.
Immersion et coopération révolutionnaires
Le monde de Big Walk est absolument génialissime, dans le sens où il s'agit d'une grande île avec différentes zones, chacune étant surplombée par une tour de couleur (rouge, bleue, verte, jaune…). Ce sont ces bâtiments qui renferment les socles devant accueillir les œufs et la clé (qui a une petite subtilité, mais je vous laisse découvrir ça). Les développeurs ont imaginé un écosystème, un gameplay, qui nous pousse à parler, à gesticuler et à tenter de communiquer pour se comprendre.
Je m'explique.
Lorsque les personnages s'éloignent de deux mètres, le son des voix se fait de plus en plus lointain jusqu'à disparaître. Vous avez beau avoir un casque sur les oreilles, vos enfants peuvent avoir un casque sur les oreilles, si votre personnage s'éloigne de deux mètres par rapport à eux, ils ne vous entendront plus. Voilà tout le génie des développeurs de House House. Ils ont imaginé tout un ensemble d'accessoires pour communiquer : des talkies-walkies, des pistolets lumineux, des lasers, des cloches de vache, auxquels vont s'ajouter différents objets pour que l'exploration soit la plus complète et immersive possible. Cela va des jumelles, qui permettent de voir où sont les défis et vos compagnons, à la lampe torche pour se frayer un chemin dans la nuit – le cycle jour/nuit est en effet pris en compte et cela vous oblige à trouver de quoi vous éclairer pour progresser, sans quoi il devient quasiment impossible de savoir où on met les pieds.
Alors que des millions de joueurs sont en train de découvrir Big Walk – et j'espère que ce nombre va encore grossir dans les semaines qui viennent –, il faut aussi souligner la présence de deux éléments qui font toute la différence. Sans trop en dire, sachez qu'il existe à l'intérieur de l'île des moyens de locomotion qui permettent de se rendre d'un point A à un point B plus rapidement, et qui sont absolument fabuleux en matière d'immersion et d'expérience vécue à plusieurs. Les personnages, qui ne ressemblent à presque rien, sont si drôles qu'on se marre pendant des heures à faire tout et n'importe quoi. On est amené, dans le même temps, à être beaucoup plus sérieux – ou du moins un minimum – durant les épreuves. Je pense notamment à un défi où l'un des participants a un masque sur la tronche, l'empêchant de voir quoi que ce soit. Il doit alors se faire guider par ses compagnons pour progresser sur un parcours casse-gueule, sous peine de recommencer au départ. Aussi drôle que cruel.
Une expérience sans équivalent
Comme je l'ai expliqué un peu avant, l'éloignement ou l'environnement ont un impact sur le volume des voix. Par conséquent, cette règle interfère avec les défis que l'on peut découvrir dans le monde virtuel de Big Walk, sachant qu'il existe aussi des salles cloisonnées qui ne font plus passer aucun son. Dans ces conditions, vous vous demandez sûrement comment on peut réussir les défis. La réponse ? Par les gestes. Les personnages sont en effet capables de faire des gestes simples : lever le bras droit, lever le bras gauche, s'asseoir ou se mettre en tailleur, se baisser, sauter, montrer une direction à gauche, montrer une direction à droite, et ainsi de suite. Les gestes deviennent alors primordiaux dans la réussite de certaines épreuves. Impossible pour moi, à cet instant, de ne pas penser à une œuvre comme Journey, sur PS3, qui à l'époque m'a fait un effet incroyable, car pour la première fois, on pouvait jouer avec quelqu'un et se coordonner sans parler la même langue.
Je pourrais ainsi parler pendant des heures de Big Walk. Mais il suffit de voir les réactions sur internet, les notes sur Metacritic et les innombrables vidéos qui pullulent sur les différents réseaux sociaux pour comprendre qu'on se trouve en présence d'un jeu qui va faire date. Avec mes enfants, on a trouvé cette expérience si immersive, drôle et émouvante qu'on a bien l'intention de continuer à y jouer même quand on aura terminé toutes les énigmes.
Les développeurs de House House ont réussi un pari complètement fou, et ce n'est même pas la peine de mettre une note ou de donner un avis chiffré – ce n'est pas le but, d'ailleurs, de Terre de Jeux depuis longtemps. Si vous avez l'occasion de jouer à plusieurs, de coopérer en famille ou entre amis, il vous faut absolument essayer cette pépite qui regorge d'ingéniosité et d'idées toutes plus loufoques les unes que les autres. Jouez à Big Walk, et vous verrez qu'il y a de fortes chances pour qu'il soit, si ce n'est en tête de liste (y a un certain GTA 6 en fin d'année), en très bonne place parmi vos jeux préférés de 2026. It Takes Two et les jeux de Hazelight, comme le dernier Split Fiction, ont montré la voie, mais Big Walk va encore plus loin dans la notion de coopération. J'espère vivement que le studio House House sortira une suite. Ici, pas un jour ne passe sans que l'on relance une partie.





